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·20 mai 2026

Comment Mourinho compte utiliser son passé au Real Madrid pour reprendre le contrôle du vestiaire

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Il y a une constante dans la carrière de José Mourinho, une ligne directrice qui traverse les clubs, les époques et les continents : personne n'échappe à son autorité. Ni les capitaines, ni les stars. Quand le Special One pose ses valises quelque part, la hiérarchie se réécrit, les certitudes volent en éclats, et les stars apprennent rapidement que le talent seul ne suffira pas à garantir une place dans le onze. Le Real Madrid l'a vécu de 2010 à 2013 et doit le vivre en 2026 pour retrouver de l'ordre.

La question n'est donc pas de savoir s’il sera capable de gérer un vestiaire de galactiques. Il l'a déjà fait, dans des circonstances au moins aussi complexes. La vraie question est de savoir comment il va le faire et qui, parmi les stars actuelles, sera le premier à faire les frais de la méthode Mourinho.


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Les leçons du premier passage : tout le monde y est passé

Pour mesurer ce qui attend le vestiaire madrilène, il suffit de relire l'histoire dans ses détails les plus crus. Lors de son premier passage au Real Madrid, Mourinho a eu des accrochages avec presque toutes les grandes figures du club.

Le cas le plus emblématique reste celui d'Iker Casillas. En décembre 2012, le capitaine légendaire du club est placé sur le banc au profit d'Antonio Adán, puis écarté définitivement lorsque Mourinho fait signer Diego López en janvier 2013.

L'explication du Portugais en conférence de presse est restée dans les mémoires : « Pour moi, Diego López me plaît plus comme gardien qu'Iker Casillas, c'est simple. Il joue bien avec les pieds, sort sur les centres, maîtrise l'espace aérien. Iker est un phénomène entre les poteaux, mais j'aime un autre type de gardien ».

Casillas lui-même a confié des années plus tard que la rupture s'était construite progressivement entre eux. Treize ans plus tard, à l'annonce du retour de José Mourinho, l'ancien gardien a publié sur ses réseaux sociaux : « Je n'ai aucun problème avec Mourinho. C'est un grand professionnel. Je ne le veux pas au Real Madrid. Je crois que d'autres entraîneurs seraient mieux qualifiés pour le club de ma vie ». La blessure, visiblement, n'a pas tout à fait cicatrisé.

Mesut Özil avait lui aussi souffert de la méthode Mourinho, d'une façon qui avait défrayé la chronique. Lors d'un match en Liga, le Portugais l'avait réprimandé sèchement dans le vestiaire à la mi-temps, le qualifiant de « pleureuse » avant de le laisser aux vestiaires pour la seconde période.

Ce qui s'était passé ensuite était devenu l'une des anecdotes les plus symboliques de cette ère : Sergio Ramos, en signe de solidarité avec son coéquipier, avait disputé toute la seconde période avec le maillot d'Özil enfilé sous le sien, espérant lui dédier un but mais en vain.

Sergio Ramos lui-même n'avait pas été épargné. Après des déclarations en zone mixte jugées trop critiques à l'égard du staff à la suite d'une défaite contre Séville, Mourinho avait répondu par les actes : pour le match d'ouverture en Ligue des champions, il avait préféré titulariser un certain Raphaël Varane, 18 ans à peine, laissant le capitaine sur le banc.

Un vestiaire 2026 encore plus explosif

Ce que José Mourinho va trouver en arrivant à Valdebebas est, à bien des égards, plus complexe que ce qu'il avait trouvé en 2010. L'effectif actuel n'est pas seulement peuplé de stars, il est fracturé, et les failles sont profondes. La bagarre physique entre Federico Valverde et Aurélien Tchouaméni, révélée par Marca, symbolise un vestiaire où les tensions ont franchi le stade des désaccords pour atteindre celui des actes.

L'altercation entre Álvaro Carreras et Antonio Rüdiger, confirmée par l’Espagnol lui-même, ajoute une couche supplémentaire. Les déclarations de Kylian Mbappé en zone mixte après sa mise sur le banc contre Oviedo ont confirmé que les guerres internes ne se limitent pas à des anecdotes de couloir. Elles existent, elles sont profondes, et elles ont gangrené une saison entière. Dani Ceballos, selon plusieurs sources, aurait même coupé tout lien avec Arbeloa. Le tableau est sombre.

La sortie progressive des figures qui avaient historiquement stabilisé le vestiaire, Ramos, Marcelo, Benzema, Nacho, Modrić, et maintenant Carvajal, a laissé un vide d'autorité que ni Xabi Alonso ni Arbeloa n'ont su combler. C'est précisément dans ce vide que Mourinho est appelé à s'engouffrer. Le Real Madrid ne lui demande pas seulement de gagner des matchs. Il lui demande de reconstruire une hiérarchie.

Dans ce contexte, le dossier Mbappé-Vinicius sera son premier grand test. Deux égos, deux visions du jeu, deux leaders qui n'ont jamais vraiment trouvé leur équilibre commun. Lors de son premier passage, Mourinho avait réussi à faire cohabiter Benzema et Cristiano Ronaldo, deux stars aux profils très différents, en définissant clairement qui faisait quoi et dans quel cadre.

Benzema, galactique de Florentino à son arrivée, n'avait pas non plus échappé au banc à certaines occasions, Adebayor lui ayant été préféré. Il devra reproduire ce travail d'orfèvre avec des joueurs encore plus médiatisés, encore plus exposés, encore plus susceptibles de faire de l'ombre à leur propre entraîneur s'il n'impose pas son cadre dès les premiers jours.

Courtois, Huijsen et la recherche d'un noyau dur

Mourinho ne s'appuie jamais sur l'autorité seule. Il construit toujours, en parallèle, un noyau dur, un groupe de joueurs sur lesquels il s'appuie pour faire passer ses messages, tenir la cohésion et incarner ses valeurs sur le terrain. En 2010, ce noyau avait été formé par Pepe, Arbeloa, Khedira, des travailleurs, des guerriers, des hommes de confiance qui ne lui ont jamais fait défaut. La star absolue du milieu, Modrić, n'était arrivée qu'en troisième année, lors de la dernière campagne du Portugais.

Cette fois, deux joueurs issus de son passé pourraient jouer ce rôle de relais. Thibaut Courtois, d'abord avec qui Mourinho a travaillé à Chelsea. Le gardien belge, confirmé comme pilier indiscutable du projet, est l'un des rares cadres du vestiaire actuel à combiner le respect de ses coéquipiers et une relation de confiance préexistante avec le nouvel entraîneur.

Avec le départ de Carvajal, il figure parmi les leaders naturels pour endosser le brassard de capitaine, bien que la politique d'ancienneté pour le brassard n'ait pas l'intention de changer. Dean Huijsen, ensuite, croisé à la Roma lors de la saison 2023-2024, connaît déjà la méthode et les exigences du Portugais. Son profil de défenseur central solide, discipliné et à l'écoute, correspond à ce que Mourinho cherche dans un défenseur de confiance.

Le choix de ses hommes de confiance sera un signal fort. Mourinho a toujours su les utiliser comme un moyen de management autant qu'un moyen de les récompenser. Les hommes que le Special One décidera d'élever au rang d'intouchables dans un vestiaire où, par définition, personne ne l'est vraiment, seront comme les véritables leaders de l'équipe.

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