OnzeMondial
·31 juillet 2026
Côte d'Ivoire : Emerse Faé, le champion d'Afrique, quitte le banc des Éléphants

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Deux ans après avoir offert la Coupe d'Afrique à la Côte d'Ivoire, Emerse Faé s'en va. La Fédération ivoirienne a annoncé le non-renouvellement de son contrat, arrivé à échéance ce vendredi. La fin d'une aventure au bilan flatteur, mais entourée de débats.
C'est la fin d'un cycle pour le football ivoirien. Ce vendredi 31 juillet, la Fédération ivoirienne de football (FIF) a officialisé, par un communiqué signé de son président Yacine Idriss Diallo, le non-renouvellement du contrat d'Emerse Faé, arrivé à son terme. L'instance a salué « l'engagement, le professionnalisme et les services rendus » par le technicien de 42 ans, dont les résultats « demeureront une part importante de l'histoire récente du football ivoirien ». Un hommage appuyé pour celui qui restera comme l'homme du sacre continental de 2023.
Le natif de Nantes laisse un bilan des plus honorables. Nommé en cours de CAN 2023 pour remplacer Jean-Louis Gasset, il avait mené les Éléphants au titre à domicile, avant d'être confirmé dans ses fonctions en février 2024. Depuis, l'ancien joueur du FC Nantes et de Nice affiche 25 victoires, 4 nuls et 7 défaites, et surtout une qualification pour le Mondial 2026, la première du pays depuis douze ans, obtenue sans encaisser le moindre but lors des éliminatoires. Lors de la Coupe du monde, la Côte d'Ivoire a même franchi pour la première fois de son histoire la phase de groupes, avant de s'incliner en seizièmes de finale face à la Norvège (2-1).
Derrière ce bilan flatteur, la fin de règne de Faé s'est jouée dans un climat bien plus trouble. Ces dernières semaines, son avenir a fait l'objet d'intenses débats au sein de la FIF, entre partisans de son maintien et détracteurs réclamant son départ. Le comité d'urgence de la Fédération avait même envisagé, lors de discussions décrites comme houleuses, de le reconduire provisoirement pour assurer les premières échéances des éliminatoires de la CAN 2027. En cause notamment : l'élection présidentielle de la FIF, prévue le 12 septembre, qui laissait trop peu de temps à une nouvelle direction pour nommer un successeur avant le premier match qualificatif face au Ghana, le 23 septembre.
À ces incertitudes sportives s'ajoute surtout un climat institutionnel particulièrement tendu. La FIF traverse une séquence agitée à l'approche de son assemblée générale élective, fixée au 12 septembre. Le processus électoral, ouvert le 23 juillet, a déjà donné lieu à des contestations, notamment autour du reclassement de certains clubs au sein du collège électoral, élargi de 81 à 89 votants. En coulisses, plusieurs médias ivoiriens et Jeune Afrique ont fait état de médiations ministérielles visant à convaincre le premier vice-président Malick Tohé de renoncer à défier le président sortant Yacine Idriss Diallo, candidat à un second mandat face au président du Racing Club d'Abidjan Souleymane Cissé. Une instance habituée aux crises, elle qui avait été placée sous la tutelle d'un comité de normalisation par la FIFA en 2020, avant l'élection très serrée de 2022, remportée par Diallo pour deux voix seulement, dans un scrutin où Didier Drogba avait été éliminé dès le premier tour.
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