« Cela rappelle Calciopoli en 2006 » : la grosse inquiétude d’un ancien arbitre italien sur le nouveau scandale qui secoue la Serie A | OneFootball

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·27 avril 2026

« Cela rappelle Calciopoli en 2006 » : la grosse inquiétude d’un ancien arbitre italien sur le nouveau scandale qui secoue la Serie A

Image de l'article :« Cela rappelle Calciopoli en 2006 » : la grosse inquiétude d’un ancien arbitre italien sur le nouveau scandale qui secoue la Serie A

Comme le raconte La Stampa, huit ans après son éviction de la CAN, officiellement pour des raisons techniques, Claudio Gavillucci sort du silence dans un contexte explosif. Celui que l’on surnommait « l’arbitre anti-racisme » n’est « pas surpris » par les révélations qui secouent actuellement l’arbitrage italien. Une affaire faite de soupçons d’ingérences, de désignations orientées et de manque d’indépendance, qui ravive un spectre bien connu dans la péninsule : celui de Calciopoli.

Installé en Angleterre où il continue d’arbitrer chez les amateurs, Gavillucci dit d’abord « être très peiné sur le plan humain pour Gianluca Rocchi et Andrea Gervasoni », mais il ne cache pas son inquiétude face à un système qu’il juge profondément défaillant. « Ce n’est pas une question d’individus : c’est tout le système qui devrait être remis en cause », martèle-t-il.


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Au cœur de ses critiques, une absence d’autonomie du corps arbitral. « Il s’agit d’un système qui ne garantit pas une pleine autonomie technique. L’élection du président de la FIGC dépend du soutien des composantes fédérales, elles-mêmes constituées de clubs qui sont ensuite arbitrés. » Une mécanique qu’il juge viciée à la base, et qui, selon lui, empêche toute réelle indépendance. « En Italie, chaque changement semble surtout servir à ce que rien ne change réellement. »

L’ancien arbitre pointe également du doigt un recul préoccupant de l’AIA, tant sur le plan technique qu’économique. « À la longue, avec ce système, un court-circuit devait finir par se produire », prévient-il, presque fataliste.

Mais ce sont surtout les soupçons d’interférences et de pressions qui alimentent la polémique. Notamment autour de la salle VAR de Lissone, aujourd’hui au centre de nombreuses interrogations. « À mon époque, la salle VAR dans les stades était totalement inaccessible. Personne ne pouvait entrer ni sortir pendant un match. Aujourd’hui, vu la configuration, il est facile d’imaginer qu’il puisse y avoir davantage d’interactions avec l’extérieur », glisse-t-il, laissant planer le doute sans accuser directement.

Autre point brûlant : celui des désignations d’arbitres supposément « appréciés » par certains clubs. « Si cela était confirmé, ce serait extrêmement grave », insiste-t-il. Mais au-delà des faits précis, c’est une pratique devenue banale qui l’alarme : « Le président fédéral pouvait appeler directement le désignateur, comme Rocchi, après des erreurs arbitrales, même graves. Cela ne devrait jamais arriver. Il devrait passer par le président de l’AIA. »

Une habitude qui, selon lui, mine la crédibilité du système. « Sur quelle base le président de la FIGC appelle-t-il pour discuter d’une erreur et pas d’une autre ? Ce mécanisme dessine un système qui n’est ni transparent ni indépendant. »

Et la comparaison tombe, lourde de sens dans le football italien : « Cela rappelle le mécanisme qui a conduit à l’explosion de Calciopoli en 2006. »

Dans un climat déjà tendu, ces propos jettent un peu plus d’huile sur le feu. Car au-delà des cas individuels, c’est bien la structure même de l’arbitrage italien qui est aujourd’hui remise en question. Et pour Gavillucci, le constat est clair : sans une réforme profonde garantissant une réelle autonomie, le risque de revivre un nouveau Calciopoli n’a jamais été aussi élevé.

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