Coupe du Monde 2026 : les équipes de la CONMEBOL | OneFootball

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Lucarne Opposée

·12 juin 2026

Coupe du Monde 2026 : les équipes de la CONMEBOL

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Suite et fin des guides de nos équipes présentes à la Coupe du Monde. Place désormais à la zone sud-américaine, celle des terres du champion du monde en titre.

Six équipes venues de la CONMEBOL sont au rendez-vous nord-américain et retrouvent ainsi des terres sur lesquelles elles se sont écharpées il y a deux ans à l’occasion d’une Copa América qui avait servi de test grandeur nature et avait déjà permis de pointer de nombreux soucis qui n’ont évidemment pas été réglés, voire empirés pour certains. Mais là n’est pas le débat, passons à une revue des forces en présence avec plusieurs sélections qui débarquent en affichant de grandes ambitions.


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Photo : Chung Sung-Jun/Getty Images

Pour son retour dans l’épreuve, le Paraguay veut se souvenir de sa dernière apparition, même si l’évocation du quart de finale de 2010 face à l’Espagne ravive aussi quelques cauchemars, du but refusé à Nelson Haedo Valdez au penalty manqué d’Óscar Cardozo. Mais depuis, les Guaraníes ont subi désillusions sur désillusions, tombant même dans l’anonymat. Jusqu’à l’arrivée de Gustavo Alfaro. Installé au lendemain d’une Copa América totalement manquée qui a vu Daniel Garnero renier ses idées et tomber avec dès la phase de groupes avec un zéro pointé et une sélection plongée dans la tourmente. Au lendemain de celle-ci, Gustavo Alfaro arrive au chevet de la sélection. Et tout change. Alfaro place son système basé sur l’équilibre, profitant des munitions disponibles et s’appuyant sur l’ADN du pays : solide derrière, porté par le duo Gustavo Gómez – Omar Alderete, verrouillé au milieu avec Andrés Cubas, explosif dans sa verticalité en s’appuyant sur des Diego Gómez, Ramón Sosa, Miguel Almirón et Julio Enciso. Les résultats arrivent tout de suite. Et s’enchaînent selon un cycle redoutable : victoires à domicile (face à l’Argentine, au Brésil et à l’Uruguay), nuls en déplacement. Le Paraguay revit, remonte et se qualifie finalement sans grande frayeur. Et arrive désormais en Amérique du Nord avec un solide appétit, placé dans un groupe où il a largement les moyens de s’exprimer de faire mal avec le pays co-hôte, les États-Unis, l’Australie et la Turquie. Et une certitude acquise auprès des suiveurs : toute équipe qui va croiser la route des Guaraníes sera en danger.

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Photo : Edilzon Gamez/Getty Images

Après avoir manqué la dernière édition la Colombie retrouve pour la septième fois la Coupe du Monde. Pour obtenir son billet la sélection colombienne n’a pas eu besoin de forcer son talent malgré un trou d’air après la Copa América 2024. Avec comme principal fait d’arme la première victoire face au Brésil en éliminatoires grâce à un doublé de Luis Díaz sous les yeux de son père qui venait tout juste d’être libéré. Dans cette sélection, on retrouve cinq joueurs qui étaient dans la liste de José Pékerman en 2014 et qui vivront donc leur dernière aventure en sélection. Les gardiens David Ospina et Camilo Vargas, Santiago Arias en défense et les créateurs James Rodríguez et Juan Fernando Quintero. James qui est bien évidemment la principale interrogation vu le peu de temps de jeu dont il a disposé en 2026 (huit bouts de match) mais reste l’une des deux pièces maitresses de Néstor Lorenzo et son niveau physique dictera le parcours de sa sélection. Si Lorenzo s’appuie sur une sélection assez expérimentée (on peut ajouter Dávinson Sánchez, Yerry Mina, Jefferson Lerma, Johan Mojica qui étaient là en 2018), deux joueurs sont particulièrement attendus. Le premier est évidemment Luis Díaz. L’ailier gauche, qui a marqué un but exceptionnel en Argentine en éliminatoires, est la véritable star de cette sélection puisqu’il reste sur un titre de champion d’Angleterre à l’été 2025 et un doublé en Allemagne cette saison en ayant acquis le statut de faire partie des meilleurs à son poste dans le monde actuellement. Le deuxième est Luis Suárez. L’ancien attaquant de l’OM a complètement explosé cette saison au Sporting Club du Portugal. Auteur de trente-huit buts toutes compétitions confondues en club, il s’est installé en pointe un soir de septembre 2025 lorsqu’il est devenu le premier joueur colombien à marquer un quadruplé en sélection. À un poste où aucun joueur ne s’est vraiment imposé sur la durée depuis Radamel Falcao et surtout très exposé et qui a été lourd à assumer pour certains joueurs. Placée dans le Groupe K, la Colombie croisera la route de l’Ouzbékistan, de la République Démocratique du Congo et du Portugal avec deux premiers matchs au Mexique dont le premier face à la sélection asiatique à Mexico et ses 2 200 mètres d’altitude, qui pourrait être un avantage. Ce premier match donnera d’ailleurs le ton parce que cette sélection a montré que lorsqu’elle est en confiance, elle peut vraiment faire mal à pas mal de monde. À l’inverse une contre-performance renverra immédiatement à la période post-finale de la Copa América 2024 ou même aux deux défaites cinglantes du mois de mars. Si ça tourne bien la Colombie a les moyens d’égaler sa meilleure performance en Coupe du Monde, un quart de finale. Difficile d’imaginer beaucoup mieux, mais ce serait un beau dernier tour de piste pour la bande à James.

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Photo :  Ernesto Ryan/Getty Images

La Copa América 2024 a également été un tournant pour l’Uruguay. Après la prise de fonction de Marcelo Bielsa en mai 2023, il y a d’abord eu un frisson. Celui de la première victoire face au Brésil depuis vingt-deux ans en octobre puis celui de la leçon prodiguée au champion du monde argentin à la Bombonera, qui a mis fin à dix années sans succès face au voisin de l’autre rive et a causé la première défaite de l’Argentine depuis son titre. La suite n’a fait qu’attiser ce feu. La Copa América a d’abord été une ode au football pratiqué par la Celeste, avec notamment un Darwin Núñez essentiel et décisif, un formidable équilibre, un Federico Valverde patron de l’entrejeu et une défense imprenable. Et puis, quelque chose a cassé. L’élimination en demi-finales face à la Colombie a planté une graine toxique qui semble s’être répandue. Il y a eu l’affaire Luis Suárez, les déclarations dans la presse, la sensation qu’un groupe implosait. Et si l’Uruguay a quelque peu marqué le coup, il a surtout semblé perdre sa belle parure. La suite des éliminatoires n’a finalement pas fait véritablement trembler, mais on a senti qu’un grain de sable s’était glissé dans la mécanique. Et avec cela, des joueurs ont perdu de leur superbe. En premier lieu Darwin Núñez, seule principale solution pour se positionner seul en pointe, mais qui a joué son dernier match en club en février dernier avant d’être sorti du groupe d’Al Hilal. Ensuite, la blessure de Giorgian de Arrascaeta pose aussi de nombreux maux de tête, le meneur de Flamengo étant le chef d’orchestre de cette Celeste. Reste que le groupe offert aux hommes de Bielsa permet en théorie de monter doucement en régime, de restaurer les forces nécessaires pour aborder la suite. D’autant que se profile un potentiel UruguayArgentine dès les seizièmes de finale…

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Photo : Christian Alvarenga/Getty Images

De son côté l’Équateur a confirmé un nouveau statut fortement renforcé par ses clubs. Seule nation a avoir véritablement bousculé l’Argentine lors de la dernière Copa América, la Tri de Sebastián Becaccece (qui est arrivé après la compétition) a surtout impressionné par son incroyable imperméabilité, n’encaissant que cinq buts en dix-huit matchs d’éliminatoires, donc trois lors des trois premières journées. Protégé par le trio Joel Ordóñez – Piero Hincapié – Willian Pacho, renforcé devant par le duo Alan Franco – Moisés Caicedo, cet Équateur et une formidable machine qui étouffe ses adversaires et les englue dans une toile très collante. Seul défaut, son attaque repose en grande partie sur les qualités de finisseur d’Enner Valencia, même si les dynamiteurs existent, d’Alan Minda à Pedro Vite en passant par Nilson Angulo et Gonzalo Plata. Après la déception que fut l’élimination en phase de groupes en 2022, l’Équateur a changé de dimension et les exigences portées envers la sélection ont fortement grandi. Son groupe lui offre quelques retrouvailles, l’Allemagne croisée en 2006 lors du parcours historique de la sélection, la Côte d’Ivoire pour lui rappeler le danger de croiser une sélection africaine, et un adversaire normalement largement inférieur, Curaçao. De quoi donc envisager une qualification pour les seizièmes, le minimum syndical pour une sélection qui fait désormais office d’épouvantail dans la zone.

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Photo : Wagner Meier/Getty Images

Reste les cas, bien différents des deux géants. Fidèle à ses habitudes quand il ne gagne plus, le Brésil s’est de nouveau tourné vers l’Europe pour redorer son blason. Après avoir navigué en eaux troubles durant la pire campagne d’éliminatoires de son histoire, épuisant Fernando Diniz puis Dorival Júnior, la Seleção est donc passé sous les ordres de Carlo Ancelotti après qui la fédération courait depuis bien des mois. Avec l’arrivée de l’Italien, tout est oublié. En témoigne ce show grandiloquent et parfois gênant précédant la révélation de la liste et qui s’est conclu sous une figure aérienne du blason de la sélection surmonté de six étoiles. Car il est bien question d’espoir désormais après près de trois ans de déprime : celui de décrocher l’hexa. Pour cela, le Brésil n’a pas trouvé de recette miracle, il s’appuie sur son pool d’expérimentés aux joutes européennes, un 4-2-3-1 loin d’être flamboyant mais qui se veut efficace. Ancelotti joue avec des latéraux qui ne sont plus des latéraux à l’esprit brésilien, construit sa défense sur la paire Marquinhos – Gabriel, la protège par l’immortel Casemiro qu’il associe à Bruno Guimarães et s’en remet à quelques exploits de Vinicius Junior pour débloquer la situation au cœur d’un quatuor offensif mouvant et attendant le retour d’un Neymar qui semble tout sauf proche d’y parvenir. En d’autres termes, cette Seleção n’est pas un nouvel apôtre du jogo bonito, elle n’est pas là pour faire rêver ou rappeler l’époque dorée des glorieux ancêtres. Mais elle est bâtie à l’expérience et à la froideur européenne pour aller chercher une étoile.

Photo : Marcos Brindicci/Getty Images

Une étoile que l’Argentine veut également décrocher. À la différence du Brésil, l’Albiceleste a pris le virage du retour à ses racines dès 2019 pour construire son présent et son futur. En reconnectant sa sélection avec son peuple, en retrouvant l’équilibre entre la solidité, le vice et le génie créatif, Lionel Scaloni a bâti une sélection championne du monde et double tenant de la Copa América. Une équipe qui semble aussi invincible qu’elle montre des points de fragilité. Au point d’être difficile à cerner. L’Argentine ne semble parfois pas capable d’accélérer, mais a acquis suffisamment de certitudes collectives pour s’être muée en une machine à dicter le tempo, la Colombie l’a appris à ses dépends en finale de Copa América. Son onze type n’est pas bien différent de celui de 2022, à l’exception de l’immense Ángel Di María, l’interrogation concerne les alternatives qui ne manquent certes pas de qualité, mais semble difficiles à rendre soluble dans ce 4-3-3, semblant contraindre Scaloni à utiliser plusieurs systèmes. L’autre interrogation concerne ensuite son réel niveau, la sélection n’affrontant que des équipes mal classées au classement FIFA, sans doute pour renforcer sa première place. Reste que l’Argentine fait logiquement office de prétendant à la condition aussi de déjouer la malédiction du champion : depuis Brésil 1962, aucun n’a conservé son titre.

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Avec Pierre Gerbeaud (Colombie)

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