Le 11
·15 février 2026
« C’est la première fois que je vis cette situation », l’embarras de Bruno Genesio après LOSC – Stade Brestois

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·15 février 2026

Tenu en échec par le Stade Brestois (1-1), samedi à l’occasion de la 22e journée de Ligue 1, le LOSC a enchaîné un sixième match de suite en championnat sans victoire. Une série unique dans la carrière d’entraîneur de Bruno Genesio, qui cherche activement les solutions pour débloquer « le frein mental » de ses joueurs. Entretien.
Oui, j’ai l’impression qu’après beaucoup de matchs, je répète les mêmes choses en conférence de presse. Je pourrais presque vous donner mes propos des derniers matchs et puis les reprendre. Je pense qu’on a fait une bonne première mi-temps, en tout cas au moins 35 minutes de très bonne facture avec de la variété dans notre jeu. On a essayé de varier sur le jeu court, sur le jeu combiné, des centres, on s’est créé des occasions. Malheureusement on n’a pas marqué, mais dans ces moments-là ce que je regrette c’est notre début de deuxième mi-temps, où on s’est un petit peu empêtrés à vouloir tenter des choses trop difficiles. On a donné un ou deux ballons de récupération à cette équipe de Brest et sur une des pertes de balles, alors qu’on avait déjà eu un ou deux avertissements avant, on a été sanctionné. Après vous êtes obligés de courir après le score, ce qui nous arrive trop souvent depuis ce début de l’année. C’est difficile face à une équipe qui est bien regroupée, bien organisée, qui sent qu’elle peut faire quelque chose, c’est difficile de gagner. On a su revenir, c’est un moindre mal, mais ce n’est pas suffisant évidemment.
C’est difficile, c’est la première fois que je vis cette situation en tant que coach. Ça fait 10 ans que je suis coach numéro 1, et c’est la première fois que ça m’arrive d’avoir une série comme ça de résultats difficiles. Concernant l’animation offensive, on a aussi quand même, nous les coachs, une responsabilité puisqu’on travaille, mais pas suffisamment apparemment. Je pense qu’il y a beaucoup de choses qui se passent au niveau mental en ce moment, et on le voit dans la frustration que peuvent dégager les joueurs lorsqu’ils ratent une occasion ou lorsqu’on manque de réussite. C’est surtout, je pense, dans ce domaine-là qu’on va devoir énormément travailler pour retrouver notre efficacité.
Je ne sais pas, c’est difficile de le savoir. La meilleure première période, je ne sais pas. Je trouve qu’à Lyon, on avait fait aussi pas mal de bonnes choses, peut-être encore plus sur la continuité du match, même si le résultat n’était pas favorable. C’est vrai que c’était une bonne première mi-temps, avec de l’énergie, avec de la variété dans notre jeu, avec, encore une fois, beaucoup de ballons touchés dans la surface, beaucoup d’occasions créées. Maintenant, le plus difficile, c’est de marquer les buts, et en ce moment, c’est ce qui nous fait un peu défaut. On garde quand même une solidité défensive, même si souvent on encaisse un but. Il faut continuer à travailler, surtout ne pas lâcher, garder la confiance, garder cette envie de créer du jeu, gommer un petit peu les imprudences et les prises de risques inutiles qu’on peut prendre dans certaines zones de jeu, pour éviter justement d’offrir des occasions à nos adversaires.
Là, c’est plus difficile, parce qu’on va rejouer jeudi et dimanche, donc les entraînements, c’est plutôt de la récupération pour ceux qui jouent, un travail de vidéo. Je crois surtout que ça va être de laver les têtes. J’ai vu en première mi-temps, même si on a fait une bonne première mi-temps, qu’il y avait des frustrations parce qu’on n’a pas réussi à ouvrir le score. Il faut qu’on lutte contre ça. C’est difficile, parce que c’est frustrant de répéter le même genre de match et de faire les mêmes constats d’après match, journée après journée.

Bruno Genesio (Dave Winter/FEP/Icon Sport)
Il faut absolument qu’on garde le cap de ce qu’on fait. Je suis persuadé qu’il y aura un déclic à un moment donné.Bruno Genesio, entraîneur du LOSC.
Il faut absolument qu’on garde le cap de ce qu’on fait, pas toujours très bien depuis le début de l’année, mais quand même, la plupart du temps, plutôt bien, parce que je suis persuadé qu’il y aura un déclic à un moment donné et que ça va tourner. Si on enlève le match de Strasbourg, où j’assume pleinement le résultat par rapport à la composition et le système, il y a plein de bonnes choses dans le jeu depuis ce début d’année dans quasiment tous nos matchs. Mais c’est sûr que ce qui compte dans le foot de haut niveau, ce sont les résultats. Les résultats ne sont pas là. A nous de faire l’abstraction de tout ce qu’on peut lire ou entendre pour se concentrer vraiment sur ce qu’on doit améliorer, mais aussi être lucide sur ce qui fonctionne encore bien depuis quelques temps.
Après le match, il y a toujours une période difficile, parce que lorsque vous êtes entraîneur de haut niveau, ce qui vous anime c’est de gagner. Il y a plusieurs choses qui nous animent, faire progresser l’équipe, faire progresser les joueurs individuellement et gagner. Et forcément, quand cette troisième possibilité n’est pas là, on vit très mal. Je vais passer une mauvaise nuit. Et puis demain (dimanche), je suis déjà dans ce que je vais dire aux joueurs, dans ce que je vais faire pour jeudi, dans ce qu’on doit encore, comment on peut, je parlais de l’aspect mental, aider les joueurs à casser ce frein, j’ai l’impression qu’il y a un frein devant le but. C’est notre job.
C’est toujours d’abord la déception, la frustration, la colère, ça peut être plein de sentiments différents. Et puis, dès le lendemain, il y a la remise en cause et il y a la projection sur le match d’après et sur tout ce que vous devez mettre en place avec votre staff, avec vos joueurs pour les aider, parce que c’est notre rôle. On aime mieux quand ce sont des séries de victoires, comme c’était le cas avant la trêve. Mais ça fait partie aussi de notre job et c’est aussi là où nous, coach, on doit garder du recul, on doit garder une analyse froide et non pas liée uniquement aux résultats. C’est ce qui est le plus important.
Propos recueillis par Enzo PAILOT avec Romain PECHON
Crédits photo : Hugo Pfeiffer/Icon Sport









































