OnzeMondial
·25 juillet 2026
Coupe du monde 2026 : la lettre gênante d'Infantino qui félicite l'Argentine pour son « professionnalisme »

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·25 juillet 2026

Révélée par la presse argentine, une lettre du président de la FIFA salue le parcours et le « professionnalisme » de l'Albiceleste, alors même que la FIFA enquête sur le comportement de ces mêmes joueurs.
Peut-on enquêter sur une équipe et la féliciter chaudement en même temps ? La FIFA a visiblement trouvé le moyen. Alors que l'instance a ouvert une enquête sur l'attitude des Argentins après la finale de Coupe du monde perdue face à l'Espagne, Gianni Infantino a adressé à la fédération argentine une lettre de félicitations dont le contenu a de quoi faire tousser. Le document, d'abord révélé par la presse argentine puis authentifié par le Daily Mail, s'inscrit dans une tradition protocolaire, les trois nations médaillées recevant chacune leur courrier. Mais le choix des mots, lui, interroge sérieusement.
Adressée à Claudio Tapia, le patron du football argentin, la missive multiplie les éloges appuyés. « Je tiens à vous adresser à nouveau mes plus sincères félicitations pour cet important nouveau succès du football argentin », écrit Infantino, avant de vanter « l'atmosphère extraordinaire vécue dans des stades remplis de supporters » et la « magnifique performance de l'Albiceleste ». Le président de la FIFA y salue même un état d'esprit exemplaire : « Ces succès sont toujours le fruit d'un travail constant, du professionnalisme et de l'attention portée aux moindres détails ». Le mot est lâché. Professionnalisme.
Le terme a de quoi surprendre au vu du spectacle offert par l'Argentine. En finale, l'Albiceleste n'a pas cadré la moindre frappe et a multiplié les provocations, avant de tourner ostensiblement le dos au moment où l'Espagne soulevait le trophée. Pire, le coup de sifflet final a donné lieu à une échauffourée impliquant Leandro Paredes, Nahuel Molina ou encore l'adjoint Roberto Ayala, précisément l'incident sur lequel la FIFA a ouvert une procédure. Difficile, dans ce contexte, de lire le mot « professionnalisme » sans y voir une forme d'aveuglement volontaire.
Le reste du tournoi argentin n'avait rien d'un modèle de fair-play non plus. En demi-finale contre l'Angleterre, déjà, les coéquipiers de Messi avaient enchaîné simulations et gestes d'antijeu, tentant même de faire expulser un adversaire, comme ils l'essaieront ensuite avec Cucurella en finale. Surtout, la célébration de cette qualification avait donné lieu à une autre polémique : la banderole « Las Malvinas son Argentinas », comprenez « Les Malouines sont argentines », brandie par plusieurs joueurs. Là encore, la FIFA a ouvert une procédure disciplinaire après les protestations de Londres, son règlement interdisant tout message à caractère politique lors de ses compétitions. Autrement dit, au moment où Infantino signe « avec toute mon amitié », son propre comité de discipline planche sur deux dossiers argentins distincts. En célébrant le « professionnalisme » d'une équipe visée par deux procédures, la FIFA offre un grand écart dont elle seule a le secret. Reste à savoir si les enquêtes seront menées avec la même chaleur que la lettre.
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