Droits TV : pourquoi 2027 inquiète tout le football français | OneFootball

Droits TV : pourquoi 2027 inquiète tout le football français | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: Peuple-Vert.fr

Peuple-Vert.fr

·19 janvier 2026

Droits TV : pourquoi 2027 inquiète tout le football français

Image de l'article :Droits TV : pourquoi 2027 inquiète tout le football français

Les droits TV reviennent au centre du débat dans le football français, avec une inquiétude qui dépasse la seule Ligue 1. Dans une prise de parole récente, Romain Molina met en cause la communication autour de Ligue 1+ et alerte sur un manque d’anticipation des clubs avant une saison 2026-2027 qu’il annonce financièrement plus rude. Ses propos visent autant la Ligue que les directions de clubs.

La sortie de Romain Molina part d’un constat : la présentation publique de Ligue 1+ ne collerait plus à la réalité du terrain économique. Il rappelle qu’il y a quelques mois, "la Ligue se gargarisait" de chiffres flatteurs, avec une chaîne présentée comme déjà au-dessus du million d’abonnés, voire à 1,2 million. Puis, selon lui, la dynamique s’est arrêtée. "Les mois passent. Et les abonnements n’augmentent pas. Pire: il y avait plusieurs offres en début d’année, des 3 mois, et certains n’ont pas renouvelé." Dans sa version, Ligue 1+ se situerait désormais "autour du million d’abonnés, voire un petit peu inférieur", donc en baisse. Il insiste sur un point qui change la lecture du dossier : "Ligue 1 Plus a perdu des abonnés ces derniers mois au lieu d’être sur cette fameuse rampe vers les 2, 3, 4 millions." L’alerte n’est pas seulement statistique. Elle vise aussi l’attitude des décideurs. "À la Ligue on se dit bon c’est pas grave, on va s’améliorer et tout, ils sont pas tellement paniqués, ce qui est assez fou quand même."


Vidéos OneFootball


Droits TV : Une saison 2026-2027 annoncée comme un mur financier

Le cœur de son argument arrive lorsqu’il projette l’équation de l’an prochain. Molina explique que la saison actuelle bénéficie encore d’un filet de sécurité provisoire. "Cette saison, par chance quelque part, DAZN donne encore 85 millions suite à la rupture du contrat en compensation." Il ajoute l’autre ligne qui, selon lui, ne serait plus acquise ensuite. "Vous avez encore 82,5 millions de beIN cette année." Et il pose son calcul: "85 et 82,5, ça fait 167,5 millions d’euros qui vont disparaître l’année prochaine." Pour lui, le problème dépasse la seule Ligue 1, car la baisse toucherait aussi la Ligue 2, déjà fragilisée. Il donne un ordre de grandeur pour illustrer l’impact: "Un club de Ligue 2… les petits clubs vont peut-être toucher 1 million… avant ils en touchaient 4." Il évoque ensuite des budgets construits sur des recettes qui s’évaporent, avec une conséquence directe sur la DNCG, les ventes et la capacité des propriétaires à combler les trous. Son message vise une forme d’aveuglement collectif. "Quand on t’enlève 165 millions à répartir… et que t’as pas de solution, comment 80% des clubs ne voient pas le problème ?"

L’ASSE citée comme symptôme d’un modèle à revoir

Et puis Molina cite Saint-Étienne pour illustrer une idée simple : l’argent n’apporte pas automatiquement de résultats. "Saint-Étienne, c’est l’exemple typique. Un budget pharaonique pour la Ligue 2 mais une équipe qui ne marche pas du tout sur la Ligue 2." Il insiste sur la différence entre moyens et cohérence sportive, en citant des clubs qui réduisent la voilure et structurent mieux leur modèle. Sa phrase a un double effet : elle renvoie l’ASSE à ses obligations sportives dans un championnat exigeant, mais elle suggère aussi que la crise des droits TV impose une nouvelle discipline à tous, même aux clubs capables de financer des pertes importantes à court terme.

C’est là que l’alerte prend une dimension plus large que la simple bataille des diffuseurs. Molina ne décrit pas une fin du football français, mais une transformation brutale. "Ligue 1 Plus n’a pas du tout le succès escompté… Un million, ça ne suffit absolument pas." Et il conclut sur une conséquence que le marché anticipe déjà : la valeur des clubs, en contexte d’incertitude TV, risque de baisser. Son propos, contestable sur certains chiffres et fondé sur ses informations, a au moins une vertu : il remet une question centrale au milieu du jeu, celle du modèle économique, au moment où les clubs engagent leurs budgets sportifs sur des recettes de plus en plus difficiles à sécuriser.

À propos de Publisher