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·9 juin 2026
ASSE : possession, pressing et défense, le vrai visage tactique de Cathro

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ASSE. Ian Cathro n'a pas attendu de débarquer à Saint-Étienne pour définir ce qu'il veut faire. L'homme a une philosophie, des mots pour la décrire, et des données pour la valider ou la contredire. Ce que les chiffres d'Estoril révèlent sur son football va potentiellement passionner les supporters stéphanois, et en inquiéter quelques-uns.
Quand un nouveau coach arrive, on cherche des indices. Avec Cathro, il n'y a pas besoin de chercher longtemps. L'Écossais parle sans filtre de ce qu'il veut faire sur un terrain : «Je ne pense pas que je serai un jour quelqu'un qui passe 75 minutes aux abords de sa surface à espérer une contre-attaque et un but sur corner. J'aurais du mal à être le plus compétent pour ce rôle. Si je vois un entraîneur défendre et laisser l'équipe adverse faire 25 passes avant de toucher le ballon, je vais m'ennuyer et changer de chaîne.»
Ce n'est pas un discours de communication, c'est une conviction. Les données de Liga Portugal confirment une partie du tableau. L'autre partie devrait faire réfléchir.
Sous Cathro, Estoril a terminé 5e du championnat portugais en termes de possession de balle, avec 52,7%. Pour un club sans les moyens de Benfica (57,8%), du Sporting CP (61,9%) ou de Braga (62,9%), c'est un choix tactique assumé. Cathro veut le ballon. Il l'obtient.
Cinquième également en passes précises par match (364), les Canarinhos construisent proprement depuis l'arrière et font circuler. L'animation offensive s'appuie sur le dribble : 8,0 réussis par match, sixième bilan du championnat, derrière les mastodontes (Benfica à 10,1, Sporting CP à 9,7, Rio Ave à 8,3) et à égalité avec Estrela Amadora. Pour un club de milieu de tableau, c'est une empreinte offensive réelle.
Le pressing haut est l'autre signature. Estoril termine 4e des interceptions par match (8,9), ce qui ne s'explique pas par le hasard mais par un bloc qui monte tôt, cherche à récupérer le ballon dans les 30 mètres adverses et impose un tempo physique à ses adversaires.
«Nous avons mis en place une approche de jeu claire, moins axée sur le beau jeu et davantage sur le jeu sans peur. Car ce club a toujours vécu avec la crainte de la relégation. Ce que je voulais instaurer, c'est une façon de travailler totalement décomplexée, afin de se détacher de cette pression constante du maintien.»
Cette phrase dit tout sur ce que Cathro a tenté d'amener à Estoril, et ce qu'il voudra probablement reproduire à Saint-Étienne. Un groupe qui joue libéré, qui ne subit pas, qui ne recule pas par peur.
Les données s'arrêtent là pour les bonnes nouvelles. Parce que derrière ce football ambitieux, Estoril encaisse. Beaucoup. 57 buts sur la saison, 16e bilan du championnat sur 18 équipes. Seuls Rio Ave (57 également), Casa Pia (57), FC Arouca (64) et AVS Futebol SAD (67) font aussi mal ou pire défensivement. Les trois premiers clubs du classement encaissent respectivement 20, 22 et 28 buts. L'écart est abyssal.
Le pressing haut a un coût. Quand il ne fonctionne pas, les espaces s'ouvrent dans le dos de la défense. Et à Estoril, cette équation n'a pas été résolue. La flexibilité tactique vantée par les observateurs portugais n'a pas suffi à boucher les trous.
Autre signal préoccupant : 44 grosses occasions ratées sur la saison, 7e plus mauvais bilan du championnat. Estoril crée des situations (75 grosses occasions, 6e rang), mais les gâche trop souvent. Un défaut de finition chronique qui a coûté des points. Manque de talents ? Pas impossible vu le peu de moyens.
Les centres précis, enfin, sont quasi inexistants : 3,1 par match, 17e sur 18. Ce n'est pas un football de largeur et de délivrance dans la surface. C'est un jeu de combinaisons courtes, de dribbles, de passes dans les espaces. L'absence de menace aérienne et de jeu sur les côtés ne sera pas un nouveau sujet à Saint-Étienne, puisque depuis Eirik Horneland on ne centre plus à l'ASSE. On rentre dans l'axe. on combine. On cherche la faille. Quitte à se montrer parfois caricatural et sans variété.
La Ligue 2 française n'est pas la Liga Portugal. Les équipes y sont plus physiques, plus directes, moins portées sur la technique. Cathro va débarquer avec un système offensif séduisant sur le papier et une fragilité défensive que les clubs de la division ne manqueront pas d'exploiter rapidement. Horneland avait très rapidcement été scruté et compris par les adversaires.
La bonne nouvelle pour les supporters stéphanois : le football promis sera plaisant à regarder. Possession, pressing, dribbles, jeu sans peur. À Geoffroy-Guichard, après les errements de la fin de saison écoulée, voir une équipe qui prend le jeu à son compte aura de la saveur.
La vraie question est celle du réglage défensif. Cathro et KSV devront recruter des joueurs capables de tenir dans son système, et pas seulement des profils offensifs. À Estoril, le bilan en buts encaissés suggère que c'est le chantier prioritaire. À Saint-Étienne, avec la pression de la remontée, il n'aura pas le luxe de l'approximation derrière. Sans quoi, la saveur offensive laissera rapidement place à l'amertume d'un Peuple Vert qui commence à manquer de patience.
Sources : données Liga Portugal 2025-2026 / The Athletic / déclarations Ian Cathro







































