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·29 juin 2026
Entretien - Grégory Kélo (FC Cartagena) : « J’ai eu quelques sollicitations en Ligue 2, pourquoi pas revenir un jour en France ? »

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·29 juin 2026

Partir pour continuer à grandir. Auteur de prestations très convaincantes en Ligue 3 (ex-National) ces derniers mois sous les couleurs de La Berrichonne de Châteauroux, Grégory Kelo a décidé de quitter la France malgré l’interêt de nombreux clubs de Ligue 2 et de troisième division. Plus jeune joueur de l’histoire à avoir signé un contrat aspirant à Clermont en 2019, le polyvalent défenseur central est aussi passé par le FC Nantes et le FC Metz. À 22 ans, il a pris la décision de rejoindre l’Espagne et Cartagène pour élargir sa palette. Entretien avec un défenseur qui a la tête sur les épaules, et qui n’a pas mis de côté son rêve de porter le maillot de la sélection de la République démocratique du Congo.
Comment te sens-tu physiquement ?
Actuellement, je me sens très bien. J'ai entamé ma troisième semaine de préparation individuelle et j'ai hâte que la reprise collective avec mon club commence.
Tu as décidé de quitter La Berrichonne de Châteauroux cet été malgré l’envie du club de te conserver. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
Tout d'abord, j'aimerais remercier La Berrichonne de Châteauroux, qui a facilité mon transfert vers mon nouveau club, le FC Cartagena. Concernant mon départ, la relégation sportive que nous avons subie cette saison a forcément pesé dans ma balance. J'ai eu l'opportunité de rester, et j'en avais envie aussi, mais l'offre de Cartagena représentait un excellent projet, au sein d'un grand club. C'est ce qui m'a convaincu de prendre cette décision.
Tu es apparu à 18 reprises avec l'équipe première cette saison. Qu’est-ce qui t'a empêché d’enchaîner davantage ?
Oui, j’ai disputé 18 matchs la saison dernière. J'ai connu deux coachs différents, avec des philosophies de jeu et des méthodes de travail distinctes. Franchement, j'ai appris des deux. Avec Valentin Guichard, je n'ai commencé à jouer régulièrement qu'après une dizaine de matchs, mais cela m'a fait grandir et progresser. Durant cette période un peu plus compliquée, j'ai eu la chance d'évoluer avec la réserve, ce qui m'a donné encore plus de motivation pour aller chercher une place de titulaire par la suite. J’ai ensuite pu enchaîner en fin de saison sous les ordres de Damien Ott.
Tu es monté en puissance au fil des semaines, mais cela n’a pas suffi à ton équipe pour se maintenir en National. Que vous a-t-il manqué ?
Je pense qu’il nous a manqué un peu de détermination sur certaines rencontres. La saison est longue et la relégation ne s'est malheureusement pas jouée sur le dernier match. Nous avons disputé 32 journées et nous avons laissé filer trop de points en route. C'est comme ça, on grandit, on apprend. Je souhaite en tout cas tout le bonheur possible à La Berrichonne de Châteauroux pour la suite.
Tu étais suivi en Ligue 2 également. Pourquoi ne pas avoir poursuivi ton aventure en France ?
C'est vrai, j'ai eu quelques sollicitations en Ligue 2, ainsi que des discussions avancées avec d'autres clubs étrangers. La France est un pays qui me tient à cœur, mais ce challenge en Espagne m'a galvanisé et m'a vraiment donné envie de foncer. Après, pourquoi ne pas revenir en France plus tard !
Tu as signé au FC Cartagena, un club important en Espagne. Qu’est-ce qui t’a poussé à faire ce choix ?
J’ai eu un excellent feeling avec le directeur sportif, que je tiens à remercier, mais aussi avec le président et le coach. Ils ont eu un discours très valorisant à mon égard et ont multiplié les démarches pour que ce transfert se réalise. Maintenant, c'est à mon tour de les remercier sur le terrain.
La qualité de vie en Espagne n’a-t-elle pas également penché dans la balance ?
Disons que c'est un bonus non négligeable. Mais honnêtement, ce qui a dicté mon choix, c’est vraiment le projet sportif, l’intérêt concret que le club m’a manifesté et l’histoire qui entoure ce club.
En Espagne, tu vas affronter des équipes réserves de très grands clubs, ce qui offre une belle vitrine. Est-ce que cela a pesé, plutôt que de te contenter d'un statut de joueur de rotation en Ligue 2 ?
Je vais avoir la chance d'évoluer dans un très bon championnat, qui est déjà pleinement professionnel. Mais pour l’instant, je ne pense pas à l'avenir : je me focalise uniquement sur mon club, sur la saison qui nous attend, et on verra bien par la suite.
Tu vas vivre ta deuxième expérience à l’étranger, après avoir évolué avec les U19 de Ternana juste après la période Covid-19. Tu te sens prêt ?
Cette première étape à l'étranger m'a fait mûrir et m'a appris énormément de choses. Je me prépare de la meilleure des manières pour arriver en pleine forme en Espagne.

Tu es passé par le FC Nantes, Clermont — où tu as été le plus jeune contrat aspirant de l’histoire du club — puis Metz. C'est un sacré bagage pour réussir...
Je tiens d'abord à remercier tous les clubs par lesquels je suis passé, car ils m'ont tous apporté quelque chose dans ma jeune carrière. Aujourd'hui, à 22 ans, j'ai la chance de signer mon premier contrat professionnel dans un club historique. Toutes ces étapes m'ont fait grandir et ont fait de moi l'homme et le joueur que je suis aujourd'hui.
Comment te décrirais-tu pour les supporters et les observateurs qui ne t’ont pas suivi en National ces derniers mois ?
Je suis un joueur généreux, combatif, qui aime donner de sa personne et qui joue avec le cœur. Je ne triche jamais sur un terrain. Je pense que ce sont les mots qui décrivent le mieux le joueur que je suis et l'image que je veux renvoyer.
Tu es encore jeune (22 ans), mais tu as déjà évolué dans de grosses structures. Tu dégages une certaine sérénité sur le terrain, d’où cela te vient-il ?
C'est assez naturel chez moi. J'essaie simplement de jouer de la meilleure des manières et de me donner au maximum. C'est mon comportement, sur le terrain comme en dehors, qui reflète cette sérénité au quotidien.
Que souhaites-tu améliorer pour ta première saison en Espagne ?
Dans un premier temps, il y aura l'adaptation culturelle. Arriver dans un pays où l'on parle une autre langue est un défi différent, qui va encore me faire grandir. Ensuite, sur le terrain, je veux progresser sur les aspects technique et tactique. L'Espagne est l'un des pays les plus avancés et développés d'Europe à ce niveau, et c'est précisément ce qui va me permettre de franchir un cap.
Parlons de ton aventure en Italie. Comme énormément de jeunes Français avant et après toi, tout n'a pas été simple. Comment s’est passée ton arrivée là-bas ?
J’ai été très bien accueilli par l'ensemble du club, que ce soit par les joueurs ou les bénévoles. Cela a été une étape importante de ma vie qui m'a fait mûrir. Pour ma part, je ne retiens que le positif de cette expérience et je ne souhaite pas m’attarder sur le reste.
Pour quelle raison as-tu décidé de rentrer en France un an plus tard, à Metz plus précisément ?
J’avais l'opportunité de rester une saison de plus en Italie, mais la proposition de Metz est tombée au bon moment. J'avais l'ambition d'intégrer un championnat senior et j'ai eu la chance de le faire avec le FC Metz en National 2.
N’est-ce pas aussi le rôle des agents, aujourd'hui, d’éviter d'envoyer de jeunes joueurs dans ces contextes parfois compliqués en Italie ?
Je pense que chaque joueur a sa propre vision du football. L'Italie possède une très belle culture de ce sport. Après, tout dépend évidemment du contexte, du club dans lequel vous tombez et de la confiance que l'on vous accorde. Mais pour moi, cela reste une expérience enrichissante à vivre.
Comment fait-on pour rester focalisé sur son football quand on est si jeune et si loin de sa famille ?
J’ai eu la chance d'être bien accompagné en Italie par le directeur sportif et par le coach. C'est ce qui m'a poussé à continuer à travailler et à progresser, malgré l'éloignement. Cela a payé puisque j'ai disputé quasiment toute la saison. C'est ensuite que j'ai pris la décision personnelle de rejoindre le FC Metz.
Pour finir, que peut-on te souhaiter pour cette saison et les suivantes ?
On peut d'abord me souhaiter la santé, et pourquoi pas une montée avec mon nouveau club, le FC Cartagena. J'en serais vraiment ravi.
On a vu le Congo tenir tête au Portugal en Coupe du Monde, de quoi te donner des idées et un objectif pour le prochain Mondial en 2030 ?
Forcement ! La sélection reste un objectif majeur et une vraie ambition pour moi. J'ai la chance d'être originaire d'un grand pays de football qui compte énormément de bons joueurs, mais j'aimerais porter ce maillot le plus tôt possible. Si cela doit arriver pour le Mondial 2030, ce sera mon heure et je répondrai présent.
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