Foot National
·26 juin 2026
Entretien - Benjamin Le Foll (Montlouis) : "Luc Davaillon a le profil idéal pour mener à bien la reconstruction de l'équipe"

In partnership with
Yahoo sportsFoot National
·26 juin 2026

Maintenu à l’issue d’une première saison intense en National 2, le FC Montlouis aborde un été charnière. Entre vague de départs, restructuration interne et arrivée de Luc Davaillon, les Montlouisiens entament un nouveau cycle. Le président Benjamin Le Foll fait le point sur le mercato, rassure sur le passage devant la DNCG et dévoile les nouvelles ambitions du club.
Pour cette première saison de son histoire en National 2, le FC Montlouis a réussi à obtenir son maintien. Quel bilan tires-tu de cet exercice ?
C'est un bilan extrêmement positif. Durant la première partie de saison, il a fallu prendre la mesure et jauger le niveau de cette division afin d'hausser le nôtre. Lors de la seconde moitié du championnat, nous avons affiché beaucoup plus de sérénité et de certitudes quant à notre capacité à jouer ensemble et à performer face à des équipes bien plus expérimentées. Terminer à la 11e place pour une première saison est une véritable performance. Si on nous avait annoncé ce résultat pendant la préparation estivale, nous aurions signé des deux mains. Sur le plan individuel, l'éclosion d'un joueur comme Alan Mondesir (l'attaquant a rejoint le FC Annecy en Ligue 2, ndlr) est une superbe satisfaction, même si ce type de trajectoire fait désormais partie de la marque de fabrique du club. Enfin, nous avons vécu de magnifiques émotions, notamment en recevant les Girondins de Bordeaux au stade de la Vallée du Cher. Ce fut une superbe opportunité de mettre en avant le football tourangeau. Nous sommes vraiment très satisfaits.
Le 9 juin dernier, la DNCG a prononcé un "sursis à statuer" à l'encontre du club. Faut-il s'inquiéter, ou est-ce plutôt une bonne nouvelle ?
Il ne faut pas s'inquiéter, c'est une procédure tout à fait classique. Un "sursis à statuer" signifie simplement que la commission suspend sa décision finale dans l'attente d'éléments complémentaires. Ce n'est en aucun cas une sanction ou une menace de rétrogradation. Nous allons d'ailleurs finaliser et envoyer les pièces demandées rapidement. Les échanges vont déboucher de manière certaine sur un encadrement de notre masse salariale, ce qui est logique. Il faut être lucide : sur le plan économique, cette saison a été compliquée. Montlouis reste une petite commune avec des moyens limités, même si cela ne doit pas freiner nos ambitions. De plus, un changement de présidence en cours d'exercice n'est jamais simple à gérer pour la stabilité d'une structure, et certains engagements financiers de partenaires n'ont pas été tenus. Nous en tirons les enseignements nécessaires pour travailler différemment et apporter un maximum de garanties à la DNCG à l'avenir.
L'entraîneur Zakaria Tahri est parti à l'issue de la saison. Pour le remplacer, le club a nommé Luc Davaillon, malgré un passage récent et difficile du côté du Stade Poitevin. Pourquoi ce choix ?
Vous imaginez bien que lorsqu'une place se libère sur un banc de National 2, les candidatures se bousculent. Mais Luc possédait de nombreux atouts pour nous convaincre. Sa connaissance de la Touraine. C'était un critère important, puisqu'il a évolué ici en tant que joueur lorsqu'il avait une vingtaine d'années. Son expérience de bâtisseur. Même si son aventure à Poitiers ne s'est pas terminée comme il l'espérait cette saison, il ne faut pas oublier qu'il est le coach qui a fait monter cette équipe de National 3 en National 2 lors de sa première année, et ce, au détriment de Montlouis. Il a réussi à ramener Poitiers en quatrième division alors que le club courait après cet objectif depuis des années, avant d'enchaîner sur un maintien la saison suivante. Dans le football, la carrière d'un entraîneur est faite de réussites et, parfois, de périodes plus complexes dues à des facteurs internes au club qui ne sont d'ailleurs pas toujours partagés avec les médias. Cela ne remet en rien en question ses qualités techniques et humaines. Luc a cette capacité rare à bâtir un effectif et à s'intégrer parfaitement dans une structure familiale comme la nôtre. C’est le profil idéal pour mener à bien la reconstruction de l'équipe sur un cycle de 2 à 3 ans.
Tu parles d'une fin de cycle. Quel est le nouveau projet du club pour les trois prochaines années ?
L’objectif est de continuer à progresser. Quand on termine 11e pour sa première saison, la suite logique est de viser le top 10 pour l'exercice suivant. Par ailleurs, nous voulons continuer à faire émerger un ou deux profils à fort potentiel chaque année, comme nous l'avons fait avec Alan Mondesir ou Matthéo Veillon la saison précédente. Permettre à de jeunes talents de franchir un ou deux paliers vers le monde professionnel doit rester dans l'ADN du FC Montlouis. Enfin, nous poursuivons la professionnalisation de notre approche autour de l'équipe fanion. Le staff technique va s'élargir de manière conséquente pour donner à Luc Davaillon toutes les armes nécessaires afin d'atteindre nos objectifs. En parallèle, le club doit se structurer et faire évoluer son budget de manière progressive sur les 3 à 4 ans à venir.
Concernant le mercato, une vague importante de départs a été officialisée ces dernières heures. Comment vit-on cette situation en interne, et surtout comment la gère-t-on avec l'un des plus petits budgets du championnat ?
Lorsque votre entraîneur s'en va pour rejoindre la grosse métropole voisine (Zakaria Tahri a rejoint l'Union Foot de Touraine, ndlr), vous vous doutez bien que certains éléments talentueux de votre effectif vont le suivre. Ce n'est pas un drame, car c'est aussi grâce à lui qu'ils étaient venus chez nous. Le monde du football est ainsi fait : nous ne retiendrons jamais un joueur qui exprime des velléités de départ, et nous leur souhaitons le meilleur. Le nouvel entraîneur effectue également ses propres choix concernant les joueurs qu'il souhaite conserver ou non. Nous faisons face à une fin de cycle classique avec une dizaine de départs au total, dont plusieurs cadres de l'équipe type. Notre nouveau coach, Luc Davaillon, a accepté le poste en parfaite connaissance de cause.
Comment allez-vous compenser ces départs ? Faut-il s’attendre à une avalanche de recrues ou à un recrutement très ciblé ?
Nos capacités économiques ne nous permettent pas d'empiler les joueurs pour le plaisir de les empiler. En revanche, la quantité de départs nous oblige à recruter de manière significative. Nous avons ciblé 11 arrivées au total. À ce jour, 7 signatures sont d'ores et déjà actées. L'idée est vraiment de s'inscrire sur le long terme avec notre nouvel entraîneur. Contrairement à ses expériences passées, il a ici les cartes en main et une totale liberté sur le volet du recrutement pour sélectionner des profils qui collent parfaitement à la mentalité de Montlouis. C'est essentiel pour nous. Pour symboliser ce nouveau cycle, le club va également dévoiler un nouveau logo qui sera effectif pour la saison 2026-2027. Nous communiquerons dessus ainsi que sur la composition complète du staff élargi dans les quinze prochains jours. Nous essayons de travailler sereinement et différemment pour récolter des fruits encore plus beaux la saison prochaine.
Retrouvez l'actualité du monde du football en France et dans le monde sur notre site avec nos reporters au coeur des clubs.







































