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·9 janvier 2026
Bordeaux-Bayonne : Santiago Cucci se confie avant de retrouver les Girondins

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·9 janvier 2026

Propriétaire et président de l’Aviron Bayonnais FC depuis septembre 2025, l'homme d'affaires Santiago Cucci s’apprête à retrouver les Girondins de Bordeaux au Stade Atlantique ce samedi à 18h. Ancien président de l’Olympique Lyonnais (2023-2024), le basque revient sur son projet à Bayonne, ses ambitions sportives et son attachement toujours intact au club bordelais. Dans cet entretien accordé à WebGirondins, il évoque aussi sa vision du football, la formation et le choc à venir en National 2.
WebGirondins : Cela fait cinq mois que vous avez pris les commandes de l’Aviron Bayonnais, comment se passe votre travail club ?
Santiago Cucci : Très bien, je suis très content, et c’est un pur bonheur. Je me sens bien et je suis chez moi. Il y a une différence entre être employé salarié comme je l'étais à Lyon dans une grosse équipe et être chez soi dans son milieu avec ses amis dans un écosystème que je connais très bien. Finalement, c’est le même métier, à l'exception des enjeux qui sont différents. L’expérience lyonnaise a été superbe, je ne la regrette pas.
C’est vraiment le même métier d'être président de l’OL et de l’ABFC ?
Oui, sauf que tu as moins de monde pour t'aider. À l’Aviron, il y a des gens brillants, des bénévoles, c’est respectueux et noble. C’est très humain et c'est la passion du football. J’habite à Saint-Jean-de-Luz, donc l’Aviron Bayonnais c’est le club d’ici.
Quelle est la feuille de route du club que vous avez fixée cette saison ?
Simplement apprendre le championnat de National 2 et faire un parcours honorable avec nos armes. Nous avons l’un des plus petits budgets du championnat. Nos armes, c'est l'humain : notre courage, notre fierté et la convivialité. Ce sont les valeurs de l’Avrion Bayonnais.
Quand on travaille avec l'expérimenté Alain Pochat comme entraîneur (plus de 300 matchs en N1), on pense forcément à la montée en N1 ?
Oui, on a de l'ambition et on se prend au jeu. On est tous des passionnés compétiteurs. On s’est fixé trois ans pour monter un cran au-dessus et atteindre un niveau professionnel. Cela fera du bien à L’Aviron Bayonnais FC et à la Région. Le projet est de bâtir autour de notre formation l’un des meilleurs projets de jeu et d’évolution pour tous les jeunes du bassin du Pays Basque. Il y a beaucoup de clubs. On veut proposer une évolution dans le monde professionnel à l'Aviron, et pour les meilleurs chez notre partenaire de la Real Sociedad qui est un club avec une ambition européenne.
En quoi consiste le partenariat avec la Real Sociedad ?
On l’a dynamisé cette année avec des échanges sur les méthodologies, et le coaching. Nos entraîneurs ont été accueillis à Zubieta, et formés. On leur a montré ce qu'espérait la Real Sociedad en termes d'évolution des jeunes. Ensuite, les coachs de la Real Sociedad sont venus à l'Aviron Bayonnais pour voir comment on travaillait. C’est une communication importante et de qualité entre les deux clubs.
Cela peut-il déboucher sur des mouvements de joueurs qui passent d’une structure à l’autre ?
Oui, c’est l’idéal. Mais l'inconvénient aujourd'hui est que la réserve de la Real Sociedad évolue en deuxième division espagnole (Liga 2). C’est le seul club en Europe qui a une équipe en première en Liga et sa réserve en Liga 2. C’est dur d’attirer les joueurs chez nous. Un de nos joueurs a été pris chez eux. On est très content, car ça montre qu'on fait du bon boulot.
(il poursuit)
Alain Pochat fait un travail extraordinaire, car, en plus de son métier d’entraîneur de la N2, il supervise l'équipe réserve, et les équipes de jeunes. Il va même voir jouer les U15. C'est un passionné de football, du club et des valeurs. Il mange et respire foot. Nous avons une bonne relation. J’inclus dans ce travail Chérif Djema, notre directeur sportif, qui amène de la fraîcheur. On collabore très bien ensemble.
Ce déplacement à Bordeaux a-t-il un goût particulier après votre tentative de rentrer au capital des Girondins en 2024 ?
On apprend toujours du vécu*. Je reste positif. J’ai trouvé un projet plus simple financièrement, et aussi au niveau de l'actionnariat, puisque je suis seul à l'Aviron Bayonnais et je n’ai pas besoin de partenaires. Je prends beaucoup de plaisir. J’en profite pour remercier le président de l’association Lausséni Sangaré, nous sommes deux coprésidents en symbiose. Nos cœurs battent pour l’Aviron Bayonnais.
D’accord, mais ce déplacement à Bordeaux reste tout de même spécial ?
Il n’a pas de saveur particulière par rapport à ma tentative de rachat l’année dernière. Il a un goût différent, car je reste une supporter des Girondins de Bordeaux. Avec mon équipe, je vais tenter de proposer du beau jeu à une équipe que j’aime. Je suis le président de l'Aviron Bayonnais et j’espère que je serais fier à la fin du match, ça ne reste que trois points. Je crois beaucoup à la destinée de retrouver les Girondins de Bordeaux, c’est excitant et passionnant. En plus, nos supporters se déplacent en bus pour venir assister au match et soutenir l’équipe, c’est génial.
Quel type de président êtes-vous ?
Dans ma vie professionnelle, j’ai toujours délégué. Mon travail, c’est d'être bien entouré. Je suis très bien entouré au club avec Lausséni Sangaré, un super entraîneur, et Cherif Djema. Je n’oublie pas tous nos bénévoles qui donnent pour le club. Je ne suis pas au club tous les jours, et je ne "micro-manage" pas. J'ai une vraie passion pour les sportifs. Je suis un homme d’affaires et j'essaie de rendre l’entreprise la plus saine possible.
Manager un club ou une entreprise, est-ce différent ?
Rien ne change dans mon approche. Je m'entoure avec soin et dans la confiance. On se retrouve pour décider et avancer ensemble dans les entreprises comme dans un club de foot. Dans le milieu du foot, il y a plus de "blabla" par rapport au monde des affaires ou c’est moins le cas.
Votre équipe est 3e au classement N2 alors qu'elle est promue, rêvez-vous d’une belle fin de saison en haut de tableau ?
Oui, il faut toujours rêver. C’est ce qui nous permet d’avancer et de construire les moyens de nos ambitions. Il faut rester humble pour travailler. On fera les comptes à la fin.
Où se jouera le match retour face aux Girondins le 2 mai prochain ?
Au stade Jean Dauger (stade historiquement dédié au rugby, NDLR). La pelouse du Stade Jean Dauger est hybride, et ça nous permettra de nous tester. On pourrait tout à fait jouer chaque samedi dans ce stade. Mon rêve, c’est de partager un jour le coût d’entretien de la pelouse avec président de l’Aviron Bayonnais rugby, Philippe Tayeb. J’ai de très bonnes relations avec lui.
*Depuis sa tentative de rachat du club bordelais en 2024, Santiago Cucci et Michaël Benabou ont investi notamment dans la société IKKS.À lire >> Bordeaux–Bayonne : inquiétude autour de Steve Shamal et Abou Ba côté Girondins
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