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·30 mars 2026

ASSE : un an après, la menace sur les Ultras revient

Image de l'article :ASSE : un an après, la menace sur les Ultras revient

Un an après la démonstration de force du Peuple Vert dans les rues de Saint-Étienne, le dossier des groupes ultras n’a jamais vraiment disparu. Le durcissement annoncé par le gouvernement replace aujourd’hui l’ASSE au cœur d’un débat qui dépasse largement le cadre du club.

Le 29 mars 2025, plusieurs milliers de supporters stéphanois s’étaient rassemblés entre la place Jean-Jaurès et Geoffroy-Guichard. Le message était clair : défendre les Magic Fans et les Green Angels, menacés de dissolution par le ministère de l’Intérieur. Cette mobilisation avait marqué un tournant. Elle avait aussi permis de suspendre, au moins temporairement, une décision qui aurait profondément modifié le paysage du supportérisme à Saint-Étienne.


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Un an plus tard, le contexte a changé, mais la question reste entière. Le dossier n’a pas été refermé. Il s’est simplement déplacé. Et les récentes annonces politiques viennent lui redonner une actualité brûlante.

Un durcissement assumé du cadre

Les déclarations du Premier ministre Sébastien Lecornu s’inscrivent dans une stratégie globale. Le projet de loi RIPOST vise à répondre à ce qui est présenté comme une montée des incivilités du quotidien. Dans ce cadre, les supporters de football ne sont plus un sujet à part. Ils deviennent un élément d’un dispositif plus large.

La mesure la plus marquante concerne les interdictions administratives de stade. Jusqu’ici limitées au temps du match, elles s’étendent désormais sur une période de 48 heures. Les personnes concernées devront pointer avant et après la rencontre, et ce, même en dehors du stade. Les lieux de rassemblement sont également intégrés au périmètre.

Ce glissement est significatif. Il traduit une volonté de contrôle élargi. Il modifie aussi la nature même de la sanction. On ne parle plus seulement d’encadrement lors d’un événement sportif, mais d’un suivi dans le temps.

Une évolution à contre-courant des attentes

Ce changement de cap surprend dans le contexte récent. Il y a encore quelques mois, certaines discussions laissaient entrevoir une approche plus nuancée. La question des fumigènes, notamment, avait ouvert un débat sur une possible tolérance encadrée.

La trajectoire est désormais inverse. Le gouvernement envoie des signaux de fermeté. La menace de dissolution, évoquée l’an dernier, n’apparaît plus comme un cas isolé. Elle s’inscrit dans une logique plus globale de reprise en main.

Cette évolution nourrit une incompréhension chez une partie des supporters. D’autant que certains profils visés par ces mesures ont été sanctionnés pour des faits qui ne relèvent pas nécessairement de violences graves. Le sentiment d’un amalgame persiste.

L’ASSE face à un modèle fragilisé

À Saint-Étienne, le sujet prend une dimension particulière. Le club s’appuie sur un public structuré, organisé, capable de produire une ambiance reconnue bien au-delà de la Ligue 2. Cette identité repose en grande partie sur ses groupes ultras. Leur rôle ne se limite pas à l’animation. Ils participent à l’encadrement des tribunes, à la gestion des déplacements, à la structuration du supportérisme local. C’est un argument régulièrement avancé par leurs défenseurs.

Plusieurs voix, dont celle du député Pierrick Courbon citée par Le Progrès, insistent sur ce point : Saint-Étienne, s’il n’y a pas de dérives plus graves, c’est aussi parce qu’il existe des groupes structurés pour encadrer."

Le club lui-même avait adopté une position claire l’an dernier. Le dialogue avec les groupes est constant. L’idée reste la même : maintenir un cadre identifiable plutôt que disperser les acteurs.

Le sujet de la dissolution des ultras de l'ASSE sur la table ?

Les incidents observés cette saison, à Troyes ou à Grenoble, rappellent que la situation reste fragile. Même s’ils restent ponctuels, ils alimentent un contexte déjà tendu. Dans ce climat, chaque décision politique prend une résonance particulière. Le durcissement du cadre ne concerne pas uniquement les individus sanctionnés. Il impacte l’ensemble de l’écosystème.

Pierrick Courbon avertit : "La menace est toujours très présente et même plus que jamais. Un certain nombre de rumeurs persistantes laisse entendre que le Gouvernement pourrait revenir à la charge, sur fond de récentes violences de groupuscules identitaires, notamment à Lyon, qui n’ont rien à voir avec le football. Si tel était le cas, je m’opposerai vigoureusement à ce que la vague de dissolutions qui pourrait être enclenchée mette dans le même sac ce type de mouvements avec des groupes de supporters ultras qui, sans être des enfants de chœur, n’ont pas la violence comme finalité."

L’ASSE se retrouve ainsi à la croisée de plusieurs enjeux. Sportif, avec la course à la montée. Institutionnel, avec la nécessité de maintenir un environnement stable. Et sociétal, avec une question centrale : quelle place pour les supporters dans le football français ?

Une fracture qui ne se résorbe pas

Le fossé entre les autorités et une partie des tribunes ne se réduit pas. Il se redessine. Les logiques s’opposent. D’un côté, une approche sécuritaire et centralisée. Côté ultras de l'ASSE, une culture populaire, ancrée localement, avec ses codes et ses équilibres. À Saint-Étienne, cette tension est visible. Elle ne date pas d’hier. Mais elle prend aujourd’hui une nouvelle forme.

Un an après la mobilisation, le message des supporters reste le même. Celui des institutions a évolué. Entre les deux, le dialogue existe encore, mais il s’inscrit dans un rapport de forces plus marqué. La suite dépendra des prochaines décisions politiques. Mais aussi de la capacité de chacun à maintenir un cadre viable. Car au-delà des textes, c’est bien l’équilibre du Chaudron qui se joue.

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