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·9 mars 2026
Au Parc des Princes, l’émotion d’un vieux supporter monégasque

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·9 mars 2026

Elle l’a fait ! Après un match maitrisé et convaincant, l’AS Monaco a renversé le Paris SG. Il y a quelques semaines, la fin de la saison s’annonçait terne et morose. La victoire de vendredi soir ouvre des perspectives inattendues. Même si le droit à l’erreur reste minime, les Rouge et Blanc peuvent encore accrocher le podium en mai prochain.
Paris SG – AS Monaco ; 1-3
Paris SG : Barcola 71’ / AS Monaco : Akliouche 27’, Golovin 55’, Balogun 73’
Le vieux supporter de l’AS Monaco a attendu toute une vie pour ce moment. Il a vu son équipe vaincre à Bollaert, à la Beaujoire, à Delaune, à la Meinau, à Francis-Le-Blé, au Vélodrome, au Signal Iduna Park, à l’Aspmyra et à Louis II… mais jamais au Parc des Princes. Il habite à Paris depuis quinze ans. Il s’était rendu sept fois dans ce stade situé dans le XVIème arrondissement pour encourager son équipe. Toute une vie de rouge et blanc, de joie et de chagrin, de soirées européennes et de matins amers, de saisons brillantes et d’années d’errance. Et pourtant, malgré tous ces souvenirs, il n’avait jamais vu l’AS Monaco être les Princes au Parc. Il avait toujours manqué les bons soirs, mais jamais les déculottées. Il y était le 27 mai 2017 le jour où Leonardo Jardim avait décidé de sacrifier la Coupe de France et aligné une équipe réserve. La soirée avait été très longue et le résultat lourd (5-0). Il se souvenait d’un match au Parc où Monaco avait tenu une mi-temps avant de s’écrouler. D’un autre où un pénalty litigieux l’avait achevé. Et d’un dernier où l’équipe avait semblé jouer sans conviction. Ce soir-là, sur le chemin du retour, il avait juré que c’était la dernière fois. Il croyait son rêve déraisonnable et inatteignable. Il en était ainsi : le Parc, symbole d’une forteresse moderne, ne lui réserverait que des déceptions. Il avait fini par croire que sa seule chance de voir son équipe gagner à Paris serait finalement d’attendre une rencontre contre Paris FC, voire le Red Star à Saint-Ouen-sur-Seine. Mais cela ne serait alors qu’un ersatz, l’ivresse ne serait pas la même. Alors, il continuait d’y aller. Un vieux rituel. Une fidélité tenace. Peut‑être même têtue.
La huitième fois a été la bonne.
Ce vendredi 6 mars 2026, dès l’échauffement, quelque chose flottait dans l’air. Une sensation étrange, presque intime. L’AS Monaco avait tenu la dragée haute au club parisien lors des barrages de la Ligue des Champions. Et si ? Dans les instants d’attente avant le coup d’envoi, il revoyait les visages de ceux qui l’avaient fait rêver. Les années Wenger, avec ce football naturellement élégant. Les années 90, avec les jeunes qui deviendraient champions du monde. L’épopée 2004, dont il parlait encore comme on parle d’une histoire d’amour. Le quadruplé de Dado Pršo contre Deportivo La Corogne, les dribbles de Ludovic Giuly, les buts de Fernando Morientes. Puis la renaissance de 2017, cette génération lumineuse, trop brève mais inoubliable. Il avait tout vu, tout vécu. Ces souvenirs-là, personne ne pourrait jamais les lui enlever.
Quand le dernier coup de sifflet a retenti, il est resté immobile, comme si son corps refusait d’y croire. Autour de lui, sept cents supporters monégasques exultaient. Lui, il avait les larmes aux yeux. Ce n’était pas seulement un match gagné. C’était une vie de frustrations effacée. C’était la preuve que même les rêves les plus tardifs peuvent se réaliser.
Ce soir-là, au Parc, il s’est souvenu de la raison pour laquelle il aimait l’AS Monaco. Parce que ce club est différent. Parce qu’il n’est jamais là où on l’attend. Parce qu’il surprend, qu’il émerveille, qu’il déçoit, qu’il ressuscite. Parce qu’il vit hors des modèles et des certitudes. Parce qu’il fait battre le cœur plus fort. Même à son âge. Vive le football, vive Maghnes, vive Folarin, vive Aleksandr, vive Thilo (!), vive Sébastien et tous les autres, et surtout vive l’AS Monaco !
Photo by FEP/Icon Sport









































