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·30 avril 2026

Endrick avant le Mondial : « Je dois y être »

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Le virage est net pour Endrick. Après des mois compliqués à Madrid, marqués par une blessure à la cuisse et un temps de jeu réduit à trois apparitions en six mois, le Brésilien a retrouvé de l’élan à Lyon, où il a disputé 18 matches pour sept buts et sept passes décisives. Cette montée en puissance a rouvert la porte de la sélection, alors qu’Ancelotti l’avait d’abord présenté comme un joueur de l’avenir plutôt que du présent.

L’intéressé assume ce parcours heurté sans chercher à l’édulcorer. « C’était une nuit de doutes et un sentiment d’urgence », confie-t-il au sujet du match contre la Croatie, en mars, qu’il a vécu comme un possible tournant pour sa carrière internationale. Entré en jeu pendant seulement 15 minutes, il a pourtant pesé sur la rencontre, provoquant un penalty puis délivrant une passe décisive dans la victoire brésilienne 3-1.


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Se reconstruire loin des critiques

Le changement le plus profond chez Endrick semble aussi mental. Le jeune attaquant raconte qu’il a longtemps laissé les réseaux sociaux et les commentaires dicter son humeur, avant d’apprendre à s’en détacher. « Je ne prête plus attention à ce que les autres disent », explique-t-il, ajoutant qu’il se concentre désormais sur « le football » et sur le travail collectif. Cette prise de distance, dit-il, lui permet de jouer avec davantage de liberté.

Il reconnaît aussi que la blessure a été un passage éprouvant. « J’avais vraiment peur. J’ai pleuré plusieurs fois », raconte Endrick, qui dit avoir craint la rechute, la perte de forces ou une reprise compromise. L’absence des terrains lui a fait comprendre la fragilité d’une carrière, surtout quand la concurrence est forte et que chaque minute compte pour exister. Pour lui, cette épreuve a accéléré sa maturité.

Son évolution à Lyon s’inscrit dans ce même mouvement. En France, Endrick a retrouvé de la continuité, du rythme et des responsabilités, ce qui a renforcé sa crédibilité auprès d’Ancelotti avant la liste finale pour le Mondial 2026. Le sélectionneur brésilien a d’ailleurs reconnu les performances du joueur dans son championnat comme un élément qui compte dans sa réflexion. Pour l’attaquant, la priorité reste simple : confirmer encore avant que le choix final ne tombe.

Une vie qui change

Au-delà du terrain, Endrick traverse aussi une période de bascule personnelle. Il attend un enfant avec sa femme Gabriely et dit vouloir protéger ce futur bébé du milieu du football, qu’il décrit comme un univers « très difficile ». « J’espère qu’il ou elle deviendra une personne formidable », dit-il, en insistant sur son souhait que son enfant mène « une vie paisible ».

Cette projection vers l’avenir dit beaucoup de sa façon d’aborder sa propre carrière. Endrick ne se rêve pas seulement en buteur décisif ou en futur cadre de la Seleção ; il veut aussi construire une forme d’équilibre en dehors des stades. « J’aimerais qu’il me voie en dehors du terrain comme une personne normale », affirme-t-il, comme pour rappeler que la notoriété ne résume pas une vie. Son discours tranche avec l’image parfois brutale du jeune prodige exposé trop tôt.

Dans ce contexte, ses souvenirs du Real Madrid prennent une autre couleur. Le Brésilien insiste sur le rôle de Jude Bellingham, qui l’a aidé à s’adapter à la vie madrilène et à surmonter la barrière de la langue. Il dit aussi avoir été impressionné par Luka Modric, présenté comme un modèle de discipline et d’exigence jusqu’à 40 ans. Ces figures du vestiaire ont compté dans sa progression, autant que les matchs et les buts.

Dernière ligne droite

Le prochain objectif est clair : convaincre jusqu’au bout Carlo Ancelotti. Le Brésil ouvrira sa Coupe du monde contre le Maroc le 13 juin, et la place d’Endrick dans la liste n’est pas encore sécurisée. Il lui reste trois matches avec Lyon pour terminer sa mission en club sur une note forte et rester dans la course à une convocation mondiale.

Endrick sait que sa situation reste instable, mais il affirme avoir retrouvé une forme de lucidité. « Mon premier souhait est de disputer la Coupe du monde. Je dois y être », dit-il sans détour. Avant de penser au titre, il insiste sur le travail immédiat à Lyon, où ses performances doivent encore parler pour lui. C’est là que se joue une grande partie de son été.

Sa trajectoire raconte finalement celle d’un joueur qui a dû apprendre vite. Blessure, doutes, prêt, retour en forme, vie de futur père : Endrick traverse une période où tout s’accélère, sur et en dehors du terrain. À l’approche du Mondial, il a retrouvé une idée simple pour avancer : jouer, encore jouer, et laisser le reste suivre.

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