Comment Florentino Pérez a renforcé le Real Madrid avec ces élections anticipées | OneFootball

Comment Florentino Pérez a renforcé le Real Madrid avec ces élections anticipées | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: Le Journal du Real

Le Journal du Real

·9 juin 2026

Comment Florentino Pérez a renforcé le Real Madrid avec ces élections anticipées

Image de l'article :Comment Florentino Pérez a renforcé le Real Madrid avec ces élections anticipées

Le 12 mai 2026, lors d'une conférence de presse tendue où il est venu pour en découdre, Florentino Pérez lâche une bombe : il convoque de nouvelles élections anticipées et se présente. « Je suis au regret de vous annoncer que je ne démissionnerai pas », martèle-t-il. Une phrase adressée à ses détracteurs pour les narguer. Rétrospectivement, cette décision, prise dans l'un des moments les plus sombres de sa présidence, est peut-être la plus intelligente de toute sa carrière à la tête du club.

  1. À lire aussi : Mourinho : une faim de réussir et un défi ultime à accomplir

Un club au bord du gouffre institutionnel

Pour comprendre ce que représentait ce choix, il faut revenir sur la saison que venait de traverser le Real Madrid. Deux ans sans titre. Un mercato estival 2024 raté sur le plan collectif malgré l'arrivée de Mbappé. Xabi Alonso recruté en grande pompe en mai 2025 pour incarner une nouvelle ère, puis licencié six mois plus tard au lendemain d'une défaite en finale de Supercoupe d'Espagne contre le Barça.


Vidéos OneFootball


Et pour le remplacer dans l'urgence, Álvaro Arbeloa, entraîneur du Castilla, propulsé sur le banc de l'équipe première avec 24 heures pour préparer un huitième de finale de Coupe du Roi à Albacete. Le Real Madrid, le plus grand club du monde, est battu à Albacete en Coupe du Roi. La chute était vertigineuse.

Dans ce contexte, le Bernabéu avait répondu. Lors du match contre Levante en janvier, des « Florentino démission » avaient résonné dans les tribunes, face à Getafe également, accompagnés de mouchoirs blancs brandis par les supporters.

Plus tard dans la saison, un supporteur avait déployé une banderole « Florentino, va-t-en tout de suite » lors d'un match contre Oviedo, immédiatement confisquée par le service de sécurité du stade. L'image était saisissante : le club qui avait confisqué une banderole critique de son propre président, dans son propre stade. La tension entre l'institution et une partie de son public avait rarement atteint ce niveau depuis des années.

C'est dans ce terreau de contestation que les adversaires de Florentino Pérez ont commencé à s'organiser. Lors de sa conférence de presse du 12 mai, le président a évoqué des « campagnes pour générer un courant d'opinion contre les intérêts du Real Madrid et contre lui personnellement ». Il n'a pas nommé de noms, mais le message était clair, il avait identifié les manœuvres, et il avait choisi d'y répondre offensivement plutôt que d'attendre d'être affaibli davantage.

Une victoire en trompe-l'œil, mais une victoire

Le 7 juin, Florentino Pérez remporte les élections avec 65% des voix face à Enrique Riquelme. Un résultat qui, à première lecture, pourrait sembler décevant pour un président habitué aux plébiscites. Ses six mandats précédents sans opposition lui avaient épargné toute confrontation directe dans les urnes, et ses deux victoires électorales en 2000 et 2004 avaient été obtenues à des périodes moins turbulentes. 65% contre 35%, dans ce contexte-là, c'est une performance remarquable. Mais les chiffres ne racontent pas tout.

Car Riquelme, il faut lui rendre cette justice, avait mené une campagne offensive en peu de temps. Raúl comme directeur sportif, Hierro à la tête de La Fábrica, Klopp comme entraîneur, Haaland et Rodri comme recrues. Des promesses fracassantes, garanties devant notaire selon ses propres mots, avec une mise de fonds personnelle de 15 millions d'euros si les deux joueurs ne rejoignaient pas le club.

Malheureusement pour lui, les démentis des entourages de Haaland et de Klopp lui ont fait perdre beaucoup de points. Manchester City a même brandi la menace de poursuites judiciaires pour l'utilisation de l'image de Haaland à la télévision espagnole. Le niveau de bruit généré par la candidature Riquelme n'avait rien d'anodin. Et pourtant, quand les socios ont glissé leur bulletin dans l'urne, deux personnes sur trois ont choisi Florentino Pérez.

Cependant, la nuance est qu'une partie de ces votes pour Riquelme ne représentaient pas pour autant une adhésion au projet du candidat alicantain. Ils ont voté contre Florentino. Contre deux saisons sans titre, contre le licenciement de Xabi Alonso, contre l'impression d'un club géré dans l'opacité. Ce vote protestataire est réel, et il dit quelque chose d'important sur l'état du lien entre le président et une fraction de sa base. Florentino Pérez le sait. Et c'est précisément pour ça que la suite de son comportement est si significative.

La mécanique de la reconquête

Ce qui a changé avec les élections, c'est la dynamique. Florentino Pérez contraint de se battre pour sa légitimité a produit quelque chose de très différent du Florentino Pérez de ces dernières années. En quelques jours, le mercato s'est mis en mouvement avec une intensité qu'on n'avait pas vue depuis des années. Konaté libre, Dumfries pour 20 millions, des gros noms en plus dans le secteur défensif et l'annonce fracassante d'une offre à 150 millions d'euros pour un galactique, confirmé comme étant Michael Olise.

La campagne électorale a eu un effet positif sur Pérez : elle l'a contraint à accélérer les démarches de recrutement. Les décisions qui auraient pu traîner pendant l'été se sont imposées avec urgence. Les noms qui circulaient dans les couloirs sont devenus des annonces publiques. Le Real Madrid, paralysé depuis deux saisons par une succession de choix sportifs inefficaces, s'est remis en mouvement avec une clarté qu'il n'avait plus depuis longtemps.

Il faut aussi mesurer ce que les élections ont apporté sur le plan politique interne. En forçant ses adversaires à sortir du bois, Florentino Pérez a pu identifier qui travaillait dans l'ombre à sa chute, qui soutenait quelle candidature, quels médias portaient quelle ligne. « Depuis lors, nous connaissons tout le monde et leurs positions, et cela apporte de la sérénité », a-t-il déclaré à Pedrerol le soir de sa victoire. Une phrase courte qui cache une réalité : Pérez connaît maintenant le rapport de forces précis au sein de son club et dans son écosystème médiatique. Un avantage considérable pour gouverner les quatre années à venir.

Les élections anticipées de Florentino Pérez étaient une stratégie convoquée au bon moment, du fait qu'elles ont court-circuité une opposition qui ne s'était pas encore organisée, transformé une crise en mandat renouvelé, et mis le président dans une position où l'inaction n'était plus possible. Que ce soit par calcul ou par instinct, le résultat est là : le Real Madrid entre dans l'été 2026 avec un entraîneur, un mercato déjà actif, et un président qui a retrouvé sa raison d'être.

À propos de Publisher