Peuple-Vert.fr
·9 janvier 2026
ASSE : Les mots forts de Willy Sagnol

In partnership with
Yahoo sportsPeuple-Vert.fr
·9 janvier 2026

Nouvel épisode de Kampo avec Willy Sagnol, actuel sélectionneur de la Géorgie. Formé à l'ASSE, le natif de Saint-Étienne poursuit une carrière remplie de succès. S'il est revenu six mois au Conseil de Surveillance en 2010, il a rapidement quitté le club pour d'autres cieux.
Willy Sagnol, ex-ASSE : "Mes débuts ? C'était il y a plus de 30 ans. Le foot n'était pas comme aujourd'hui où dès l'âge de 10 ans, il y a des joueurs qui savent qu'ils veulent devenir professionnels. Il y a des familles qui font des sacrifices pour ça. Moi, c'était pas du tout le cas. J'étais peut-être plus doué pour d'autres sports comme la pétanque ou la lyonnaise. C'est mon père qui un jour m'a emmené à une journée porte ouverte à l'ASSE. Je n''avais pas trop envie, ça m'intéressait pas. Il m'a forcé, et j'ai pleuré. Je ne voulais pas y aller."
Willy Sagnol, ex-ASSE : "Mon père a toujours aimé le foot. Il était supporter des Verts, c'était sa région. Il avait l'âge pour avoir vécu certaines choses en 1976. Donc ça s'est fait comme ça jusqu'à parce qu'un beau matin, on me dise tu vas jouer en pro. J'aimais le foot, mais j'aimais le foot pour ce que c'était : un sport où on est avec ses potes. C'est tout."
Il y a eu des moments qui n'ont pas été faciles, mais pour tout le monde, même pour celui qui a fini comptable ou bouché, il y a eu des moments où c'est dur. Tout est une question de parcours de vie et d'éducation. Je suis originaire d'un village, Mon papa vendait des chaudières. Et ma maman, elle faisait du secrétariat. Quand tu es né dans un village, les perspectives que tu peux avoir dans la vie ne sont pas grandes. Mais ça n'a pas empêché que j'ai eu une super jeunesse. J'ai été heureux toute ma vie, et oui, à un moment donné il a fallu faire des "sacrifices". Mais on parle de quoi ? De ne pas sortir ou ne pas voir sa famille quelques semaines. Il y a bien pire."
Willy Sagnol, ex-ASSE : "Mon parcours : Saint-Etienne, Monaco, Bayern Munich, l'équipe de France. Le tournant de ma carrière ? Je pense à une personne qui était extraordinaire : le père de Sébastien Pérez. Mon premier entraîneur à Saint-Etienne. C'était un mec extraordinaire. C'était les éducateurs un peu à l'ancienne mais très paternalistes. C'est ces gens-là qui te font grandir. Quand t'es jeune, c'est tellement important. C'est pour ça que je trouve qu'aujourd'hui avec des jeunes joueurs, notamment dans les clubs amateurs, avec des gamins de 11 ans, on va déjà sur des choses beaucoup trop profondes dans le foot en termes de formation.
En tant que joueur, j'avais malheureusement un gros problème, pas avec la discipline ni avec l'autorité, mais j'avais toujours besoin de savoir pourquoi je devais faire les choses. Il fallait me donner un sens. Il fallait qu'on m'explique. Quand j'étais joueur, je voyais pas le mal. Mais maintenant que je suis entraîneur, je me dis que si tu as 25 mecs comme ça à l'entraînement, tu t'en sors pas."
Willy Sagnol, ex-ASSE : "Cafu, ça a été celui qui a révolutionné le poste d'arrière latéral. Il a lancé une mode. On est tous des enfants de Cafu pour les latéraux d'aujourd'hui. Personnellement, je n'ai pas eu trop le choix. Je n'étais pas le plus rapide, pas le plus costaud, pas le plus technique, pas celui qui sautait le plus haut, pas celui qui tapait le plus fort dans la balle. Mais si je voulais avancer, il fallait que je développe d'autres choses. Je me suis toujours dit que le plus important dans le foot c'était la vitesse à laquelle tu vas analyser les situations. Si j'analyse plus vite, je vais compenser mon manque de vitesse. J'étais continuellement dans des logiques où pour éviter de rentrer dans mes faiblesses.
L'évolution du poste de latéral droit ? Aujourd'hui, beaucoup demandent aux latéraux de venir à l'intérieur, c'est souvent pour ouvrir le côté et laisser l'ailier en un 1 vs 1 avec le latéral. Je n'aurais pas pu parce que j'avais pas ces cannes. Hakime ? Il a des cannes extraordinaires. Le digne héritier de Cafu, c'est Hakimi. Je n'étais pas attiré par le but. J'étais attiré par la bonne passe au bon moment. Je me disais que le centre c'était un moyen comme un autre de faire marquer."
Willy Sagnol, ex-ASSE : "Tous les grands noms qui passent au Bayern, quand ils ont la chance après d'y travailler, leur première mission c'est de perpétuer l'identité du club, la culture du club, l'ADN du club.
Nous en France on n'a pas ça parce que on n'a pas beaucoup de clubs avec un vrai ADN. On va dire Saint-Etienne mais il y a tellement eu des hauts et des bas. C'était compliqué. L'Olympique de Marseille a un ADN très fort. Mais il n'y a pas beaucoup d'autres clubs avec des ADN très forts, des identités très fortes. C'est peut-être pour ça qu'en France on a négligé ça. Pendant longtemps, il y a eu aussi un peu un délit de faciès. Un joueur de foot, il n'est que bon à jouer. Il n'est pas bon à diriger. Parce qu'il ne sait pas compter, parce qu'il n'a pas fait d'études. Il ne se pose pas ces questions en Allemagne, au Milan, au Real Madrid. Les grands clubs sont dirigés par des anciens. Donc ça veut dire que ça marche. Nous, en France, on a plus de mal.
Par exemple, prenez le maillot du PSG.Qu'est-ce qu'il y a écrit au-dessus du numéro ? Le nom du joueur. Au Bayern, le nom du joueur est en dessous du numéro, et au dessus du numéro il y a écrit Bayern München. Pour eux c'est super important même dans les signes anodins. Le club est toujours en haut et le joueur en dessous."
Willy Sagnol, ex-ASSE : "Beckenbauer c'était le président qui lorsqu'il arrivait au club le matin au Bayern, appelait tous les employés par leur prénom. Il disait bonjour à tout le monde. Ça n'existe plus ! Vous avez des présidents de club qui vont voir tous leurs employés tous les matins ? Leur serrer la main, en les appelant par leur prénom, vous avez ça ? Il n'y a plus, c'est fini."









































