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·12 mai 2026

« Cristiano sentait les buts » : Casemiro raconte son grand Real

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Casemiro n’a pas seulement replongé les supporters du Real Madrid dans la nostalgie. Dans son échange avec Rio Ferdinand, l’ancien milieu madrilène a surtout raconté ce qui faisait la force profonde de cette équipe : une obsession permanente de la gagne, des rôles parfaitement répartis et des joueurs capables de décider d’un match presque par instinct.

Ses mots sont intéressants parce qu’ils dépassent le simple hommage. Quand il parle de Cristiano Ronaldo, Gareth Bale, Karim Benzema, Luka Modric ou Toni Kroos, Casemiro ne dresse pas une galerie de stars. Il explique comment ces joueurs vivaient les matchs, comment ils se complétaient, et pourquoi cette génération est devenue aussi marquante.


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Le premier enseignement de son récit, c’est que ce Real Madrid fonctionnait sur des standards hors norme. Casemiro le résume d’ailleurs très bien lorsqu’il parle de la culture du club : au Real Madrid, on ne profite jamais longtemps de ce qu’on vient de gagner, parce que tout le monde pense déjà au prochain. C’est ce climat-là qui permet aussi de mieux comprendre ses phrases sur Cristiano Ronaldo, sans doute les plus marquantes de toute l’interview.

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Cristiano, la pièce maîtresse

Avant les matchs, raconte-t-il, le Portugais venait parfois le voir avec une conviction déjà intacte : « Avant chaque match, Cristiano Ronaldo me disait : “Case, aujourd’hui c’est un grand match, un match incroyable.” Et moi je lui répondais : “Comment ça Cris” Et lui me disait : “Je sens les buts.” » En quelques mots, Casemiro résume ce qui séparait Ronaldo du reste : cette impression que le but existait déjà dans sa tête avant même le coup d’envoi.

Il va encore plus loin lorsqu’il ajoute : « Tout le monde savait qu’au début de la saison, pour Cristiano Ronaldo, c’était 50 buts minimum. » Ce n’est pas présenté comme un exploit, mais presque comme une base normale.

Et surtout, Casemiro insiste sur un détail révélateur : l’ambition de Cristiano ne dépendait pas de l’affiche. « Pour moi, Cristiano Ronaldo, c’est l’ambition à chaque match, peu importe le match. Dans un grand match c'est facile d'être ambitieux. Mais je me souviens d'un match face à Levante à domicile. Il tue, il a besoin de marquer, des buts, des buts, des buts. Cette ambition est incroyable. Je suis très admiratif de cela. »

Bale et Benzema, les rouages parfois oubliés

L’autre sortie forte de Casemiro concerne Gareth Bale. Là encore, son regard tranche avec une partie du récit qui a entouré le Gallois à Madrid. Pour lui, Bale n’était pas seulement un joueur spectaculaire ou décisif par séquences. Il était une pièce majeure des grands rendez-vous. « Gareth Bale, dans les plus grands moments, dans les finales de Ligue des champions, dans les finales de coupe, il marquait. Il a marqué deux fois contre Liverpool, il a marqué contre l’Atlético. Cristiano vient d’un autre monde, il est hors catégorie, mais pour moi, Bale, c’était top, top. »

Et Casemiro pousse même l’idée encore plus loin : « Cristiano est le meilleur, il vient d’un autre monde, il faut le sortir de la discussion. Mais pour moi, Gareth Bale était le meilleur, le plus complet. Il attaque, il défend, il marque de la tête, il est tellement rapide, fort, il a tout. Il est incroyable. »

Le Brésilien éclaire aussi parfaitement le rôle de Karim Benzema dans la BBC. Avec une formule très simple, il raconte toute l’intelligence du Français : « Karim Benzema était un numéro 9, mais ce n’était pas vraiment un 9, c’était un 10. Il décrochait énormément et créait de l’espace pour Bale et Cristiano. Bale, lui, a besoin d’espace, et Benzema lui donnait cet espace. Ensuite, lui et Cristiano attaquaient cet espace. » En une citation, Casemiro rappelle que la BBC n’était pas seulement une addition de trois stars, mais un trio pensé autour d’une vraie complémentarité.

Messi, Modric, Kroos : le respect et le contrôle

Quand Casemiro parle de Lionel Messi, le ton change. Il y a plus de prudence, presque une forme d’impuissance assumée. « À chaque fois, je ne parlais pas trop, je ne le poussais pas trop, parce que je ne voulais pas l’énerver. Je faisais un tacle, puis je disais : “Pardon, pardon.” On ne peut pas l’arrêter, c’est impossible. Barcelone pouvait mal jouer, puis Messi marquait, et c’était trois points. » C’est sans doute la meilleure façon de résumer ce qu’a été Messi vu d’en face : une menace permanente, même dans les matchs où son équipe ne dominait pas.

Enfin, les mots les plus profonds de Casemiro concernent peut-être le milieu qu’il formait avec Luka Modric et Toni Kroos. Il raconte leur sang-froid, leur facilité à ne jamais paniquer, mais surtout leur courage dans les moments où l’équipe allait mal. « Je me souviens de Luka Modric : quand le match ne commençait pas bien et qu’on ne se sentait pas bien, il me disait toujours : “Case, donne-moi le ballon, donne-moi le ballon, je vais résoudre le problème.” Toni Kroos, c’est pareil. »

Et c’est là qu’il glisse aussi sa critique du football actuel : « La nouvelle génération pense aux statistiques. Tu finis le match avec 97 % de passes réussies. Quelles passes ? En arrière, encore en arrière. Des passes négatives. Il faut jouer vers l’avant, peu importe si tu perds le ballon. » À travers cette phrase, Casemiro ne parle pas seulement de technique. Il défend une idée du football, celle qu’incarnaient selon lui Kroos et Modric : prendre ses responsabilités, avancer, et vouloir le ballon précisément quand le match devient lourd.

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