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·17 juillet 2026

Didier Deschamps (France) : « On doit tout faire pour atteindre ce dernier objectif »

Image de l'article :Didier Deschamps (France) : « On doit tout faire pour atteindre ce dernier objectif »

Didier Deschamps, sélectionneur de l’Équipe de France, était présent en conférence de presse à la veille de la petite finale de la Coupe du Monde face à l’Angleterre (samedi, 23h).

Un choc attendu… ou pas ? Ce samedi soir (23h), l’Équipe de France affronte effectivement l’Angleterre dans le cadre du match de la troisième place de la Coupe du Monde 2026. La médaille de bronze donc terminera chez les Bleus ou chez les Three Lions, deux formations qui souhaitaient soulever la plus prestigieuse des coupes dans le monde des sports ce dimanche 19 juillet. Finalement, les deux nations séparées par la Manche vont devoir se contenter de la troisième place. Un match qui marquera la fin de l’ère Didier Deschamps. Présent en conférence de presse d’avant-match ce vendredi, le sélectionneur des Bleus a fait le tour de l’actualité tricolore.   


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Sur le bilan du match contre l'Espagne : 

« Ce n'est pas un match amical mais il est là, c'est pour une troisième place. On doit tout faire pour atteindre cet objectif. On n'a pas plus envie de le jouer que les Anglais, mais il est là et c'est notre objectif. Voilà ce qui occupe mon esprit. Après nos nuits, il y a évidemment de la joie, des sourires et des moments merveilleux quand on gagne. Quand ce n’est pas le cas, c’est moins agréable, mais il faut l’accepter. L’équipe d'Espagne a été meilleure que nous. Paradoxalement, nos données athlétiques en termes de distance et d’intensité de course sont bonnes. Le problème est donc ailleurs, et c’est certainement en partie de notre faute, notamment sur le plan technique. C’est sans doute aussi dû à la qualité de cette équipe espagnole qui a placé la barre très haut. L’un dans l’autre, l’Espagne s’est qualifiée et pas nous. La déception est à la hauteur de nos ambitions légitimes, mais il faut l’accepter. Il reste ce dernier match qui nous attend, et ensuite, les vacances. Ils en ont besoin, et moi aussi. »

Sur les choix de joueurs et les cas individuels (Saliba, Rabiot) :

« Concernant les regrets ou les choix, j'ai des décisions à prendre et je les ai prises. Notamment pour Adrien Rabiot. Mais d'abord, il y a eu la blessure de William Saliba. Évidemment, elle est problématique. Les examens montrent que sa blessure ne s’est pas aggravée, mais il traîne cela depuis le mois de mars. Il a géré, il a serré les dents, mais à un moment, c’est une question de capacité à supporter la douleur. Malheureusement pour lui et pour nous, elle avait atteint un degré qui n'était plus supportable. Pour Adrien, lors de la première pause fraîcheur, il est venu me voir en me disant : "Coach, je ne peux plus jouer normalement, je ne peux plus faire mon jeu." Ayant été joueur, je peux comprendre sa situation. Je me suis déjà retrouvé dans deux demi-finales avec un carton jaune au-dessus de la tête. De par mon ancien poste au milieu de terrain, le jeu est à 360 degrés, ça vient de partout. Je lui ai dit de gérer, d'éviter de laisser traîner le pied pour ne pas prendre un autre carton, mais il y a eu une action où ce n'est pas passé loin. J'ai joué ces matchs-là par le passé et j'étais l'ombre de moi-même, car on joue tout le temps avec le frein à main. Aurais-je dû me priver d'un des joueurs les plus en forme sur ce match ? Il y a une évaluation des risques à faire, des fenêtres de changement à respecter... J'aurais pu faire les choses différemment, oui, mais je ne sais pas comment cela se serait passé. J'ai choisi sur le moment avec les éléments que j'avais et mon propre vécu. »

Sur la composition de l'équipe et le fait de faire tourner l'effectif : 

« Je ne vais pas rentrer dans le détail de la composition, même si je sais que cela vous intéresse toujours à la veille d'un match. De toute façon, au bout de 17 minutes d'entraînement cet après-midi, vous saurez qui débutera. J'ai des discussions avec tous les joueurs. La seule chose importante pour moi, c’est que personne ne jouera par défaut. Ces 26 joueurs, je les ai choisis, et j'aurais pu en choisir d'autres. S'ils ont peu ou pas joué, je me donne le devoir, avec mon staff, de tout faire pour atteindre notre objectif. Pour les joueurs, c'est pareil. Je sais qu'on utilise le terme de "coiffeurs" depuis des années, mais il n'y a pas de coiffeurs : c'est un match de football. Donc, avec les éléments que j'ai — certains ne peuvent pas jouer, d'autres ont des situations particulières —, je vais faire tourner massivement l'effectif. Déjà parce que certains ne peuvent pas enchaîner, et ensuite pour d'autres raisons que je comprends et qui m'amèneront à faire des choix de départ. »

Sur l'approche tactique et les quatre joueurs offensifs :

« Vous avez le droit de vous poser toutes les questions et d'avoir des théories, que je respecte. Mais le problème n’est pas là. Les Espagnols et les Argentins ont bien joué avec quatre offensifs eux aussi. C’est une question d’équilibre. Est-ce qu’on a mal défendu ? On aurait pu mieux faire. Mais est-ce qu’on a bien attaqué ? Non, on n’a pas pu, parce qu’on a eu du déchet et que l’adversaire a fait en sorte qu’on en ait. À la Coupe du Monde à Doha, on a fait la finale avec quatre joueurs offensifs. Est-ce que cela nous a empêchés d’aller en finale ? Non. Est-ce qu’on l’a gagnée ? Non plus. C’est un choix que j’ai fait et que j’ai assumé, même si on peut avoir d'autres options en cours de match. Je ne l'ai pas fait pour qu'on dise soudainement que je suis un entraîneur offensif. Je pensais que c'était le bon choix. Qu'on n'y soit pas arrivé est une chose, mais cela ne remet pas en cause tout ce qui a été fait avant. Sur ce match, ce n'est pas passé, peut-être parce que c'était un jour "sans", mais aussi parce qu'il y avait un adversaire qui a évolué à un niveau largement supérieur à ce qu'il avait fait jusqu'alors. »

Sur les critiques et le match pour la troisième place : 

« Je n'écoute pas et je ne lis pas les critiques. Si certains disent que j'ai gagné une compétition sur six, je n'ai pas à leur répondre. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je n'ai pas forcément les mêmes références que vous. Tout le monde, que ce soit un journaliste ou un ancien joueur, peut dire ce qu'il veut, cela ne me pose pas de problème. Concernant Kylian Mbappé, il est disponible pour demain. Pour ce qui est du match de la troisième place, on dit souvent que personne ne veut le jouer et que c’est un problème. Nous devons le jouer et respecter le jeu. S'il n'y avait pas ce match, ce serait bien pour l'Angleterre et pour nous, mais c'est la Coupe du Monde et il y a cet objectif de la troisième place. On va tout faire pour l'atteindre. »

Sur le cas de Michael Olise :

« Je vous trouve un peu sévères avec Michael Olise. Qu'il n'ait pas été à son meilleur niveau contre l'Espagne, oui, c'est vrai, comme d'autres joueurs. Mais sur les trois matchs d'avant, il a été très bon. Aujourd'hui, tout le monde le connaît, notamment après sa saison avec le Bayern Munich et ses très bons Jeux Olympiques. Vous n'avez pas toujours été tendres avec lui, et il faut du temps : il est encore dans une phase de progression. Ce qu'il fait aujourd'hui est déjà supérieur à ce qu'il faisait avant, et il sera encore meilleur à l'avenir. C'est la même chose pour Désiré Doué, qui est un formidable joueur de 21 ans et qui vit sa première Coupe du Monde. Cela va énormément lui servir. Il y a l'événement, mais aussi le côté émotionnel qui a un impact selon les personnalités. Mais s'il y a bien un joueur qui a été mis en lumière par ce Mondial, c'est Michael, et tant mieux, il le mérite. C'est une excellente personne. Par exemple, entre son match aller et son match retour contre le Paris Saint-Germain avec son club, on a vu sa progression. Ce qu'il a fait avec nous va l'aider à avancer. Parfois ça coince, parce qu'il y a un adversaire en face. C'est comme Dayot Upamecano : aujourd'hui, tout le monde dit que c'est un monstre, mais il a fallu du temps. Le poids du maillot est réel. Quand on a le privilège et la fierté de le porter, on se rend compte de la différence entre le vouloir et y être, surtout dans un environnement émotionnel comme une demi-finale de Coupe du Monde. »

Sur la motivation des joueurs pour ce dernier match :

« Il y a toujours des leviers de motivation, car vous ferez votre analyse sur ce que feront les joueurs sur le terrain. Kylian, en tant que capitaine, n'a pas besoin de levier particulier. Qu'il ait cet objectif individuel de devenir meilleur buteur me semble légitime, et il peut avoir d'autres choses en tête qui l'amènent à prendre des décisions. Ce sera la fin, le clap de fin, mais ce n'est pas un match anonyme. Ça ne changera pas leur vie, bien évidemment, mais il vaut toujours mieux finir troisième que quatrième. Moi le premier, avec mon staff, on va tout faire pour atteindre cet objectif. Comment motive-t-on des joueurs pour un match qu'ils n'imaginaient pas jouer ? Je pars du principe que le collectif est difficile à mobiliser, car il y a 44 déçus après les demi-finales. On n'a pas le match qu'on espérait avoir, mais on en a un. Et il y a un devoir quand on porte ce maillot. Je le dis depuis août 2012 : quand on vient en équipe de France, ce n'est pas pour recevoir, on a des devoirs. Je me l'applique à moi-même, à mon staff, et les joueurs doivent l'avoir aussi. On va tout faire pour que ça se passe bien. Il y a une responsabilité par rapport aux millions de Français qui sont derrière nous, qui ont vibré, qui ont été déçus, et pour la jeune génération. J'ai toujours considéré que venir ici, ce sont des devoirs d'abord. Et nous avons ce devoir-là demain, comme à chaque fois, même si c'est un match pour la troisième place. »

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