Arsenal French Club
·25 juillet 2026
Bilan du Mondial 2026 : nos Gunners se sont-ils distingués ?

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·25 juillet 2026

Un titre de champion d’Angleterre après vingt-deux ans d’attente, une finale de Ligue des champions perdue aux tirs au but face au PSG, puis un Mondial américain qui a vu seize Gunners répondre présent avec leurs sélections respectives : la saison 2025-2026 restera longue dans les jambes du vestiaire d’Arsenal.
Selon le décompte officiel de la FIFA, seul Manchester City (21 joueurs) devançait le club londonien parmi les clubs les plus représentés à la Coupe du monde, à égalité avec le Paris Saint-Germain. Tous les Gunners ayant disputé la phase de groupes se sont qualifiés pour la suite de la compétition, une première pour un club anglais.
Mais un Mondial, ce n’est jamais une expérience uniforme. Entre les joueurs restés sur le banc, ceux devenus les moteurs de leur sélection et d’autres restés dans l’ombre, l’été américain a livré des enseignements très contrastés à quelques semaines de la reprise. Voici le bilan, en trois tiers, avant de se projeter sur le début de saison des Gunners.
Mikel Merino – champion du monde et buteur décisif
Merino repart d’Amérique du Nord avec une deuxième étoile autour du cou. Utilisé essentiellement comme joker offensif par Luis de la Fuente, l’Espagnol a notamment marqué le but de la qualification en huitième et en quart de finale contre le Portugal (1-0) et la Belgique (2-1). Il entre en jeu dès la 75ᵉ minute de la finale remportée face à l’Argentine (1-0 a.p.). Peu de temps de jeu, mais un impact maximal dans les moments qui comptent : difficile de rêver mieux pour clore une saison difficile, marquée par une longue blessure.

Leandro Trossard – le leader offensif des Diables Rouges
Statistiquement, Trossard réalise la meilleure Coupe du monde de tout les joueurs d’Arsenal. Titulaire indiscutable sur le flanc gauche belge, il a inscrit deux buts et délivré deux passes décisives en six matches, tout en créant dix-sept occasions selon Opta (seul Michael Olise fait mieux que lui au classement des expected assists (2,16 xA). Décisif contre la Nouvelle-Zélande, le Sénégal et les États-Unis, sa sélection a finalement craqué en quart de finale face à l’ogre espagnol (2-1). Sorti à l’heure de jeu après avoir généré le centre du but égalisateur de De Ketelaere où il se montre à nouveau décisif. Un Mondial qui confirme son évolution en un joueur indispensable à Arsenal et en sélection.

Martin Ødegaard – le capitaine du langskip norvégien
Pour son premier Mondial, à 27 ans, le capitaine des Gunners a porté la Norvège jusqu’à ses tout premiers quarts de finale de l’histoire, soixante-huit ans après sa dernière participation en 1998. Ødegaard boucle le tournoi avec un but et quatre passes décisives, un total qui le place dans le trio de tête des meilleurs passeurs de la compétition, loin derrière Olise. Il est même devenu, seulement le troisième joueur depuis 1966 à être impliqué sur un but lors de chacun de ses trois premiers matches en Coupe du monde, après le Soviétique Igor Belanov (1986) et l’Allemand Michael Ballack (2002). L’élimination en quart contre l’Angleterre (1-2 a.p.), sur un doublé de Bellingham, n’entache en rien une prestation individuelle saluée jusque dans le camp adverse. Après une saison en club diffcile, remettant en cause son statut et sa place dans l’effectif d’Arteta, son mondial pourrait rassurer les supporters.

Gabriel Magalhães – le roi du Brésil ?
Titulaire lors des cinq matches disputés par le Brésil (450 minutes), Gabriel a livré l’une des campagnes les plus abouties de sa carrière internationale. Nous retenons notamment une passe décisive pour la tête de Casemiro contre le Japon, 95 % de passes réussies, cinq tacles et quatre interceptions durant ce match. L’élimination brutale en huitièmes de finale contre la Norvège (1-2, doublé de Haaland), la sortie la plus précoce du Brésil depuis 1990, ne doit rien à sa prestation individuelle.

Declan Rice – le capitaine courage d’une Angleterre moribonde
Rice a globalement rempli son rôle de sentinelle et de capitaine. Son Mondial a pourtant été marqué par les pépins physiques. Remplacé à la mi-temps du quart de finale contre la Norvège en raison d’une maladie, il n’a ensuite disputé que 82 minutes de la demi-finale perdue contre l’Argentine (1-2), où Saka, Madueke et Eze sont restés sur le banc jusqu’au coup de sifflet final. Il fallait attendre la « petite finale » pour voir le meilleur de Rice : un but dès la 3ᵉ minute puis une passe décisive pour Konsa dix-huit minutes plus tard, dans la victoire spectaculaire 6-4 contre la France qui offre la médaille de bronze à l’Angleterre. Une fin de tournoi flamboyante qui ne doit pas masquer un parcours globalement irréprochable par son investissement personnel et son sens du sacrifice. Avec un Rice à 100%, l’Angleterre aurait pu espérer bien mieux.
Kai Havertz – le meilleur buteur des Gunners dans ce mondial parti trop tôt
Sorti d’une saison hachée par les blessures, mais buteur en finale de Ligue des champions face au PSG en mai, Havertz a répondu présent dès l’entame du Mondial avec un doublé (élu homme du match) lors du festival allemand contre Curaçao (7-1). Il ajoute un but supplémentaire, une tête égalisatrice face au Paraguay en huitièmes de finale, portant son total à trois réalisations. Il s’agit du meilleur bilan individuel des joueurs d’Arsenal avec Saka. Seule ombre au tableau : le tir au but manqué en ouverture de la séance fatale contre le Paraguay (1-1, 4 tab à 3), qui a définitivement enterré les ambitions allemandes dès les seizièmes de finale, pour la troisième fois consécutive après 2018 et 2022.

Bukayo Saka – la quête de la médaille de bronze
En manque de forme, rotation oblige, Saka a partagé le couloir droit anglais avec Madueke tout au long du tournoi. Il entre souvent en cours de jeu (dont à la mi-temps du quart contre la Norvège) pour débloquer les siens sans toujours y parvenir. Le constat est frappant : ses trois buts inscrits lors de la Coupe du monde 2026 l’ont tous été dans le même match, celui pour la troisième place contre la France, où il inscrit un triplé (37ᵉ, 45ᵉ+1, puis un penalty à la 87ᵉ). Il termine tout de même meilleur passeur anglais du tournoi, à égalité avec Anthony Gordon (trois chacun). Finalement, il s’agit d’un Mondial en dents de scie, où il n’a eu que des miettes. Pour autant, il a su se montrer décisif et efficace dans le dernier match de son mondial.

Viktor Gyökeres – un phare dans la nuit
Après avoir lui-même qualifié la Suède pour sa première Coupe du monde depuis 2018 (triplé en barrage contre l’Ukraine, but décisif contre la Pologne), Gyökeres démarre fort avec un but et deux passes décisives dès le premier match de poules contre la Tunisie (5-1). La suite est plus compliquée. Il subit une lourde défaite face aux Pays-Bas (1-5), un match nul contre le Japon, puis une élimination sèche en 1/16ème de finale contre la France (0-3). Il boucle le tournoi avec un seul but inscrit, un bilan très en retrait de nos attentes, même s’il a lui-même reconnu avoir vécu une expérience mémorable pour sa première participation. Dans l’absolu, nul doute que c’est le collectif suédois qui a fait défaut plutôt que notre neuf combatif. On se souviendra de son beau duel perdu face à Saliba en 1/16ème.

Gabriel Martinelli – le super-sub inattendu
Relégué sur le banc derrière Vinicius Junior pendant l’essentiel du tournoi, Martinelli a pourtant signé l’un des moments forts de la campagne brésilienne : entré à la 72ᵉ minute face au Japon, il inscrit dans le temps additionnel (90ᵉ+6) le but qui envoie la Seleção en huitièmes de finale, sur une passe de Bruno Guimarães. Un rôle de super-sub précieux, mais un temps de jeu global très limité interrogeant sa place dans la hiérarchie chez les Auriverdes.

William Saliba – le sens du sacrifice
Le défenseur français a longtemps été l’un des piliers d’une équipe de France solide défensivement, jusqu’à sa sortie prématurée en demi-finale contre l’Espagne (0-2), après seulement une trentaine de minutes. Le mal était plus profond qu’il n’y paraissait. Saliba disputait le tournoi, et une bonne partie de la fin de saison avec Arsenal, avec une fracture au dos, gérée à coups d’antidouleurs. Une performance individuelle solide jusqu’au bout, mais un épilogue qui plane désormais sur toute la préparation estivale des Gunners. Si son investissement et son courage sont irréprochables, sa gestion par le staff des Bleus questionne. Cette blessure pourrait être un tournant dans sa carrière.

David Raya – champion du monde sans jouer une seule minute
Meilleur gardien de Premier League la saison passée avec dix-neuf clean sheets, finaliste de la Ligue des champions avec Arsenal, David Raya n’aura pourtant pas disputé la moindre minute du Mondial 2026. Devancé dans la hiérarchie espagnole par Unai Simón, titulaire lors des sept matches de la Roja jusqu’au sacre final, Raya repart avec une médaille de champion du monde méritée collectivement, mais un goût d’inachevé individuel total qui ne dépend pas vraiment de lui.

Martín Zubimendi – le grand perdant de la fin de saison
Même constat, à un degré moindre, pour Zubimendi. Simple remplaçant tout au long du parcours espagnol, laissé sur le banc lors de la demi-finale face à la France, il n’a foulé la pelouse de la finale qu’à la 99ᵉ minute, en remplacement de Rodri. Un titre mondial dans la poche, mais un rôle de figurant qui fait écho avec son statut de titulaire remis en cause à Arsenal. Rien de rassurant pour lui, mais un repos bien mérité.

Noni Madueke – de titulaire au banc
Titulaire ponctuel sur l’aile droite anglaise (notamment en phase de poules et en quart de finale, avant d’être remplacé par Saka à la pause), Madueke n’a jamais réussi à s’installer durablement dans le onze de Thomas Tuchel et ne s’est pas démarqué individuellement dans ce tournoi. Une Coupe du monde vécue essentiellement depuis le banc de touche sur la fin de la compétition. Un rendez-vous manqué pour un joueur qui a eu pour autant la confiance de son sélectionneur. Cela nous rappelle sa saison frustrante avec Arsenal. Beaucoup de qualités techniques et d’envie, mais un manque cruel de réalisme et de finition dans le dernier geste.

Eberechi Eze – le créateur dont les Anglais avaient besoin ?
Entré en jeu à la pause du quart de finale contre la Norvège à la place de Rice, Eze n’a ensuite quasiment plus été utilisé, restant notamment sur le banc lors de la demi-finale contre l’Argentine. Il termine le tournoi avec une seule passe décisive à son actif, confirmant un statut de complément loin du titulaire indiscutable chez les Three Lions. Pourtant, au regard du manque de créativité dans le jeu anglais tout au long de la compétition, Eze aurait pu se démarquer davantage.

L’équation estivale de Mikel Arteta s’annonce délicate. Selon plusieurs sources anglaises, Bukayo Saka et Declan Rice pourraient être ménagés jusqu’à la première trêve internationale d’octobre, malgré leur retour disponible plus tôt sur le plan réglementaire. Un choix de gestion logique tant les deux hommes ont enchaîné les matches à haute intensité jusqu’à la « petite finale » du 19 juillet. Plus préoccupant, William Saliba, sorti sur blessure en demi-finale, souffre d’une fracture chronique au dos qui pourrait l’écarter des terrains de quatre à cinq mois si une opération s’avère nécessaire. Même si, selon les dernières informations de L’Équipe, le club privilégierait pour l’instant un traitement conservateur. Dans les deux cas, le défenseur central manquera très probablement l’intégralité du mois d’août, poussant Arsenal à activer le marché des transferts, avec les pistes John Stones (libre) et Ezri Konsa (Aston Villa) évoquées comme solutions temporaires.
La Premier League reprendra ses droits le vendredi 21 août, avec la réception de Coventry City à l’Emirates Stadium, avant des déplacements chez les habitués du haut de tableau (Aston Villa) puis la réception de Chelsea. Un calendrier qui tombera relativement tôt après la fin du Mondial (19 juillet), sachant que les joueurs éliminés en phase à élimination directe bénéficient généralement de trois semaines de repos obligatoire, une contrainte qui pourrait même priver les Gunners de plusieurs internationaux pour les matches de préparation contre Gérone (1ᵉʳ août) et le Real Betis (5 août).
En tenant compte des dates d’élimination de chacun, une hiérarchie de fraîcheur physique se dessine :
Sortis tôt et disponibles pour la reprise : Gabriel Magalhães, Martinelli, Havertz et Gyökeres.Sortis en quart mais probablement aptes : Ødegaard.Sortis en demi / vainqueurs potentiellement ménagés : Merino, Zubimendi et Raya, ainsi que Saka, Rice, Madueke et Eze.Indisponible : Saliba, pour plusieurs mois.
Dans ce contexte, un onze de rentrée plausible pourrait s’appuyer sur les organismes les moins sollicités cet été : Raya dans les buts, Gabriel Magalhães en défense centrale aux côtés d’une recrue estivale ou de Mosquera en l’absence de Saliba, Zubimendi en sentinelle devant la défense pour couvrir l’absence de Rice, et un trio offensif articulé autour de Havertz ou Gyökeres en pointe, épaulés par Martinelli sur une aile (si ce dernier reste dans l’effectif), avec Ødegaard, si son genou le permet, dans le rôle de meneur de jeu habituel. Madueke pourrait lui aussi profiter du contexte pour grappiller du temps de jeu sur le flanc droit, en l’absence prolongée de Saka. Trossard a quant à lui quitté le club pour la Turquie.
Cet article revient sur son passage chez nous :
Trossard, le plan B devenu héros
De quoi nourrir, dès la fin du mois d’août, une intersaison où l’équilibre entre gestion physique et ambitions sportives sera scruté de très près du côté du nord de Londres. D’autant qu’Arsenal, désormais tenant du titre, abordera cette rentrée avec l’étiquette de favori et l’obligation de confirmer. Dès lors, le mercato doit répondre à ces bouleversements.
Louis.T
Direct







































