Benjamin Parrot et l’exposition de la Coupe : «Il était impossible qu’elle reste dans un lieu clos chez nous» | OneFootball

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·29 mai 2026

Benjamin Parrot et l’exposition de la Coupe : «Il était impossible qu’elle reste dans un lieu clos chez nous»

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Présent au Louvre-Lens ce vendredi matin pour l’exposition de la Coupe de France, Benjamin Parrot, directeur général du Racing Club de Lens, a évoqué la semaine vécue par le trophée.


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Lensois.com : Depuis une semaine, pouvez-vous nous raconter ce qu’a vécu cette Coupe ? Benjamin Parrot : Elle a montré qu’elle était vraiment imperméable. Elle a été aspergée, elle a reçu beaucoup de choses, elle est passée entre beaucoup de mains. Elle a ressenti énormément d’amour de la part de nos joueurs et des familles. Mais elle se sent bien ici. On a eu l’occasion de voir qu’elle était dans son élément. Il y a eu les festivités, la parade en ville que tout le monde a pu voir et à laquelle on a pu prendre part. Ensuite, on a vécu un moment qui nous ressemble, un moment familial au sein du stade Bollaert. Toutes les familles de joueurs et tous les salariés étaient là. Elle a circulé toute la soirée de main en main. Elle a fait l’objet d’un nombre incroyable de photos. Je pense que c’est la véritable vedette régionale du moment. Cette idée avait déjà germé depuis un certain temps. On s’était dit qu’un jour, on aimerait la ramener et la partager. Et ici, c’est vraiment le lieu le plus adapté. C’est important de permettre aux supporters de la voir et de se prendre en photo avec.

Cette exposition au Louvre-Lens, c’est quelque chose de fort en termes de symbole… Oui, tout à fait. C’est ce que je disais tout à l’heure. Ici, le musée du Louvre a accueilli, lors de son ouverture, le tableau iconique d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple. Nous, ici, c’est un trophée, mais c’est aussi une œuvre collective.

Est-ce que c’est un chef-d’œuvre sportif ? Ça, on le verra avec le temps, pour savoir si cette période restera gravée à jamais. Mais cette quête a été éminemment collective. On peut dire qu’aujourd’hui, c’est la passion qui a guidé le peuple lensois et qui nous a amenés à remporter ce trophée. Aujourd’hui, on veut le rendre au public qui nous a littéralement portés. On l’a vu au Stade de France, on l’a vu partout. C’est un juste retour des choses. Et puis, à Lens, on partage tout. On l’a fait avec la parade et avec tout un tas d’événements. Il était impossible qu’elle reste dans un lieu clos chez nous, au stade ou au centre d’entraînement, pour être uniquement entre quelques mains. Non, elle doit circuler, elle doit être photographiée par tout le monde. Comme je vous le dis, ce trophée est extrêmement puissant par sa symbolique. C’est le trophée du peuple. Le football amateur joue la Coupe de France. Tout le monde joue la Coupe de France. Quand vous commencez les premiers tours et que vous voyez ceux qui ont conservé leurs maillots de Coupe de France, cela signifie qu’ils ont franchi deux ou trois tours. À l’échelle d’un club local, ce sont déjà des héros. Donc ce trophée, qui est extrêmement populaire, arrive dans un club très populaire. Forcément, cela doit se traduire par le fait qu’il soit disponible et accessible au plus grand nombre. La vocation de cette Coupe, c’est de réunir tous les clubs et tout le football, de fédérer. Et là, je pense qu’on est pleinement dans cet objectif fédérateur qui était celui de la Coupe de France à l’origine.

« Faire quelque chose de sympa en buvant dedans »

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Et ce trophée a tant été attendu du côté de Lens… Ah oui, on l’a attendue. On dit souvent que le Racing Club de Lens l’a attendue pendant 120 ans, parce que c’est l’année de notre 120e anniversaire. Mais dans les faits, elle a été créée en 1917. Donc nous ne l’attendions pas avant sa création. Mais c’est certain qu’à partir du moment où elle a existé, elle a été au cœur de toutes les attentions. Cette année, elle nous a obsédés. C’était les 120 ans du club. Moi, sur mon bureau, il y avait une miniature de la Coupe de France. Tout au long de notre parcours, je la regardais chaque semaine et je me disais : “Cette année, c’est pour nous.” On l’a montrée aux joueurs en leur disant : “Celle-là, il faut maintenant la rendre grandeur nature.” Elle est belle en miniature, c’est sympa, mais maintenant il faut la mettre à l’échelle. Cela a donc été une quête véritablement partagée au sein du club. Aujourd’hui, qu’elle soit ici montre que nous avons réussi à vaincre le poids de la fatalité. Pendant tant d’années, on pensait qu’ici, cela ne pouvait pas nous arriver. Et pourtant, c’est arrivé. Mais maintenant, il est bien de gagner dans le présent. Il faut aussi savoir gagner dans le futur. Cette Coupe doit être un beau souvenir pour tout le monde, mais elle doit aussi nous rappeler que le Racing Club de Lens est un club qui doit gagner dans les années à venir. C’est ce qui sera désormais au cœur de notre réflexion.

Y a-t-il des consignes particulières de la Fédération française de football concernant l’utilisation de la Coupe ? C’est une bonne question. On n’a pas reçu le manuel d’utilisation. Il aurait d’ailleurs dû être écrit non pas sur un parchemin de 1917, mais sur un vieux grimoire. Pour la petite anecdote, le directeur de la Coupe de France m’a envoyé un message. À un moment, on a levé le trophée et le couvercle n’était plus dessus. J’ai immédiatement reçu un SMS : “Vous ne l’avez pas perdu ?” En gros, ils scrutent toutes les photos. Je lui ai répondu : “Ne t’inquiète pas, on voulait juste voir.” On a également reçu une autre consigne. On s’était dit qu’on pourrait peut-être faire quelque chose de sympa en buvant dedans, avec un liquide pétillant, houblonné ou plus rémois. Mais cela nous a été fortement déconseillé. On nous a expliqué qu’il y avait un traitement anti-oxydant qui pouvait nous rendre malades. Donc on ne s’est pas risqués à ça. On était plusieurs à y penser. J’avoue que c’est Flo Sotoca qui a failli défier les lois de la chimie en disant : “Non, non, il ne faut pas les écouter.” Finalement, on s’est dit que c’était peut-être un bon conseil.

Donc la Coupe est restée intacte ? Oui, ça c’est certain. Et ici, avec Annabelle Ténèze et ses équipes, on sait qu’il y a tout l’équipement nécessaire pour qu’elle soit entretenue et brillante en permanence.

Comme vous allez devoir rendre le trophée, pensez-vous faire une copie ? Oui, tout à fait. On a déjà imaginé le fait d’avoir une réplique, parce qu’il faut garder une trace. C’est d’ailleurs ce que font les autres clubs. Mais dans l’idée, on verra la saison prochaine. Chaque saison a son histoire et sa vérité. Là, les deux mains se sont accrochées à cette Coupe. Notre défi, ce sera de nous demander, à chaque match de Coupe de France l’an prochain : est-ce qu’on la rend ou est-ce qu’on la garde ? Et cela devra aussi être au cœur de nos pensées la saison prochaine.

Êtes-vous redescendus de votre nuage ? Le ciel était tellement bleu qu’on n’a même pas eu l’occasion de monter sur un nuage. Et puis, nous avons un caractère qui fait que nous avons su profiter. Nous avons su accueillir la lumière du soleil, parce qu’il y avait des rayons partout, à travers le public, au sens propre comme au sens figuré, avec une météo extraordinaire. Mais dès mardi, nous sommes tous revenus à La Gaillette. Nous avons repris le fil de la saison prochaine et de nos dossiers. Aujourd’hui, il n’y a qu’une chose qui compte : la saison prochaine. Le fait que la Coupe soit ici, à l’extérieur du club, c’est très bien pour que tout le monde puisse en profiter. Mais nous, nous devons désormais rester concentrés sur deux objectifs : le Trophée des champions, le 16 août, et la préparation de la saison. Il y aura aussi une Coupe d’Europe à disputer. Et nous n’allons pas changer de dimension du jour au lendemain. Nous restons un club aux moyens limités au regard du football français actuel. Nous aurons encore la dixième masse salariale du championnat la saison prochaine. Mais avec ce succès, nous avons encore plus faim. Envie de continuer à avancer, d’aller conquérir les cœurs et de marquer l’histoire de ce club.

Propos recueillis par Clément Demazure au Louvre Lens

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