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·22 mai 2026

Endler (OL Lyonnes) : "Chez la gardienne, la moindre erreur coûte cher..."

Image de l'article :Endler (OL Lyonnes) : "Chez la gardienne, la moindre erreur coûte cher..."

EXCLU - Gardienne d'OL Lyonnes depuis cinq saisons, Christiane Endler va vivre sa troisième finale de Ligue des champions ce samedi, la troisième contre le FC Barcelone. Sous les critiques après la demi-finale aller contre Arsenal, la Chilienne a appris à relativiser depuis la naissance de sa fille en février dernier.

Olympique-et-Lyonnais : Après la demi-finale contre Nantes, Jonatan Giraldez a dit que c'était enfin le moment de penser à cette finale de Ligue des champions...

Christiane Endler : Oui, des fois c'est compliqué de ne pas penser à ça, comme avant le match de Nantes. Mais je pense qu'on avait fait le boulot, on avait bien bossé les matchs et là, depuis des jours, on est concentré totalement sur Barcelone et sur la finale. Ça va être un beau match, un match difficile.


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Vous parlez du fait que c'était difficile de ne pas y penser. Arsenal, ça remonte quand même à trois semaines, il y a eu la finale de Coupe de France, cette demi-finale de play-off, est-ce que le fait que ce soit des matchs à enjeu, ç'a été aussi plus facile pour rester focus ?

Oui, bien sûr, quand tu as des matchs importants, finales, demi-finales, tu dois rester concentré sur ça parce qu'on a des objectifs clairs ici, on veut tout gagner. On a la chance de jouer toutes les finales de toutes les compétitions qu'on avait jouées et ça c'est très bien déjà. Mais on est des compétitrices, on veut aller jusqu'à la fin et gagner les titres, et pour ça, on doit rester focus sur chaque match, c'est important et le match de Nantes aussi, c'était un match pour préparer Barcelone.

Vous avez eu des difficultés en première mi-temps contre Nantes. Est-ce que ç'a été aussi une piqûre de rappel positive qu'il va falloir être à 100% d'entrée ?

Des fois ça fait du bien d'avoir des matchs comme ça parce qu'après tu ne fais pas les mêmes erreurs, mais je crois que c'était difficile pour nous et pour Barcelone aussi. J'ai regardé le match et les déclarations, elles ont dit la même chose, qu'elles ne peuvent pas jouer comme ça en deuxième mi-temps et nous, on ne peut pas jouer comme ça en première mi-temps. Ça va être un match complètement différent mais c'est aussi la motivation, l'ambiance.

"On n'a pas oublié la finale de Bilbao"

Ada Hegerberg dit que c'est la meilleure période pour une joueuse. Vous êtes d'accord ?

Oui, c'est la meilleure période de l'année et c'est vrai que pour nous les gardiennes, des fois c'est un peu difficile de jouer ici à l'OL Lyonnes parce qu'on n'a pas beaucoup de choses à faire pendant les matchs, on n'a pas beaucoup de travail. Durant les derniers mois on avait bien bossé, on avait eu de bonnes rivales et de bons matchs et ça fait du bien, ça fait du plaisir de jouer des matchs de haut niveau.

Sans dire qu'il n'y avait plus cet état d'esprit, mais on a l'impression que l'esprit compétiteur au sein du groupe est monté d'un cran cette saison ?

Je pense qu'on n'avait pas perdu l'esprit compétiteur récemment, on est toujours là, on avait joué en demi-finale l'année dernière et on avait perdu un match ou deux pendant toute la saison. Ce n'était pas une catastrophe, bien sûr on n'avait pas gagné la Ligue des champions, on n'avait pas gagné la Coupe de France mais ce n'était pas terrible. Sur les moments qui sont plus décisifs, on n'avait pas bien joué, contre Arsenal, on avait tout fait à l'envers et ça nous a coûté la Ligue des champions. Mais je pense que pour être ici, tu dois être compétitrice, tu dois être ambitieuse, tu dois avoir des objectifs très élevés, sinon tu ne peux pas jouer à OL Lyonnes.

Ça fait cinq ans que vous êtes au club, ça va être votre troisième finale de Ligue des champions, la troisième contre le Barça. Il y a une victoire chacune. Est-ce que samedi il va y avoir un peu un sentiment de revanche par rapport à ce qu'il s'est passé en 2024 ?

Je ne sais pas si c'est une revanche. Mais c'est toujours bien de jouer contre une équipe contre qui tu sais que ça va être difficile, que tu sais qu'il y a une compétition directe, et toutes les années c'est peut-être les favoris pour gagner la Ligue des champions. J'avais joué deux finales et c'était très serré les deux et ça fait du bien, on veut jouer les matchs comme ça. Bien sûr on n'a pas oublié la finale à Bilbao, c'était dur, ça fait mal après un match mais ça donne aussi un état d'esprit certainement différent pour les filles qui sont là depuis longtemps. Ça fait mal de ne pas gagner la Ligue des champions depuis trois ans déjà. On veut ramener la coupe à la maison.

"Souffrir nous a peut-être fait du bien"

On oppose souvent OL Lyonnes et le Barça depuis plusieurs années. En tant que joueuse quel regard potez-vous sur le Barça, sur ce qu'ils mettent en place depuis toutes ces années ?

Bien sûr c'est une équipe très compétitive qui a trouvé une manière de jouer très efficace. Ils attaquent beaucoup, ils sont très complets et ça va être un match certainement compliqué. On doit être capable de souffrir un peu aussi pour gagner ce type de match. Ça va être très serré et on a les mêmes ambitions et on veut lutter pour être les championnes d'Europe. C'est une équipe qui a la consistance et la régularité ces dernières années. Ce n'est pas évident et ce n'est pas facile à faire.

Le fait d'avoir été dos au mur contre Wolfsburg et Arsenal peut-il être un avantage ? De se dire, même en cas de difficultés, on sait qu'on peut réagir ?

Oui je pense que ça va aider. On a eu des matchs peut-être plus difficiles que Barça ou plus serrés. Ça t'a aidé pour donner plus, à souffrir pour avoir l'expérience aussi de revenir sur un match compliqué et surtout soutenir l'espoir jusqu'à la fin et croire qu'on peut gagner tous les matchs même si on prend un but ou quelque chose comme ça.

Est-ce qu'une finale se prépare différemment d'un autre match on va dire un peu plus classique ?

Oui bien sûr l'état d'esprit est différent et la concentration aussi. On sait que chaque entraînement compte, qu'on doit rester focus, qu'il y a des choses importantes à voir avant les entraînements sur les réunions qu'on a. Ça se sent dans l'ambiance que c'est une semaine particulière.

"Cette saison, je suis davantage dans la transmission avec les jeunes gardiennes"

Pour les joueuses de champ on parle beaucoup de mise en place tactique de vidéos. Pour une gardienne une semaine de préparation d'une finale ça correspond à quoi par exemple ?

On a des vidéos sur lesquelles on voit les attaquantes, on voit la récupération, la phase offensive de Barca et comment sortir la balle de derrière aussi. C'est un peu pareil que ce que font les joueuses de champ à la fin.

Vous avez un nouvel entraîneur des gardiennes depuis cette saison. L'adaptation à sa façon de travailler a-t-elle été facile ?

Oui c'est un peu différent et on travaille plus peut-être sur les positions dans les buts pour la ressortie des balles aussi, le jeu au pied, et c'est une part importante du jeu aujourd'hui. On essaie de faire un peu tout, mais c'est vrai qu'on travaille bien depuis longtemps ici.

Avec la blessure de Teagan (Micah) depuis quelques mois, le groupe des gardiennes a rajeuni. Quel est votre rôle au quotidien ? Vous êtes plus dans la transmission ces derniers mois ?

Franchement on a une très belle ambiance entre nous, on a une petite équipe qui a une belle cohésion. On est très proches, on parle beaucoup et j'essaie de voir des choses que les filles peuvent améliorer. J'essaie de leur dire et de donner des conseils aussi. Ça passe très bien, Teagan nous manque aussi, c'est dommage qu'elle ne puisse pas être avec nous tous les jours. Mais on travaille très bien et ça fait plaisir de travailler avec Féérine et Lou parce que les deux ont à chaque fois un bon état d'esprit, elles veulent travailler, elles veulent progresser.

"À Arsenal, je prends l'entière responsabilité de l'erreur"

On dit souvent que le groupe des gardiens ou des gardiennes est un groupe dans le groupe, c'est vrai ?

C'est exact, on passe beaucoup de temps ensemble, séparés de l'autre groupe, et c'est important d'avoir une ambiance positive pour bien travailler.

Vous parliez du jeu au pied. On le voit de plus en plus utilisé. A OL Lyonnes, ça fait un moment déjà, mais est-ce la suite logique dans l'évolution du poste de gardienne dans le foot féminin actuel ?

Oui, je pense que déjà on le voit beaucoup, un bon gardien doit bien jouer avec les pieds, c'est très important pour la sortie des balles, pour donner de la confiance aussi à notre coéquipière qui peut jouer avec nous et que ça ne va pas être la m***e.

Ça peut permettre aussi de changer l'image de la gardienne ? On sait que ce poste a souvent fait face à des critiques...

Je pense que l'image des gardiennes a déjà changé depuis des années. On demande fréquemment d'avoir une bonne gardienne, mais avant on n'avait pas de travail spécifique, on n'avait pas de coach, on n'avait pas de place pour travailler. Je pense qu'avec l'évolution du foot féminin, le poste avait évolué aussi, on voit au niveau mondial qu'il y a de très bonnes gardiennes. On nous voit jouer de mieux en mieux et ça, c'est bien.

Dans ce parcours européen, il y a cette demie aller contre Arsenal. Il y a cette erreur sur le premier but londonien. Comment avez-vous vécu ce qui s'est dit et comment le gère-t-on ?

Oui, à part de l'erreur évidente que j'ai faite et dont je prends toute la responsabilité, je pense que je n'ai pas fait un mauvais match, j'avais des bonnes sensations et je fais un bon travail. Mais c'est vrai que, comme vous dites, chaque fois qu'on fait une erreur ça coûte cher. Mais on est des êtres humains, on n'est pas parfaits, on fait des erreurs, ça fait partie de la vie aussi et ça ne me définit pas comme gardienne. Toutes les autres choses que j'ai bien faites, c'est ça qui me pousse tous les jours. Bien sûr ça fait mal de faire des erreurs comme ça, mais dans le foot on a la chance de pouvoir revenir et de montrer que nous sommes capables de faire des erreurs et de revenir plus forts.

"Avec la Première Ligue, il est parfois difficile de savoir si on est dans un bon moment"

Est-ce qu'il n'y a quand même pas une part de frustration de se dire qu'on fait 2-3 parades avant qui permettent de rester devant au score et que tout est remis en cause derrière avec cette erreur ?

On a l'habitude, c'est comme ça, ça fait partie de notre travail. C'est un poste dans lequel il y a une responsabilité de ne pas faire d'erreurs, mais ça arrive des fois. On travaille pour réduire au maximum les erreurs, mais ça peut se passer. Ça fait mal un jour ou deux jours, tu te casses la tête un peu, mais derrière, j'ai pu répondre présente contre Nantes avec beaucoup d'arrêts. J'essaye de ne pas rester sur cette erreur alors que j'avais de bonnes sensations.

Sans comparer Première Ligue et Ligue des champions, passer de l'une à l'autre des compétitions n'est-il finalement pas trop difficile pour une gardienne qui n'a rien à faire pendant des mois ?

Des fois c'est difficile de maintenir les niveaux. Parfois, tu ne sais pas si tu es dans un bon moment ou pas parce que tu n'as pas beaucoup de travail à faire ou les occasions sont différentes. La pression est différente aussi de jouer contre une équipe alors que tu as déjà 15 points d'avance sur les deuxièmes. Contre Arsenal, il y a mon erreur, mais on n'avait pas bien joué, c'était un mauvais match de tout le monde et c'était presque logique de perdre.

Ça nous a aidées pour revenir le match d'après. Peut-être si on avait eu un match nul, on n'aurait pas eu le même esprit pour jouer à la maison les sortir. On avait vu la saison dernière qu'on avait gagné 2-1 là-bas et qu'on avait très mal joué derrière. Mais c'est vrai que c'est difficile d'avoir un bon niveau si tu n'as pas beaucoup de compétition dans le championnat.

Pour parler du côté personnel mais aussi de ce match contre Arsenal, le fait d'avoir été maman quelques semaines plus tôt vous a permis de relativiser, de prendre moins à cœur les critiques en vous disant qu'il y a quelque chose de plus important dans la vie ?

Oui, ça change vraiment. Ça change quand tu arrives à la maison, tous les problèmes, tu les laisses dehors. Tu as un autre rôle, une autre préoccupation et c'est exact aussi que je réfléchis beaucoup à comment je peux dire à ma fille que tu peux faire des erreurs dans la vie si moi je ne me permets pas de faire des erreurs. Je pense que ça va beaucoup changer ma mentalité et ça va changer la vision que j'ai de moi et comment j'ai pu réagir durant les mauvais moments que j'ai pu avoir dans la vie.

"Amel (Majri) a ouvert une porte avec son bébé"

Avoir un enfant est un grand bouleversement dans la vie d'une femme. Mais au niveau de la sportive, est-ce que vous avez dû vous adapter pour performer comme maman et comme sportive de haut niveau ?

Bien sûr, ça change, ça change beaucoup de choses. À la maison, il a fallu adapter le mode de vie. Parfois, j'arrive à la maison et je ne peux pas me reposer. Mais on essaye avec ma femme de faire le mieux possible pour que je puisse bien récupérer, surtout avec le match, de bien dormir, donc je suis dans une chambre à côté. J'ai la chance de pouvoir avoir son soutien et qu'elle comprend l'importance de bien récupérer, etc. On est bien organisées maintenant pour réussir toutes les deux à avoir un moment pour chacune et pour rester concentrées sur le travail aussi.

Avec votre retour en sélection du Chili, les voyages pendant la trêve risquent d'être un peu plus compliqués à vivre... 

Oui, j'en ai déjà fait une et c'est... compliqué... Je sais qu'elles restent ici toutes les deux seules. C'est compliqué aussi pour ma femme d'être toute seule avec elle. Mais on a eu la chance aussi d'avoir mes parents ici qui nous ont aidés et des amis qui viennent, et ça fait du bien d'avoir un soutien d'autres personnes pour ce moment qui est plus compliqué que d'habitude.

A OL Lyonnes, il y a eu Amel (Majri) qui a eu un enfant avant vous. Il y a eu des choses qui ont été mises en place. C'est aussi plus rassurant de se dire qu'il y a un accompagnement au club pour plus tard ?

Oui, le club a déjà très bien fait. On avait eu des box privées pour que Sofia et Mila puissent venir voir les matchs. Je sais que j'ai le soutien du club et ils sont toujours disponibles pour nous aider et avec l'expérience d'Amel, elle a ouvert une porte. Je ne veux pas dire que c'était fermé avant mais aujourd'hui ça passe très bien.

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