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·23 janvier 2026
Du revers au retour en force : trois entraîneurs face au lendemain

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·23 janvier 2026

Dans le football, une séparation n’est jamais qu’un fait administratif. C’est le bruit de la porte qui claque, puis un silence qui oblige à relire sa propre histoire. L’entraîneur, lui, reste avec ses carnets, ses séances, ses choix et ce sentiment étrange : on peut avoir raison trop tôt, ou trop tard. Xabi Alonso, Ruben Amorim et Enzo Maresca viennent de traverser cette zone grise où l’on n’est plus sur la touche, mais pas encore ailleurs. Leurs situations ne se confondent pas tout à fait, mais elles racontent la même réalité : un banc n’est pas un trône, c’est un volcan.
Rebondir commence rarement par une signature. Cela commence par une clarification : qu’est-ce qui a réellement échoué ? Était-ce le plan de jeu, le vestiaire, la structure du club, ou la patience de ceux qui décident ? Cette étape compte, car elle évite le piège du simple « effet de mode » : changer de club sans changer de méthode. Les grands retours naissent souvent d’une cure de lucidité, pas d’une revanche.
À Madrid, la marge est infime : la saison peut se retourner en deux soirées et une ambiance qui se fissure. Alonso a quitté le Real Madrid le 12 janvier 2026, annoncé comme un départ « d’un commun accord », avec Álvaro Arbeloa promu pour lui succéder. Son passage a été court, et justement pour cela, il faut éviter le raccourci : réduire Alonso à cet épisode serait oublier ce qu’il a montré auparavant, notamment son travail à Leverkusen.
Pour reconstruire, Alonso peut s’appuyer sur une force rare : une idée de jeu claire et la capacité à l’enseigner. Le prochain projet devra lui offrir deux choses que Madrid accorde difficilement : du temps et une gouvernance lisible. Un club de haut niveau, mais moins brûlant, peut lui permettre de réinstaller son identité sans être contraint de la diluer au premier orage. Une sélection nationale, autre option, pourrait aussi convenir à son profil : moins de quotidien, plus de préparation et une relation différente avec le vestiaire.
Le 5 janvier 2026, Manchester United a annoncé le départ d’Amorim, en expliquant que la direction avait choisi de « faire un changement » alors que le club était sixième de la Premier League ; Darren Fletcher devait assurer l’intérim dès le match suivant. Le communiqué rappelle aussi qu’Amorim avait été nommé en novembre 2024 et avait conduit l’équipe jusqu’à une finale de la Ligue Europa à Bilbao.
Amorim est souvent associé à une structure de jeu exigeante, où le collectif doit croire au plan pour qu’il respire. Son rebond passera sans doute par un environnement qui accepte cette exigence : un club où le recrutement et la préparation sont alignés sur l’idée, et non sur l’humeur du week-end. Le paradoxe, c’est que son passage à United peut devenir un atout : l’expérience d’un vestiaire gigantesque apprend à parler plus simplement, à choisir ses batailles, à protéger son message. La carrière se reconstruit aussi par la maîtrise de la communication, où chaque phrase peut devenir un titre.
À Chelsea, la rupture a été annoncée le 1er janvier 2026 avec une formule volontairement neutre : le club et Maresca ont “parted company”. Le club souligne qu’il a remporté l’UEFA Conference League et la Coupe du monde des clubs pendant son passage. ESPN évoque un contexte tendu, voire un désaccord juridique quant à la nature exacte de la séparation, signe d’une relation déjà abîmée.
Pour Maresca, l’enjeu est de sortir de la caricature du « coach de système » opposé à une structure de club tentaculaire. Son prochain projet gagnerait à être plus vertical et plus lisible : un directeur sportif, un coach, une ligne de décision. Le terrain lui offre un argument fort : des trophées et la capacité à mettre en place une organisation.
Les changements d’entraîneur modifient la perception d’une équipe avant même le premier match, parce qu’ils touchent à ce que les chiffres tentent d’anticiper : l’intensité, le choix de onze, la gestion des fins de rencontre. Les marchés de paris en ligne réagissent à ces signaux comme à une météo : un départ officiel, une nomination, une première conférence de presse, puis un match qui confirme ou contredit l’intuition. Pour beaucoup de supporters, cette lecture chiffrée reste une manière ludique de prolonger le football, au même titre que les débats d’après-match.
Pour Alonso, Amorim et Maresca, les options se ressemblent sans être identiques :
Le point commun : choisir un contexte qui protège le travail, au lieu de le consommer.
Le football moderne adore les idées, mais il met mal à l’épreuve la patience. Alonso sort d’un club où la victoire doit être immédiate. Amorim sort d’une institution qui cherche un cap depuis trop longtemps et finit par brûler ceux qui tentent de l’imposer. Maresca quitte un club où la structure veut rester plus forte que le coach, jusqu’à rendre la cohabitation impossible.
Rebâtir une carrière, pour eux, ne consistera pas à effacer l’échec, mais à le transformer en compétence : mieux lire un vestiaire, mieux négocier un cadre, mieux protéger une idée. Le retour en force, dans ce métier, n’est pas un sprint. C’est une marche bien orientée.








































