Calciomio
·12 avril 2026
« En Italie, seuls les supporters se soucient vraiment de l’équipe nationale » : le président de la fédération italienne vide son sac

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·12 avril 2026

Président de la Federazione Italiana Giuoco Calcio depuis 2018, Gabriele Gravina a dressé un constat lucide et sans détour du football italien dans un entretien accordé au Corriere della Sera, après avoir démissionné la semaine dernière
Interrogé sur le rôle du football dans les dynamiques politiques, le dirigeant rejette toute responsabilité directe : « Non, et je l’ai dit à plusieurs reprises. La Fédération promeut le football avec un impact important sur la société civile. Il suffit de penser aux plus de 800 000 mineurs impliqués, aux projets menés avec les écoles, ainsi qu’aux programmes sur l’inclusion et la durabilité sociale et environnementale. Sans parler des résultats positifs des équipes nationales de jeunes et de ceux de l’équipe féminine. Peut-être aurais-je dû être meilleur comme joueur : j’ai manqué deux penalties contre la Suisse et trois occasions face à la Bosnie, puis, encore sur penalty, j’en ai envoyé un au-dessus et un autre sur la barre. J’aurais peut-être dû m’entraîner davantage… ».
Au moment d’expliquer l’absence de l’Italie en Coupe du monde depuis 2014, Gravina pointe un problème structurel : « Nous avons désormais lancé un projet avec les enfants pour remettre la technique au centre. La vérité, c’est qu’il est difficile de poursuivre l’intérêt commun. La filière du talent italien ne se développe pas pleinement parce que les clubs, qui sont des entreprises privées, suivent leurs propres intérêts et ne considèrent pas comme prioritaire le temps et les efforts nécessaires pour faire éclore un jeune sélectionnable en équipe nationale ».
Enfin, en comparant l’Italie aux grandes nations européennes, il ne cache pas son admiration pour l’Allemagne : « Vous savez que j’adore le modèle allemand. Ils sont repartis de zéro, au sens propre, tous unis autour d’un même objectif. Et aujourd’hui, ils commencent à en récolter les fruits. C’est une vision à long terme qui n’existe pas chez nous. Disons-le clairement : en Italie, seuls les supporters se soucient vraiment de l’équipe nationale. Les autres, y compris la politique, ne s’en servent que pour se positionner quand les choses vont mal ».
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