Le Journal du Real
·2 juillet 2026
Bellingham passe à l'heure mexicaine

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·2 juillet 2026

Cette fois, Jude Bellingham n’a pas ouvert les bras. Auteur d'une bonne prestation sans pour autant être décisif, Bellingham n’a pas signé le geste qui fait basculer une soirée, ni inscrit son nom sur la feuille de match malgré ses 3 tentatives cadrées. Face à la RDC, l’Angleterre a longtemps tremblé, menée dès les premières minutes avant d’être sauvée par un doublé tardif d’Harry Kane. Les Three Lions se sont qualifiés, mais sans vraiment dissiper tous les doutes qui les accompagnent depuis le début de cette Coupe du Monde.
Pour Bellingham, c'était un match différent. Après avoir marqué contre la Croatie, pesé dans une soirée verrouillée face au Ghana, puis sonné la révolte contre le Panama avec un but et une passe décisive, le joueur du Real Madrid a connu un match moins spectaculaire.
Pas forcément un mauvais match, plutôt une rencontre frustrante. Il a tenté de se rendre disponible entre les lignes, de se projeter dans la surface et de proposer une solution verticale à une équipe anglaise parfois trop lisible et peu créative, mais le natif de Birmingham a loupé 2 grosses occasions.
Le problème, c’est que l’Angleterre a longtemps joué dans l’urgence plus que dans la maîtrise. Menée dès la 7e minute de jeu face à une RDC généreuse et disciplinée, les hommes de Thomas Tuchel ont mis du temps à retrouver leur respiration. Dans ce contexte, le numéro 10 a manqué de ce coup de génie ou de ce moment pouvant faire basculer l'issue de ce seizième de finale.
C’est une nuance importante. Le Madrilène n’a pas besoin d’être systématiquement décisif pour rester central dans le plan anglais. Mais dès que l’Angleterre peine, son rôle devient encore plus scruté, que ce soit par les analystes ou par les supporters. Parce qu’il porte le numéro 10. Parce qu’il joue derrière Kane. Parce qu’il est devenu, avec la sélection, l’un de ceux que l’on regarde quand le match se ferme.
Le huitième de finale face au Mexique arrive donc à point nommé. L’Angleterre de Tuchel sort d’un match qu’elle a gagné au mental, mais elle va désormais entrer dans un environnement autrement plus hostile. Affronter le pays hôte à Mexico, dans une phase à élimination directe, n’a rien d’un huitième de finale clément. Le contexte promet du bruit, de la tension, de la pression et probablement peu d’espaces.
C’est précisément dans ce type de match que Bellingham sait sortir de la boîte. Pas forcément en multipliant les touches de balle ou en cherchant à tout forcer, mais en choisissant le bon moment. Une course dans le dos d’un milieu, une seconde balle récupérée haut, un appel tranchant dans la surface ou une frappe au bout d’une action mal dégagée par le gardien. À Madrid, tous ces scénarios ont déjà été vécus. Tout le monde en est conscient : Jude Bellingham sait surgir de nulle part dans le temps additionnel.
L’Angleterre aura besoin de ça. Contre la RDC, elle a encore montré qu’elle pouvait se faire piéger par ses propres approximations. Face au Mexique, un retard à l’allumage pourrait coûter beaucoup plus cher. Kane reste évidemment le finisseur majeur de cette sélection, mais Bellingham est celui qui peut casser le scénario avant qu’il ne devienne irrespirable. Depuis le début du tournoi, cela se ressent. Quand il accélère, l’Angleterre change de ton.
Le numéro 10 anglais est tant attendu parce que l'on sait qu'il peut y faire. À l’Euro 2024, l’Angleterre avait déjà vu sa route s’arrêter contre la Slovaquie, avant que Bellingham n’égalise dans le temps additionnel d’un geste devenu l’un des grands moments récents de la sélection. Ce but avait alors sauvé le tournoi des Three Lions, finaliste cette année-là. Ce souvenir installe aussi une croyance chez le peuple anglais : même quand l’Angleterre semble bloquée, Bellingham peut encore ouvrir une porte.
C’est cette mémoire qui l’accompagne aujourd’hui. Elle peut peser, bien sûr. Mais elle donne aussi au joueur du Real Madrid une place particulière dans ces soirées d’élimination directe. Certains joueurs ont besoin que le match les pousse. Lui semble parfois attendre que le match se crispe pour y mettre sa marque.
Avant de penser plus loin, l’Angleterre doit survivre au Mexique. Mais le tableau offre déjà une projection évidente pour les madridistas : si les Three Lions et le Brésil poursuivent leur route, un quart de finale pourrait réunir Bellingham, Vinícius Junior, Carlo Ancelotti et Endrick dans une affiche à forte résonance merengue.
Pour l’instant, ce n’est qu’une hypothèse. Le présent, lui, se joue au Mexique dans la nuit de dimanche à lundi (2h du matin heure française). Et dans ce décor brûlant, Jude Bellingham devra peut-être, comme souvent, choisir son instant pour entendre le stade cantonner un chant déjà bien célèbre à son effigie.







































