Lucarne Opposée
·19 mai 2026
Colombie – Liga BetPlay 2026 : un beau dernier carré

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·19 mai 2026

Pas de grandes surprises lors de ces quarts de finale retour, l’Atlético Nacional et Santa Fe ont signé des larges succès, Tolima a contrôlé. Seul Junior s’est fait quelques frayeurs et peut remercier son gardien qui a stoppé un pénalty à la dernière seconde.
On attendait le leader de la phase régulière, l’Atlético Nacional, lors de cette nouvelle compétition. Nouvelle compétition parce que les compteurs sont remis à zéro au moment d’entrer dans la phase à élimination directe où le huitième de la phase régulière peut terminer champion. Le huitième, International de Bogotá, était justement l’adversaire de l’Atlético Nacional. Le club de la capitale a profité des faux-pas du DIM et de Millonarios, battus tous les deux, pour prendre la dernière place qualificative. La défaite du DIM a donné lieu à une scène incroyable puisque Raúl Giraldo, l’actionnaire majoritaire du club, alors qu’il rentrait aux vestiaires sous les sifflets a trouvé que c’était une bonne idée de lever les poings comme s’il venait de gagner, a fait le signe de l’argent et a même sorti des billets. Des gestes qui n’ont pas plu et il s’est excusé et a promis de se faire discret.
Pour en revenir au match, le club verdolaga a été malmené sur la pelouse du Techo (il était question un moment de jouer au Campín histoire d’avoir un peu plus de billetterie) et a même concédé l’ouverture du score après une belle frappe de Ian Poveda, joueur passé par Leeds et Sunderland. Secoué, le double vainqueur de la Libertadores a profité d’une énorme erreur du portier bogotano, une Mickaël Landreau 2009 à Kiev, sous les yeux en tribune d’un Wuilker Fariñez médusé et blessé. Équilibré, ce match a basculé à vingt minutes de la fin grâce à ses deux joueurs majeurs dans le secteur offensif. Alfredo Morelos a parfaitement lancé Juan Manuel Rengifo. La révélation du centre de formation (il est arrivé à treize ans au club) a parfaitement croisé sa frappe du gauche pour sceller le sort du match.
Déjà vainqueur à l’aller, l’Atlético Nacional devait passer une soirée tranquille. Ça a été bien plus que cela avec une véritable démonstration de force face à une équipe de l’International de Bogotá qui a été dépassée après la pause. Pourtant ce sont les joueurs de la capitale qui ont le mieux commencé avec Juan David Valencia qui, avec la réussite, a remis son équipe à hauteur sur les deux matchs. Et si le match a semblé équilibré pendant la première période le club verdolaga a passé la vitesse supérieure en cinq minutes avant la pause. Simón García a égalisé sur un but très « Arsenal » sur corner avec une énorme densité devant le gardien, inscrivant ainsi son premier but en professionnel. Toujours sur corner, Mateus Uribe a permis à son équipe de prendre les devants en coupant de la tête au premier poteau. Un but « basileboliesque » un soir de mai 1993. La deuxième période a été un cavalier seul du club le plus titré du football colombien. À peu près tout le secteur offensif y est allé de son but d’Alfredo Morelos à Edwin Cardona en passant par Chicho Arango ou Andrés Sarmiento. Simón García s’est même offert un doublé. Ce large succès va surtout faire du bien à Diego Arias qui a souvent été critiqué depuis son arrivée sur le banc.
En demi-finale, le club verdolaga croisera Tolima. Opposé à Pasto, Tolima n’est pas passé loin de la correctionnelle en début de match aller avec des erreurs qui ont offert deux grosses situations aux visiteurs, avant de revenir dans le match et frapper juste avant la pause grâce à Luis Sandoval. La deuxième période a été nettement moins animée que la première et ce score de 1-0 semblait presque convenir aux deux équipes qui attendaient donc le retour pour se départager définitivement. À Pasto, Tolima a parfaitement contrôlé le match retour. Un but de Jersson González à la demi-heure de jeu et un de Tatay Torres dans le temps additionnel de la deuxième période ont permis au Deportes Tolima d’aller une nouvelle fois dans le dernier carré contre un adversaire qui a joué à dix pendant toute la dernière demi-heure. L’après-match a lui aussi donné lieu à des scènes inadmissibles avec des individus qui sont entrés sur le terrain au coup de sifflet final pour en découdre avec des joueurs. Sur une vidéo on voit clairement un joueur donner un coup de pied à un excité sur le terrain. En conférence de presse après la rencontre Lucas González n’a pas non plus manqué d’envoyer un scud à son homologue de Pasto en expliquant que selon lui : « les entraineurs ne devraient pas être les protagonistes, ça devrait être les joueurs et les entraineurs on devrait se centrer sur aider les joueurs sans s’occuper des adversaires. Malheureusement ici à Pasto on s’est perdu en chemin. C’est dommage que l’entraineur ne se concentre pas uniquement sur la tactique et qu’il dévie sur d’autres choses pour que ça se termine avec des comportements comme ceux vus après le coup de sifflet final ».
L’autre partie du tableau voyait l’América affronter Santa Fe. Dans un Pascual Guerrero bien rempli, les deux équipes n’ont pu se départager à l’aller à l’issue d’une rencontre dans laquelle si l’on additionne l’âge des deux buteurs on arrive à bientôt quatre-vingt-un ans. L’éternel Hugo Rodallega a ouvert le score après moins de dix minutes. Le capitaine de Santa Fe a parfaitement devancé la sortie du gardien et la course de son défenseur pour couper le centre de Christian Mafla. Plus pressant, le club cardinale aurait même pu doubler la mise avant la pause mais s’est heurté à un Jean Fernandes présent dans les buts. La Mecha a répondu dès le retour des vestiaires par Adrián Ramos qui a remis les deux équipes à égalité en coupant de la tête au premier poteau un corner. L’ancien joueur de Dortmund a eu des opportunités de s’offrir un doublé, mais il s’est montré moins adroit devant le but. Le suspense était donc total en vue du retour.
Au lieu de cela, on a assisté au récital d’Hugo Rodallega. Pourtant équilibrée, cette rencontre a basculé sur une incroyable passe en retrait manquée de Rafael Carrascal qui a trouvé Nahuel Bustos. L’Argentin a profité de l’incroyable alignement en file indienne de la défense pour trouver Hugo Rodallega seul. L’ancien attaquant de Wigan ne s’est pas privé pour convertir cette offrande en but grâce à une astucieuse balle piquée. Juste avant la pause, le capitaine de Santa Fe s’est offert un doublé. Alors qu’on attendait une réaction des joueurs de David González au retour des vestiaires c’est le club cardinale qui a enfoncé le clou avec une action collective Rodallega-Frasica-Bustos. De quoi se demander pourquoi Pablo Repetto a aussi peu utilisé l’ancien de Talleres lors de la phase du « todos contra todos ». Un dernier but de Rodallega, qui s’est donc offert un triplé, a encore un peu plus corsé l’addition et c’est tout son équipe qui a fait un tour de force. Côté América, le retour a été plus que houleux. Jeudi, des membres d’une des barras du club, la Barón Rojo Sur, sont entrés au centre d’entraînement pour en découdre avec les joueurs. Bilan, deux joueurs ont (ou auraient selon les versions) été légèrement touchés. Des faits gravissimes bien évidemment.
Il ne restait donc plus qu’à connaître l’identité du dernier invité. Vainqueur à l’aller sur le terrain de l’Once Caldas, les joueurs d’Alfredo Arias ont ayant profité d’une de défense du Blanco Blanco mal inspirée et qui a concédé un pénalty largement évitable transformé par Guillermo Paiva, Junior avait les cartes en main pour terminer le travail à la maison. Il a fallu cependant que Mauro Silveira s’y colle au bout du temps additionnel en sortant le pénalty de Dayro Moreno pour éviter une séance de tirs au but. Mal payés à l’aller, les joueurs de l’Once Caldas ont commencé fort ce retour par une frappe imparable d’une bonne vingtaine de mètres de Pipe Gómez après avoir mis Fabián Ángel sur les fesses. Largement bougés, les joueurs d’Alfredo Arias s’en sont remis à un but acrobatique de Lucas Monzón, le deuxième de sa carrière et donc le premier avec Junior, pour revenir à hauteur. Et quand Cristian Barrios a marqué le deuxième but du club de Barranquilla après l’heure de jeu on pensait l’affaire pliée. Mais c’était sans compter sur Lucas Monzón. Héros de la première période et alors qu’il venait d’être élu homme du match, il a malencontreusement dévié dans son but un centre fort de Pipe Gómez. La fin de match s’est tendue, l’air devenant irrespirable quand ce même Monzón a bousculé Dayro Moreno dans les airs. L’homme aux trois cents quatre-vingt-trois buts, meilleur buteur colombien de l’histoire, n’avait plus manqué dans cet exercice depuis deux ans. Et pourtant le portier uruguayen a renvoyé sa tentative. Beau joueur, le tireur a félicité le gardien après le match. Alfredo Arias serait bien inspiré de le faire lui aussi parce qu’une élimination à ce stade de la compétition combinée à la dernière place du groupe en Libertadores aurait signifié la fin de son aventure.







































