Arsenal French Club
·27 mai 2026
D’Invincible à Inoubliable – Chapitre 1 : Les derniers jours de grandeur (2004-2008)

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·27 mai 2026

Le 15 mai 2004, Arsenal entre dans l’histoire en terminant une saison entière de Premier League sans la moindre défaite. Vingt-deux ans plus tard, les supporters des Gunners auront traversé des humiliations historiques, des années sans trophée et plusieurs effondrements mentaux avant de revoir leur club retrouver les sommets. Ce premier chapitre revient sur l’après Invincibles, le déménagement à l’Emirates Stadium et cette saison 2007-2008 qui a brièvement redonné de l’espoir à tout un peuple rouge et blanc.
Après une saison légendaire conclue par un titre de champion d’Angleterre invaincu, Arsenal rêve d’un doublé en 2004-2005. Le départ est idéal avec une victoire 3-1 contre Manchester United lors du Community Shield. Mais durant l’été, un géant endormi se réveille : Chelsea.
Le club londonien frappe fort sur le marché des transferts avec les arrivées de Petr Čech, Arjen Robben, Tiago Mendes et un certain Didier Drogba. Mais surtout, les Blues attirent José Mourinho comme entraîneur, tout juste vainqueur de la Ligue des champions avec le FC Porto.
Pendant ce temps, Arsenal reste discret. La principale recrue se nomme Robin van Persie, encore peu connu à l’époque. Mathieu Flamini arrive également gratuitement en provenance de l’OM.
Cette saison marque déjà le début des restrictions financières liées au futur déménagement à l’Emirates Stadium. L’effectif vieillit, plusieurs cadres perdent en domination physique et Arsenal semble moins intimidant. Le tournant intervient à Old Trafford : alors que les Gunners peuvent porter leur série d’invincibilité à 50 matchs, ils chutent 2-0 contre Manchester United dans une rencontre extrêmement controversée.
Tout au long de la saison, Arsenal souffre de la comparaison avec Chelsea. Plus puissant, plus jeune et mieux armé, le club de Mourinho ne perd qu’un seul match de championnat. Malgré quelques démonstrations offensives mémorables contre Tottenham Hotspur (5-4), Liverpool (3-1) ou Everton (7-0), Arsenal doit se contenter d’une deuxième place et d’une FA Cup.
La saison 2005-2006 symbolise la fin d’une époque. Arsenal s’apprête à quitter Highbury pour l’Emirates Stadium et les dépenses restent limitées. La principale arrivée est celle de Aliaksandr Hleb.
Mais le choc de l’été reste le départ de Patrick Vieira vers la Juventus. Au lieu de recruter un remplaçant confirmé, Arsène Wenger choisit de faire confiance au jeune Cesc Fàbregas, âgé de seulement 18 ans.
Pendant que Chelsea, Manchester United et Liverpool continuent d’investir massivement, Arsenal paraît décroché dans la course au titre. En Premier League, les Gunners restent irréguliers. En revanche, le club réalise un superbe parcours européen et dispute la première finale de Ligue des champions de son histoire contre le FC Barcelone.
Malgré une prestation héroïque, Arsenal s’incline 2-1 à Paris. En championnat, il faut attendre la dernière journée pour arracher une quatrième place devant Tottenham. Auteur d’un triplé ce jour-là, Thierry Henry embrasse une dernière fois la pelouse de Highbury. Une image devenue mythique.

L’été 2006 débute avec l’un des transferts les plus controversés de l’histoire du club. Ashley Cole, pilier de l’équipe, estime qu’Arsenal manque d’ambition sportive et rejoint Chelsea après plusieurs semaines de tensions.
Son départ provoque la colère des supporters, qui le surnomment rapidement “Ca$hley”. En échange, Arsenal récupère William Gallas, chargé de devenir le nouveau patron de la défense après le départ de Sol Campbell.
Cette période marque également les adieux progressifs de plusieurs Invincibles. Dennis Bergkamp prend sa retraite tandis que Robert Pirès et Pascal Cygan quittent le club.
Le premier match officiel à l’Emirates Stadium ne se déroule pas comme prévu. Arsenal domine Aston Villa mais concède l’ouverture du score par Olof Mellberg, premier buteur de l’histoire du stade. Les Gunners arrachent finalement le nul grâce à Gilberto Silva.
Cette première saison dans le nouveau stade est difficile. Arsenal alterne les performances encourageantes et les frustrations. La défaite à Upton Park contre West Ham United reste notamment célèbre pour ses polémiques arbitrales, au point que même Arsène Wenger en vient aux mains avec Alan Pardew.
Malgré tout, certains jeunes progressent. Robin van Persie devient le meilleur buteur du club en championnat avec 11 buts, tandis que Thierry Henry, souvent blessé, termine avec seulement 10 réalisations.
Après une nouvelle quatrième place anonyme, Arsenal semble clairement entrer dans une phase de transition. Chelsea et Manchester United prennent de l’avance, tandis que Liverpool retrouve des ambitions sous l’impulsion de Steven Gerrard.
Le problème ne concerne pas uniquement le terrain. En interne, le départ du vice-président David Dein fragilise profondément le club. Très proche d’Arsène Wenger, il était considéré comme l’un des principaux architectes de l’ère des Invincibles. Cela rend la position d’Arsène Wenger comme entraîneur d’Arsenal très incertaine.
Quelques semaines plus tard, affecté par ce départ, Thierry Henry décide lui aussi de tourner la page et rejoint le FC Barcelone après neuf saisons exceptionnelles. Le meilleur buteur de l’histoire d’Arsenal laisse derrière lui un immense vide. Pour beaucoup de supporters, la fin d’une époque est désormais officielle.

L’été 2007 paraît inquiétant. Après Thierry Henry, Freddie Ljungberg, un autre Invincible, quitte également le club. Peu d’observateurs imaginent Arsenal jouer le titre. Certains analystes voient même les Gunners sortir du top 4. Les recrues restent discrètes avec l’attaquant Eduardo da Silva et le latéral droit Bacary Sagna, encore méconnus à l’époque.
Pourtant, contre toute attente, Arsenal réalise un début de saison exceptionnel. Après 15 journées, les Gunners affichent 11 victoires et 4 matchs nuls. Le jeu pratiqué séduit toute l’Europe et Arsenal occupe la première place du championnat.
Le 23 février 2008 devient l’une des dates les plus traumatisantes de l’ère Wenger. Opposé à Birmingham City, Arsenal ne parvient pas à faire la différence malgré une supériorité numérique rapide. Le match bascule surtout avec la terrible blessure d’Eduardo, victime d’un choc extrêmement violent. Toute l’équipe semble mentalement touchée, notamment Cesc Fàbregas.
En fin de rencontre, une erreur de Gaël Clichy offre un pénalty à Birmingham, transformé par James McFadden pour le 2-2 au score final. Le capitaine William Gallas, complètement abattu, reste assis sur la pelouse après le coup de sifflet final. Une image qui symbolise parfaitement la fragilité mentale de cette jeune équipe.
À partir de ce match, Arsenal s’effondre. Les Gunners ne remportent qu’une seule victoire lors des huit rencontres suivantes. Même le succès 3-2 chez les Bolton Wanderers tient du miracle. La triple confrontation contre Liverpool en avril expose également le manque d’expérience de l’effectif. En Ligue des Champions comme en championnat, Arsenal craque dans les moments décisifs.
Face à Manchester United et un Cristiano Ronaldo au sommet de son art, les Gunners finissent par abandonner leurs rêves de titre après une défaite 2-1 à Old Trafford. Pourtant, cette saison 2007-2008 laisse aussi entrevoir un futur prometteur. Cesc Fàbregas, Emmanuel Adebayor et Robin van Persie deviennent les nouveaux visages du projet d’Arsène Wenger.
Le problème d’Arsenal n’est alors plus technique, mais mental. Avec quelques recrues d’expérience et davantage de maturité, les supporters commencent malgré tout à croire qu’un retour au sommet reste possible.
Un retour au premier plan prometteur, mais beaucoup de points perfectibles pour Arsène Wenger et ses hommes qui vont devoir redoubler d’efforts et d’idées pour ne pas être distancés par les mastodontes du championnat que sont Manchester United et Chelsea. Mais nous aurons l’occasion de revenir dessus dans un prochain chapitre…
Nithinya Simuong
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