Belkhiter sur sa mise à l'écart à l'ASSE : "Du foutage de gueule" | OneFootball

Belkhiter sur sa mise à l'écart à l'ASSE : "Du foutage de gueule" | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: Evect

Evect

·27 septembre 2026

Belkhiter sur sa mise à l'écart à l'ASSE : "Du foutage de gueule"

Image de l'article :Belkhiter sur sa mise à l'écart à l'ASSE : "Du foutage de gueule"

Partie de l’AS Saint-Étienne au mois de juin après trois années chez les Vertes, Morgane Belkhiter avait dénoncé un traitement particulier autour de sa mise à l’écart. Une situation qu’elle évoque à nouveau pour footeuses.com.

Pour rappel, arrivée à l'hiver 2023 sous les ordres de Laurent Mortel, Morgane Belkhiter avait vécu une dernière saison difficile, mise à l’écart et plus dans les plans du club. En décembre dernier, nous relations un traitement contestable de l’environnement stéphanois concernant plusieurs cadres de l’effectif, parmi lesquelles Belkhiter mais également Martinez. C’est finalement la joueuse elle-même qui au moment de son départ avait fait une longue publication sur ses réseaux sociaux pour expliquer sa situation : "Après près de trois ans, il est temps pour moi de tourner une page et de quitter l’AS Saint-Étienne. J’ai connu des hauts, des bas, des émotions fortes et une immense fierté de représenter ce club malgré les difficultés. J’ai toujours essayé de donner le meilleur de moi-même avec professionnalisme, respect et sincérité (...) Mais aujourd’hui je ne peux pas partir sans parler de ce que j’ai vécu. Pendant plusieurs mois après mon retour de la coupe d’Afrique des Nations avec l’équipe d’Algérie j’ai subi une mise à l’écart humainement et mentalement très difficile (ndlr, en juillet 2025). Une situation qu’aucune joueuse, qu’aucun être humain ne devrait subir. À partir de ce moment-là, tout a changé : mise à l’écart du groupe, entraînement seule, aucune intégration avec le reste de l’équipe, aucune considération humaine.


Vidéos OneFootball


On m’a demandé pourquoi je n’avais pas arrêté le football. On m’a volontairement isolée du groupe, jusqu'à parfois ne même plus me considérer comme une joueuse de l’effectif. J’ai réclamé des choses normales : des équipements, des informations, mes droits, des réponses. J’ai dû envoyer des mails pour simplement être traitée comme les autres. Et malgré tout cela, j’ai toujours été là pour l’équipe. Même quand c’était compliqué humainement et mentalement, j’ai toujours fait passer le collectif avant moi. Le plus important pour moi était le maintien du club et d’aider l’équipe du mieux possible quand on faisait appel à moi (...) Aujourd’hui, moi je choisis de parler. Non pas par haine, mais pour me libérer d’un poids que je porte depuis trop longtemps. Parce qu’avoir l’intention de faire craquer mentalement une joueuse n’a rien à voir avec le football. Je pars avec la conscience tranquille, parce que malgré tout, je suis restée fidèle à mes valeurs."

Un épisode sur lequel, elle est revenue en début de mois pour le média footeuses.com apportant d’autres précisions autour de sa mise à l’écart chez les Vertes : "J’ai passé trois ans à Saint-Etienne. La première année était exceptionnelle. On était à quelques points de jouer les playoffs (...) Sur le plan sportif, c’était incroyable à vivre. Ça a commencé à devenir compliqué lors de la deuxième saison. On obtient le maintien à l’avant-dernière journée contre Strasbourg. Et ensuite, cette dernière saison, ça a été l’année… Je ne sais pas comment expliquer ça. Avec du recul, je le prends comme un apprentissage. Je me dis que c’est le destin, peut-être qu’il fallait que je vive ça. J’ai beaucoup appris sur moi aussi. Je ne pensais pas que j’étais capable de surmonter cette épreuve-là, une mise à l’écart. Parce que ça a été l’épreuve la plus difficile de ma vie en tant que joueuse.

J’ai beaucoup douté. Les six premiers mois je voulais arrêter le foot. Mais chaque jour, j’avais une petite voix qui me disait : « Non, Morgane, tu ne peux pas arrêter. Il faut que tu te battes, il faut que tu continues, il ne faut pas que tu te laisses faire. Il faut que tu sois un exemple pour les prochaines filles, les prochaines joueuses, les prochaines femmes. » Parce que ça peut arriver dans le monde du travail aussi. Donc montrer qu’en tant que femme, on est capable de surmonter ça et de faire valoir ses droits aussi.

Donc j’espère être un exemple aujourd’hui. J’en suis fière. Et il y a aussi l’équipe nationale qui m’a sauvée. Le sélectionneur Farid Benstiti m’a toujours fait confiance alors qu’on avait des échéances importantes. On avait les qualifications pour la CAN contre le Cameroun et je n’avais quasiment pas joué de la saison. Je n’étais pas forcément à 100% et c’était dur mentalement. Mais je l’avais souvent au téléphone. Ça m’a sauvée. Grâce à tout ça, je n’ai pas arrêté le foot. Chose que Saint-Etienne voulait que je fasse. Je n’ai pas peur de le dire.

Je ne pourrais pas expliquer ma mise à l'écart. Le nouvel entraîneur ne comptait pas sur moi. C’est un choix sportif, je le respecte. J’ai fait un entretien avec le coach Sébastien Joseph et le président du club. Ça a duré deux minutes. J’étais un peu frustrée et dégoûtée. J’avais tout donné pour le club à Saint-Étienne. J’avais joué tous les matchs. Il n’y avait pas forcément de raison de ne pas me conserver. Mais il me restait un an de contrat. Je ne voulais pas me prendre la tête à chercher un nouveau club mais après l’entretien… Dans ma tête, c’est bon. Au foot, tu donnes tout et du jour au lendemain, on peut te virer comme ça, sans forcément te donner de raison. Ça m’avait dégoûtée. Je voulais arrêter. À la suite de l’entretien, j’ai dit que j’arrêtais après la CAN. J’ai ensuite fait une bonne CAN mais je ne voulais pas me rendre malade. Et il y avait des clubs qui étaient venus vers moi. J’ai refusé. J’ai refusé des bons clubs, en D1. J’avais besoin de temps.

L’internationale algérienne évoque ensuite son retour dans le groupe au début de l’année 2026 et la fin de sa mise à l’écart sportive chez les Vertes : "Je ne sais pas ce qu’il s’est passé pendant les vacances de Noël. On fait appel à moi en me disant que je suis convoquée. On me dit que, vu la situation dans laquelle on est, c’est-à-dire relégable, maintenant tu es sélectionnable. Si tu performes, tu joues. Si tu ne performes pas, comme les autres joueuses, tu ne joueras pas. Je suis un peu choquée, en toute honnêteté. Je le prends même à la rigolade. Pour moi, c’est du foutage de gueule. Ce sont les mots qui me viennent. Je suis sans filtre. Je ne me prends pas la tête et je joue. Je joue et je reprends du plaisir. On verra ce qu’il se passe après. J’ai tout donné à cette période-là. Mais je n’ai pas oublié ce qu’ils m’ont fait. Ce n’est pas parce que vous m’avez fait revenir que je vais oublier."

À propos de Publisher