Cyrille Dolce (ex-OL) : "Je suis estampillé Lyon, c'est gravé à vie" | OneFootball

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·15 août 2026

Cyrille Dolce (ex-OL) : "Je suis estampillé Lyon, c'est gravé à vie"

Image de l'article :Cyrille Dolce (ex-OL) : "Je suis estampillé Lyon, c'est gravé à vie"

ENTRETIEN - Formateur historique de l'OL, Cyrille Dolce aura contribué, pendant plusieurs décennies, à polir les diamants bruts de l'Académie pour les transformer en jeunes hommes accomplis. Parti du club l'été dernier, il évolue désormais à la Fédération Royale Marocaine de Football dans un rôle de cadre technique.

Olympique-et-Lyonnais.com : Pour commencer, comment ça va déjà, Cyrille ?

Cyrille Dolce : Ça va bien. Je suis dans un beau pays. Le rythme de vie est super, il fait beau. Je suis dans un cadre idyllique. Le Centre technique national marocain est l'un des plus beaux complexes au monde. Il y a beaucoup de choses pour réussir ici.


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Est-ce que vous pouvez nous expliquer les conditions de votre arrivée il y a un an au Maroc ?

J'ai reçu un appel téléphonique de la DTN marocaine qui voulait prendre la température d'une possible collaboration. Quand la DTN t'appelle, tu t'interroges beaucoup. C'était peut-être aussi le temps pour moi de m'émanciper de l'OL, car on est souvent plus reconnu ailleurs que chez soi. En aparté, je n'en veux à personne à Lyon. C'était peut-être mieux comme ça. J'ai eu plusieurs opportunités, une en France et deux à l'étranger aux Émirats. Je suis venu un peu comme l'ambassadeur de ce qu'on peut faire en France et notamment à Lyon parce qu'ici, je suis le Lyonnais et l'OL est perçu comme l'un des plus grands clubs formateurs au monde. C'est le destin aussi qui voulait qu'à un moment donné, si on frappe un peu plus fort à ta porte, elle s'entrouvre. Je ne voulais pas partir de l'OL en la claquant. Je ne suis pas parti contre quelqu'un, je suis parti pour quelque chose. J'avais fait toute la préparation du mois d'août avec la catégorie U15, je voulais assurer une bonne transition pour mon successeur. Je pense avoir fait les choses correctement, je l'espère surtout. C'est important de laisser une trace propre, c'est ce que j'ai voulu faire tout au long de ma carrière. Après tout s'est enchaîné très vite, parce que dès le mois de septembre, j'ai commencé ici.

"Le Maroc est prêt à organiser une Coupe du monde"

Maintenant que vous travaillez avec le football de sélection, vous avez dû suivre la Coupe du monde d'un œil un peu plus attentif que les précédentes éditions ?

Oui, pour deux raisons. La première, c'est que j'ai travaillé avec l'équipe nationale A pendant la CAN. On observait les matches du Maroc ainsi que les adversaires. On remettait des comptes rendus au staff technique de Walid Regragui. Je faisais ça avec la DTN, c'était palpitant. On a l'impression de prendre part aussi bien à la réussite qu'à l'échec. Ce fut un moment fort pour moi. Deuxièmement, beaucoup de membres du staff technique étaient des personnes que j'avais eu la chance de côtoyer à la DTN comme le coach Mohamed Ouahbi ou son adjoint Youssouf Hadji. J'étais donc doublement curieux de voir ce qui allait se passer à la Coupe du monde après cette CAN et ce changement de staff. Ce qui est dur, ce n'est pas d'arriver, c'est surtout de confirmer. Le football marocain est une place forte et s'inscrit maintenant complètement dans l'échiquier mondial du football.

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@Fédération du Maroc

Vous avez découvert la Coupe d'Afrique des Nations de l'intérieur. Quelles impressions cette CAN vous a-t-elle laissées ?

J'étais comme un observateur européen qui découvre le foot africain. Ce qui m'a impressionné d'abord, c'est l'organisation. Je trouve que le Maroc est vraiment prêt à organiser une Coupe du monde. Franchement, une CAN dans les tribunes, c'est vraiment quelque chose à vivre, c'est extraordinaire. D'un point de vue sportif, j'ai trouvé que cette CAN récompensait les équipes qui jouaient au football. Les terrains étaient impeccables. Sur les huit quarts de finalistes, il y avait sept nations qui avaient gagné la CAN au moins une fois. Les grandes équipes étaient au rendez-vous. Au-delà de ça, j'ai trouvé que d'un point de vue tactique, le football africain avait beaucoup progressé également et était en capacité de se mettre à la hauteur des plus grandes nations.

La Coupe du monde 2030 se déroulera justement au Maroc. Quatre ans avant le début de la compétition, l'événement est-il déjà dans toutes les têtes ?

À un moment donné, le simple fait de participer à une compétition était important pour le Maroc. Maintenant, le pays joue une compétition pour la gagner. J'ai eu la chance d'être en charge de l'équipe nationale U15 et j'ai vu ô combien les résultats étaient importants. Je ne suis pas non plus dépaysé, parce qu'à Lyon les résultats aussi étaient cruciaux. Je suis également venu ici parce que je trouve que le jeu marocain correspondait au jeu lyonnais. Un jeu au sol combiné, une technique au service du jeu, des joueurs qui sont connectés entre eux. Ici, je suis admiratif de l'envie d'apprendre. Les joueurs sont à l'écoute, ils ont soif de progresser et de tout donner à l'entraînement. Défendre le maillot marocain. Il n'y a pas un joueur qui peut te décevoir parce que même s'il rate son match, il aura au moins répondu présent au niveau de l'engagement. C'est le minimum. Je le répétais souvent quand j'étais à Lyon : si tu n'es pas bon, ce n'est pas grave, mais tu dois courir, défendre, travailler au service de ton équipe. Tu dois mettre ton ego de côté.

Des ambassadeurs de la formation lyonnaise

Revenons à la Coupe du monde et parlons de l'OL. Plusieurs joueurs passés par l'Académie ont disputé la Coupe du monde. Qu'est-ce que ça représente pour vous ?

C'est une grande fierté de voir un jeune qui réussit, où qu'il soit, sur le terrain ou en dehors. L'essentiel, c'est qu'il évolue avec des valeurs qu'on a essayé de lui transmettre. Bien évidemment, quand il est sur le terrain et qu'il est au summum du football mondial, c'est encore plus beau. Tous ces joueurs sont des ambassadeurs de la formation lyonnaise et de tout le travail du club, des dirigeants, des équipes de scolarité, des équipes médicales, des staffs techniques. L'aboutissement de tout un travail. On est content pour eux mais aussi pour le club.

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Gédéon Kalulu face à Bradley Barcola lors d'OL - Lorient (Photo by JEFF PACHOUD / AFP)

Conservez-vous des liens privilégiés avec vos anciens protégés ?

Oui j'essaie, mais ils évoluent dans une sphère où il est difficile de s'immiscer. On ne fait plus partie de leur vie à l'instant T. Par contre, ils sont toujours très reconnaissants de ce qu'on a fait pour eux quand on croise leur chemin. Je vais raconter une anecdote. On a joué au Zimbabwe contre la République démocratique du Congo. Le même hôtel était partagé par les deux délégations. Un soir, je discute avec plusieurs jeunes de la sélection congolaise. À 23 h, j'appelle Gédéon Kalulu. Il me répond, et on se retrouve à faire une visio improvisée dans le hall de la réception. Les deux gamins pleuraient de joie. Gédéon a pris une demi-heure pour discuter avec eux, pour partager des conseils. C'est peut-être anecdotique, mais pour moi c'est vraiment beau. C'est l'intention qui compte. Malo Gusto avait par exemple fait passer un maillot de Chelsea à tous les entraîneurs qu'il avait croisés durant sa formation à l'OL. Ce n'est pas grand-chose, mais ça représente toute la valeur du joueur.

"Je suis estampillé Lyon, c'est gravé à vie"

Est-ce que vous gardez toujours un œil attentif à l'actualité de l'OL ?

Je suis estampillé Lyon, c'est gravé à vie. Où que j'aille dans ma carrière, j'ai une identité. Je ne suis plus là, mais j'ai une partie de mon cœur qui est restée à Lyon. J'ai assisté à mon premier match de l'OL à Gerland avec mon père et mon grand-père. Lyon-Bastia dans les années 80 et je peux dire qu'à la mi-temps, je pleurais pour pouvoir partir. Je n'étais pas plus intéressé que ça. Mes souvenirs, c'est la D2, c'est Jean Bouin. C'est Fournier, Fréchet, Olio, Garde, Genesio. L'arrivée du président Aulas a bousculé les choses et a amené une dynamique ambitieuse, visionnaire, qui fait qu'on a vécu toutes ces années-là ensuite. Il faut rendre à César ce qui appartient à César et ça a beaucoup joué sur ce qu'on est devenu.

Retour sur une saison "assez dingue"

Le dernier exercice lyonnais a été constitué de hauts et de bas. Quel bilan tirez-vous de la saison de l'OL ?

C'était assez dingue ! Je souligne la gestion émotionnelle de la direction, chapeau, parce que ce n'était pas aisé. D'ici, j'ai l'impression néanmoins que la fin de saison a occasionné quelques déceptions parmi les supporters. C'est dommage, la place finale ne doit pas occulter tout le travail réalisé en amont et ne doit pas faire oublier la position de l'OL sur la ligne de départ. Je trouve que le club a accompli quelque chose d'extraordinaire. Au-delà de ça, j'ai observé un vrai état d'esprit dans l'équipe, il y avait du jeu, de la solidarité, comme une bande de copains.

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Tolisso, Mata et Niakhté (OL) se congratulent (Photo by ARNAUD FINISTRE / AFP)

La saison dernière a marqué les esprits du côté de l'OL. À quoi faut-il s'attendre cette année, et sur quoi peut s'appuyer le club pour rééditer ou améliorer ses performances ?

Le plus dur, ce n'est pas d'arriver à quelque chose. Parce que quand tu bâtis, à un moment donné, tu seras toujours récompensé. Par contre, confirmer après la saison dernière, c'est très difficile. Il y a quelque chose qui me rassure, c'est la stabilité des hommes. Elle est essentielle dans la réussite sportive. La stabilité, c'est quelque chose qui donne de l'équilibre à tes futurs résultats. Tu as encore les tauliers qui sont là : Tolisso, Mata, Niakhaté. Tu as des jeunes qui poussent. Et puis tu as toujours surtout les garants du club, la direction, les staffs, qui ont veillé à la dynamique qui a été mise en place l'année dernière et qu'il faut garder. En football, tout est possible et c'est ça qui fait le charme de notre sport. Quand l'esprit domine, je vais dire que le reste suit.

"Paulo Fonseca est un entraîneur avec des idées"

Par rapport au travail mis en place par Paulo Fonseca, est-ce qu'il y a des aspects qui vous plaisent particulièrement dans la façon de faire jouer son équipe ?

Je suis très respectueux de son travail. J'ai la vision de l'éducateur, je mesure tout le labeur qu'il a accompli. Paulo Fonseca est un entraîneur avec des idées. Je trouve qu'il y a eu une vraie synergie. C'est un combo de tout ça, où tout s'aligne et où tu as une équipe qui est en capacité de faire de grandes choses. Les gens ont peut-être été déçus parce qu'il y avait la Coupe de France, la Coupe d'Europe avec le fait d'avoir fini premier de la saison régulière. Au final, ce qu'on retient, c'est les titres mais il ne faut pas oublier les émotions que l'équipe a procurées. Il y a une forme de frustration parce que tu es très proche de la ligne d'arrivée, mais tu ne la franchis pas complètement. Il faut se rappeler quand même du point de départ. Le point de départ, c'est une relégation en Ligue 2, un sauvetage tiré par les cheveux, l'encadrement de ton recrutement, les changements à l'Académie. Il y a quand même des signes avant-coureurs qui sont assez complexes.

Ces jeunes de l'Académie qui poussent

Le coach portugais est justement réputé pour faire confiance aux jeunes (Merah, Himbert, De Carvalho, Kango). En quoi leurs profils étaient-ils compatibles avec le monde professionnel ?

Je les ai tous eus, donc c'est facile de parler d'eux. Merah, je trouve qu'il est dans la droite lignée d'un Maxence Caqueret. C'est un joueur du cru, il a le sang rouge et bleu, avec trois poumons et toujours la lucidité des bons choix. Physiquement, il était très frêle plus jeune. Là, il a grandi, il va travailler sur le plan morphologique, athlétique. C'est un joueur sur lequel on pouvait compter.

Himbert, c'est un ingénieur, c'est la maturité avancée. Je vais donner un exemple. Je l'ai eu quand il était encore au pôle. Il venait faire les tournois avec nous en U15. On joue contre l'équipe 2 de Mérignac et on gagne difficilement sur un coup de pied arrêté. Beaucoup d'euphorie, c'était une combinaison travaillée à l'entraînement. Rémi n'était pas officiellement au club encore. Chaque fois qu'il y avait des semaines de vacances scolaires, il venait avec nous. Après la partie, il prend la parole et dit : "Les gars, c'est qu'une étape, on n'a rien gagné et surtout, on a joué contre une équipe qui n'est pas de notre niveau." Ça, c'est quelque chose qui m'avait vraiment étonné.

De Carvalho, lui c'est le travailleur de l'ombre. Les gestes utiles au bon moment pour l'équipe. Quand tu es sous pression, il va être capable de mettre un bon tampon. Ce n'est pas le joueur le plus spectaculaire, mais il bonifie le collectif. Il va être intéressant dans la conservation du ballon, l'orientation, la maîtrise du tempo.

Steeve Kango, j'aime bien parler de lui en tant qu'ombre et lumière. Ombre parce que je trouve qu'il est capable d'éclipser la performance de son adversaire direct. Il n'a peur de rien. Lumière parce que je trouve que c'est quelqu'un qui est rayonnant dans un groupe. Il est extra positif. Avec le temps, je pense que ça deviendra quelqu'un d'utile à l'équipe, notamment sur le plan mental.

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Rémi Himbert et Khalis Merah lors d'OL - PAOK (UEFA)

L'Académie s'est restructurée avec l'arrivée de Christian Bassila, mais aussi le retour de Gérard Bonneau et d'Armand Garrido. Est-ce une bonne idée d'utiliser les vieilles recettes pour repartir de l'avant ?

Premièrement, je trouve qu'on est allé chercher les bonnes personnes. Ce sont des personnes qui aiment le club. Ils sont là pour l'écusson. Avant d'entraîner les U15, je me suis occupé pendant huit ans de l'école de foot et j'étais content parce que simplement, j'étais dans mon club. Maintenant, un entraîneur qui arrive à Lyon, il veut tout de suite gravir les échelons. Ce qui me dérange, c'est que c'est souvent au détriment du joueur. C'est-à-dire que le coach sert ses intérêts personnels avant de servir le développement du joueur. Je n'ai jamais pensé que le résultat était quelque chose d'important. Mon plus beau résultat, c'est l'épanouissement d'un jeune une fois devenu adulte.

Lepaul, Sage : la réussite par le travail

Esteban Lepaul est aujourd'hui l'une des belles histoires du football français. Aviez-vous décelé quelque chose de particulier chez lui quand il évoluait au sein de l'Académie ?

Je vais te dire sincèrement, personnellement je les vois tous arriver. Parce que quand je travaille, je travaille pour tous les joueurs. Je n'ai pas le droit de condamner ou favoriser. À l'époque, quand Esteban arrive, l'attaque c'est Mikautadze, Amine Gouiri et Willem Geubbels. Du haut niveau ! Mais Esteban Lepaul, ce que je peux dire, c'est que c'est un vrai bon gamin. Esteban a quelque chose que d'autres n'ont pas à mon sens, il a un style de jeu qui ne ressemble pas à celui d'un avant-centre moderne. Il me fait penser à Jean-Pierre Papin : sans regarder la cage, il a le sens du but et il sait qu'il va frapper. Je suis vraiment content pour lui, ça montre qu'avec la volonté, avec la résilience, tu peux y arriver. C'est un magnifique modèle par son parcours.

Un mot sur Pierre Sage, dont on vous sait proche. Quel regard portez-vous sur sa trajectoire et sur sa signature en Premier League ?

Inspirant parce qu'il ne sort pas du milieu professionnel. Il est récompensé et il met en visibilité le football d'en bas, sans que cela ne soit péjoratif, mais il montre à tous que tout est possible. Pour moi, Pierre, c'est le résultat du travail et des idées, parce qu'il a vraiment des idées. Il véhicule également les compétences des anciens entraîneurs de la formation lyonnaise.

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Pierre Sage, entraîneur de l'OL, en conférence de presse (crédit : David Hernandez)

Dans un monde du football où seul le score final compte, n'est-ce pas trop difficile de garder ses idées et sa ligne de conduite en tant que formateur ?

C'est très difficile parce qu'il faut être serein, il faut être équilibré et il faut travailler avec le temps. Et souvent, le temps, tu ne l'as pas. Il faut s'accrocher. Quand tu es un entraîneur de foot, tu as un sac à dos que tu traînes 24 heures sur 24 avec toi. Tu penses foot, tu dors foot, tu manges foot. C'est un métier qui est très usant parce que tu vis avec cette pression-là. Formateur, c'est un métier de patience. Il faut que tu mettes en avant tes convictions, il faut que tu sois fort, que tu sois en mesure de dire : "non, je crois en lui", "non, on va prendre le temps". Le système est un procureur, toi, tu es un avocat du temps. Il faut que ton jeune soit très vite prêt pour être visible en équipe première et prendre de la valeur marchande. Tout va très vite par rapport à un cycle qui n'est pas vertueux, les joueurs deviennent des actifs.

"Encore très jeune dans ma tête"

Comment gérer l'équilibre entre le collectif et le développement individuel de chaque jeune joueur au sein d'un centre de formation ?

Chaque joueur, c'est un projet différent. Tu insuffles d'abord à ton groupe des choses pour les faire jouer ensemble. Ensuite, tu développes de manière très individuelle. C'est-à-dire qu'un joueur A n'aura pas le même besoin qu'un joueur B. Un joueur A va peut-être avoir besoin de monter en équipe supérieure. Un joueur B à la maturité tardive aura peut-être besoin de bio-banding. Il va falloir prendre le temps, il va falloir croire en lui et peut-être le faire jouer dans la catégorie du dessous. À l'OL, on a eu aussi des joueurs qui nous ont fait mentir avec les Tolisso, Lacazette, Mikautadze, Fekir. On croyait en ces joueurs-là parce que c'était des footeux. Mais des fois, ça a été dur de se battre pour pouvoir défendre le fait qu'il fallait être patient avec tel joueur et qu'il fallait lui laisser une place. Et maintenant, une place coûte cher.

Au début de la saison dernière, les supporters vous ont rendu hommage en arborant une banderole à votre nom en tribunes. Comment avez-vous perçu cette reconnaissance ?

Avec celle de mes anciens joueurs, c'est la plus belle des reconnaissances. Le regard de ma hiérarchie n'est pas le plus important. L'émotion que ça m'a procurée quand j'ai vu la banderole dans les tribunes… D'en parler, j'en ai encore des frissons. Je ne l'oublierai jamais, ça reste marqué à vie. J'ai un profond respect pour les supporters, pour les Bad Gones, tout ce qu'ils ont fait, c'est inestimable pour moi. Je veux rester sur ce dernier bon moment, c'était Lyon-Marseille en plus, une victoire. C'était un magnifique baisser de rideau pour moi. J'ai l'impression que j'aurais pu arrêter ma carrière après ça.

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Banderole des Bad Gones en hommage à Cyrille Dolce

Après toutes ces années de carrière, vous arrive-t-il de vous sentir lassé, ou avez-vous toujours la même flamme pour continuer à entraîner ?

Tant que tu as la flamme et que ton corps et ta tête te disent que tu peux y aller, il faut y aller. Quand tu fais les choses à contrecœur, c'est qu'il ne faut plus les faire. Parce que ceux qui seront les premiers impactés, ce seront tes joueurs. Il faut être honnête par rapport à eux. J'ai plein d'idées, plein de motivation. Tant que je peux être utile pour un club, une équipe, un joueur, je continuerai. Le jour où le football ne veut plus de moi, je retournerai d'où je viens. Je suis un fonctionnaire en disponibilité. J'ai vécu de belles années aussi à l'université Lyon 2. Parfois, j'ai l'impression que l'âge fait peur aux gens. Je suis encore très jeune dans ma tête.

Propos recueillis par Thomas Dioudonnat.

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