OnzeMondial
·20 juillet 2026
Coupe du Monde : Infantino, affaire Balogun, Trump, visas... la face sombre de la FIFA

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·20 juillet 2026

Entre un carton rouge annulé sur un coup de fil de Donald Trump, des arbitres et supporters refoulés aux frontières et une sélection iranienne contrainte à des allers-retours rocambolesques, ce mondial 2026 vire au sommet de la controverse. Retour sur une compétition sous très haute tension politique.
Le scandale a éclaté à quelques heures du huitième de finale États-Unis - Belgique. Expulsé contre la Bosnie-Herzégovine, l'attaquant américain Folarin Balogun aurait dû être suspendu pour la rencontre suivante. Sauf que la commission de discipline de la FIFA a levé sa sanction en invoquant un article du règlement permettant de suspendre une mesure disciplinaire, ouvrant la voie à sa participation. La Fédération belge a immédiatement dénoncé une décision en contradiction directe avec le règlement de la compétition, avant que l'UEFA elle-même ne parle d'une ligne rouge franchie.
Pire encore pour la FIFA : le journal The Times a révélé que cette décision avait été prise par un seul homme, Mohammad al-Kamali, président de la commission de discipline, sans consultation des dix-sept autres membres, du jamais-vu dans l'histoire de l'instance.
Donald Trump et Gianni Infantino ont eux-mêmes confirmé avoir échangé au téléphone à ce sujet, le patron de la FIFA assurant ensuite que les organes judiciaires de l'institution restent indépendants.
Cette affaire n'est que la partie émergée d'un malaise plus profond. Depuis plusieurs mois, la proximité affichée entre Gianni Infantino et Donald Trump inquiète jusque dans les couloirs du football mondial. L'ONG FairSquare a déposé une plainte pointant notamment la présence d'Infantino à une réunion baptisée « Conseil de la paix » organisée à l'invitation de Trump, ou encore son apparition coiffé d'une casquette « USA 45-47 », en référence aux deux mandats du président américain.
Autre polémique : la remise, lors du tirage au sort du mondial début décembre, d'un tout premier « Prix de la Paix » de la FIFA à Donald Trump. Une récompense visiblement décidée de façon unilatérale, sans consultation préalable des dirigeants de l'institution, dont plusieurs cadres n'auraient même pas eu connaissance de son existence avant l'annonce. De quoi raviver les accusations de rupture avec la neutralité politique historiquement revendiquée par la FIFA.
Sur le terrain logistique, l'organisation américaine du tournoi a également viré au casse-tête diplomatique. L'arbitre somalien Omar Artan, désigné meilleur arbitre d'Afrique en 2025 et sélectionné parmi les 52 officiels du mondial, n'a finalement pas pu participer à la compétition, la Somalie figurant sur la liste des pays visés par les restrictions d'entrée décrétées par l'administration Trump. Interrogée, la FIFA a botté en touche, rappelant qu'elle n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte.
Du côté des supporters, plusieurs fédérations, dont l'Iran, ont dénoncé une réduction drastique de leurs quotas de billets et des refus de visas touchant une partie de leurs délégations. Au moins six engagements ou principes centraux du cahier des charges de la FIFA, accès des arbitres, des officiels, des médias et des supporters, non-discrimination, droits humains, ont ainsi semblé mis à mal par les politiques de visas appliquées dès les premiers jours du tournoi, sans réaction notable de l'instance.
Le cas iranien illustre à lui seul l'ampleur du problème. Faute d'accord clair sur les visas, la sélection a dû établir son camp de base à Tijuana, au Mexique, plutôt qu'aux États-Unis. Selon l'ambassadeur iranien au Mexique, l'équipe a un temps craint de devoir entrer et sortir du territoire américain le jour même de chacun de ses matches, une situation finalement évitée de justesse grâce à l'obtention de visas à entrées multiples permettant une arrivée la veille des rencontres.
Mais le soulagement sportif n'a pas effacé le reste : aucun quota de billets n'a été accordé à la fédération iranienne, privant ses propres supporters de la possibilité d'assister aux matches de leur équipe. Un traitement dénoncé comme profondément inégalitaire, quand d'autres délégations ont bénéficié d'un accès quasi automatique au territoire américain.
Arbitrage contesté, décisions disciplinaires prises dans l'opacité, ingérence politique assumée, discriminations dans l'accès au territoire, ce mondial restera comme l'un des plus polémiques de l'histoire récente. Sur les réseaux sociaux, certains internautes qualifient déjà cette édition de compétition la plus corrompue de l'histoire, tandis que Gianni Infantino, candidat à sa propre succession en 2027, semble pour l'instant peu inquiété par la fronde. Reste à savoir si la FIFA saura tirer les leçons de ce tournoi, ou si ce mondial 2026 marquera durablement l'image d'une institution jugée trop conciliante avec le pouvoir politique américain.
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