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·12 janvier 2026

De 0-4 à 5-4, l'exploit mythique de Courbis avec l'OM face à Montpellier

Image de l'article :De 0-4 à 5-4, l'exploit mythique de Courbis avec l'OM face à Montpellier

Le 22 août 1998, le stade Vélodrome a été le théâtre d’un des plus incroyables retournements de situation de l’histoire du football français. Un exploit signé Rolland Courbis.

L’OM, entraîné par Courbis depuis un an, affrontait Montpellier pour la troisième journée de Ligue 1. Ce soir-là, l’OM célébrait son centenaire et voulait affirmer ses ambitions. Mais la première mi-temps fut un véritable cauchemar. Franck Sauzée, Laurent Robert et Ibrahima Bakayoko, deux fois, avaient infligé un 0-4 sans appel aux Marseillais.


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Pourtant, au retour des vestiaires, Courbis déjoue toutes les logiques. Croisant Louis Nicollin, le président montpelliérain, il lance : « Quand je pense qu’on va gagner 5 à 4… » Loulou, admiratif, réplique avec son langage fleuri : « Ça, c’est des couilles ! » Courbis, imperturbable, répond : « Je le pense, sinon je reste au vestiaire. » Cette audace, à mi-chemin entre fanfaronnade et pressentiment, allait sceller la légende de cette rencontre.

Face à un effectif réduit et secoué, Courbis ne hausse pas le ton. Au contraire, il parle de « nous » plutôt que de « vous », et compare la situation à une partie de pétanque : « Il y a des équipes qui perdent 12-0 mais qui continuent de jouer et parfois, elles gagnent. » Il exhorte ses joueurs à ne pas « aller à l’apéro avant l’heure » et à croire jusqu’au bout. Cette philosophie allait faire des miracles.

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« Attention, 13 à 12 ! »

La seconde période démarre avec des ajustements tactiques précis. Christophe Dugarry, qui n’était pas titulaire, entre à l’heure de jeu et devient rapidement décisif. Florian Maurice et Dugarry inscrivent les deux premiers buts en l’espace de trois minutes, faisant passer l’OM de 0-4 à 2-4. L’entrée de Titi Camara et la réorganisation de Robert Pirès et Éric Roy permettent de contrôler le jeu et de créer des espaces. Les coups de pied arrêtés deviennent l’arme fatale : Dugarry, Blanc et Maurice profitent de leur supériorité aérienne pour réduire l’écart.

La magie s’installe dans les vingt dernières minutes. Les Montpelliérains, fatigués et trop prudents, laissent l’initiative aux Phocéens. Éric Roy égalise, et le Vélodrome devient une fournaise. Enfin, Laurent Blanc transforme le penalty de la victoire dans le temps additionnel, scellant un improbable 5-4. Courbis, fidèle à sa métaphore pétanque, exulte : « Attention, 13 à 12 ! »

Cette rencontre restera gravée dans l’histoire. Jamais, dans le football français, un club n’avait renversé un déficit de quatre buts en championnat pour s’imposer. Pour Courbis, c’était la démonstration que le mental, la patience et la confiance pouvaient rendre l’impossible possible. Il se souvenait : « À la mi-temps, je n’ai même pas pensé à leur faire croire que c’était possible… » Et pourtant, son pari audacieux s’est matérialisé devant plus de 60 000 spectateurs.

Aujourd’hui, à l’annonce du décès de Rolland Courbis à 72 ans, cette soirée de folie refait surface comme un symbole de son audace et de sa vision du football.

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