Le Journal du Real
·5 septembre 2026
Au Real Madrid, l'étrange anomalie de la machine de Mourinho

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·5 septembre 2026

Il y a le Real Madrid qui évolue dans le confort du Santiago Bernabéu, et le Real Madrid, bien plus vulnérable, qui voyage loin de ses bases. En ce début du mois de septembre, la formation de José Mourinho ressemble à une redoutable machine de guerre dont certaines pièces maîtresses ne sont pas encore totalement fixées.
Puissante, capable de fulgurances offensives dévastatrices, cette équipe en pleine construction affiche un paradoxe saisissant qui commence à faire couler beaucoup d'encre. La récente sortie sur la pelouse de La Cartuja a mis en lumière des failles que les larges succès à domicile avaient jusqu'ici réussi à masquer.
Comme le souligne AS, la différence de rendement entre les rencontres disputées à domicile et celles jouées à l'extérieur est devenue flagrante. Devant son public, le Real Madrid se comporte en véritable prédateur. La Real Sociedad et Málaga en ont fait les frais, repartant tous les deux de la capitale avec quatre buts dans les valises. Dans son antre, le Real Madrid dicte sa loi avec une moyenne effrayante de dix tirs cadrés par match, tout en n'en concédant que deux.
Cependant, le tableau s'assombrit nettement loin de Madrid. Dès l'ouverture du championnat face à l'Espanyol, la victoire arrachée dans la douleur avait laissé entrevoir des difficultés dans l'animation. La sanction est finalement tombée sous la chaleur étouffante de La Cartuja, où l'attaque du Real Madrid est restée muette. Une véritable anomalie statistique pour une équipe qui n'avait plus terminé une rencontre sans inscrire le moindre but depuis vingt-quatre matchs, soit depuis le Clásico du 10 mai dernier. À l'extérieur, la poudre est mouillée : l'équipe cadre un tiers de frappes en moins et subit deux fois plus de tirs adverses.
Au-delà de l'animation offensive, c'est l'arrière-garde qui concentre les inquiétudes. Les problèmes rencontrés ne semblent pas provenir d'un déséquilibre tactique global du système de Mourinho, mais bien de sautes de concentration individuelles. Ces erreurs évitables se paient d'ailleurs au prix fort lorsque les matchs sont serrés.
Le but encaissé face à l'Espanyol découlait directement d'un cruel manque de coordination entre Federico Valverde et sa ligne défensive sur le marquage d'Álex Calatrava. Contre la Real Sociedad, c'est un manque de tranchant de la part d'Ibrahima Konaté et d'Álvaro Carreras qui a permis à l'adversaire de marquer en contre-attaque.
Enfin, lors de cet accroc face au Real Betis , c'est de nouveau Valverde qui s'est rendu coupable d'un oubli de marquage fatal sur un ballon repoussé à la suite d'un corner. Si ces largesses passent inaperçues lors des démonstrations offensives à domicile, elles deviennent rédhibitoires à l'extérieur.
Pour expliquer ces baisses de régime, il faut également se pencher sur l'état athlétique des troupes. Lors de la présaison, José Mourinho s'était amusé à décrire son équipe avec trois visages distincts : le frais, le fatigué et le super fatigué. Si la préparation estivale a permis de gommer la dernière catégorie, la fatigue reste palpable chez plusieurs joueurs majeurs.
Jude Bellingham incarne parfaitement cette limite athlétique actuelle. Revenu très tardivement de ses vacances après son épopée au Mondial avec l'Angleterre, le milieu de terrain voit systématiquement sa jauge d'énergie basculer dans le rouge à l'approche de la soixante-dixième minute. Une baisse de régime inévitable qui impacte mécaniquement le rendement du bloc équipe.
Il n'y a pas encore péril en la demeure à Valdebebas, mais ces avertissements successifs rappellent au Real Madrid que le talent brut de son quatuor offensif ne suffira pas si le reste de la machine n'est pas parfaitement huilé.







































