Tribune Nantaise
·6 août 2026
Deux ans après, le vrai impact du nouveau format UEFA

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·6 août 2026

(Tribune Nantaise n’a pas participé à la rédaction de cet article)
À partir de la saison 2024/25, les trois principales compétitions européennes de clubs comme la Ligue des champions, la Ligue Europa et la Ligue Europa Conférence ont toutes adopté une nouvelle formule. Celui-ci vise à proposer des matchs à plus fort enjeu, une plus grande diversité d’adversaires et une hausse des revenus pour l’ensemble des participants.
Deux saisons plus tard, alors que l’exercice 2025/26 est bien lancé, les effets de cette réforme se font déjà sentir dans les bureaux des dirigeants, les vestiaires et jusque dans les courses au titre des différents championnats européens. Avec les rédacteurs de Tribuna.com, nous faisons le point sur les conséquences de ce nouveau format pour les plus grands clubs comme pour les équipes de milieu de tableau.
La plupart des supporters connaissent l’ancien format de la Ligue des champions : 8 groupes de quatre équipes, des matchs aller-retour, les deux premiers qualifiés pour les huitièmes de finale et le troisième reversé en Ligue Europa. Cette époque appartient désormais au passé.
Les principaux changements introduits à partir de la saison 2024/25 peuvent être résumés ainsi :
Avec l’ancien système, les plus grandes équipes géraient souvent leurs efforts pendant la phase de groupes avant que les confrontations entre favoris ne débutent lors des matchs à élimination directe.
Désormais, avec 8 adversaires différents garantis, les grandes écuries affrontent un éventail beaucoup plus large d’oppositions dès le début de la compétition et croisent plus rapidement la route d’autres prétendants au titre.
L’augmentation du nombre de rencontres entraîne également une exposition médiatique plus importante et une hausse des recettes. Même si les montants varient selon les marchés et les contrats audiovisuels, l’élargissement des compétitions européennes génère déjà des bénéfices financiers concrets pour les clubs engagés. De quoi permettre aux plus riches de renforcer encore davantage la profondeur de leur effectif.
Le classement unique impose également une régularité de tous les instants. Un début de campagne manqué ne peut plus être compensé simplement par une bonne fin de phase de groupes : chacun des 8 matchs compte dans la course aux huitièmes de finale et pour obtenir un meilleur classement.
Avec 36 places disponibles dans chaque compétition, les équipes qui terminent habituellement au milieu du classement dans leur championnat national disposent désormais de meilleures chances d’accéder à une compétition européenne. Une évolution favorable aussi bien en matière de visibilité que de revenus.
Affronter 8 adversaires différents au lieu de trois apporte davantage de variété, mais aussi plus d’incertitude. Les clubs les plus modestes peuvent se retrouver face à plusieurs poids lourds européens qu’ils n’auraient probablement jamais rencontrés dans l’ancien format, ce qui complique considérablement la préparation sportive.
Jusqu’à présent, les équipes éliminées en phase de groupes de la Ligue des champions poursuivaient leur parcours en Ligue Europa.
Ce filet de sécurité disparaît avec la nouvelle formule. Une fois éliminé de la phase de ligue d’une compétition, le parcours européen s’arrête définitivement. Un changement qui pénalise particulièrement les clubs de niveau intermédiaire, qui comptaient souvent sur cette deuxième chance.
Le calendrier plus chargé et la multiplication des rencontres en semaine représentent également un défi pour les effectifs les moins fournis. Une difficulté encore plus marquée pour les équipes contraintes de concilier les déplacements européens et la lutte pour leurs objectifs dans leur championnat domestique.
Après deux saisons complètes, les premiers enseignements commencent à se dégager. L’intérêt suscité par la Ligue des champions semble s’être renforcé, tandis que le prestige de la Ligue Europa et de la Ligue Europa Conférence continue de faire débat.
Certains supporters et observateurs estiment que la disparition des clubs reversés depuis les compétitions supérieures a réduit le niveau global et l’attractivité des deux tournois.
La finale de la Ligue Europa Conférence 2024/25, remportée 4-1 par Chelsea face au Real Betis, a toutefois rappelé que ces compétitions restent capables d’offrir de grands moments de football. Mais les discussions autour de leur niveau sportif restent bien présentes.
Dans les championnats nationaux, le nouveau système a également permis des situations inédites. En Premier League, par exemple, jusqu’à six clubs ont pu décrocher leur qualification pour la Ligue des champions grâce aux nouveaux critères de répartition des places et aux performances européennes.
Parallèlement, le modèle défendu par l’UEFA a définitivement pris le dessus sur les projets concurrents. La Super Ligue européenne, désormais largement moribonde, a perdu un soutien majeur lorsque le FC Barcelone s’est officiellement retiré du projet au début de l’année 2026, confirmant la place centrale des compétitions de l’UEFA dans le football européen.
Comme toute réforme d’envergure, celle-ci ne fait pas l’unanimité. De nombreux supporters et consultants saluent l’augmentation du nombre de matchs à fort enjeu ainsi qu’un classement qui entretient le suspense jusqu’au bout.
D’autres estiment au contraire que le système est devenu plus complexe, qu’il brouille l’identité des compétitions européennes et qu’il accentue encore la charge physique pesant sur les joueurs, tout en compliquant la tâche des clubs les moins armés.
Une chose semble néanmoins difficile à contester : ce nouveau format a multiplié les rencontres décisives, bousculé certaines hiérarchies établies et obligé les clubs à disposer d’effectifs plus profonds et plus polyvalents.
À long terme, ses conséquences sur l’équilibre compétitif et l’identité même des compétitions européennes.







































