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·17 février 2026
Entretien. Gwen Corbin (Saint-Malo) : "Les Girondins ont un championnat plus compliqué que les autres"

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·17 février 2026

Ce samedi 21 février à 18h, les Girondins de Bordeaux (deuxième) reçoivent Saint-Malo (septième) dans le cadre de la 19e journée de ce groupe A de National 2. L’entraîneur de l’équipe bretonne, Gwen Corbin, se livre sur l'état de forme de son équipe, explique que son équipe aurait dû monter la saison dernière, et parle de l'affrontement face à Bordeaux.
Écoutez l'entretien ou lisez-le ci-dessous :
WebGirondins Le Talk : Votre équipe de Saint-Malo compte deux matchs de retard et n’a plus joué depuis quinze jours. Est-ce handicapant ?
Gwen Corbin : Il faut s’adapter, c’est le football. Il ne faut pas pleurer toute la saison. On essaye de s'entraîner, on fait des oppositions. Comme on le sait au dernier moment, on ne peut pas programmer de matchs amicaux. On a fait qu’un match depuis le 17 janvier, c’est peu. Ce n’est pas une excuse, il faut s’adapter.
Arrivez-vous à leur donner le rythme de la compétition ?
Oui, on a fait une opposition samedi dernier entre nous. Mais ça ne remplace pas un match. On ne va pas faire des oppositions toutes les semaines, car cela pèse. Il faut trouver des solutions. On peut le payer en début de match, en début de deuxième mi-temps ou sur les vingt dernières minutes. On le sait, il faut l’anticiper, mais on ne maîtrise pas tout.
Est-ce que jouer Bordeaux, c’est jouer un adversaire qui est bon pour vous à préparer ? Vous avez toujours réalisé de bonnes performances face aux Girondins ? (Il a battu Bordeaux au match aller 2-1 NDLR)
Pour toutes les équipes. Bordeaux, c’est un match particulier, surtout là-bas avec le stade, l’environnement, l’ambiance. Pour nous, ce sont des matchs faciles à préparer. Les joueurs vont être motivés. On joue dans un stade plein que ce soit à Bordeaux et encore plus à domicile. Ce sont des matchs attrayants et c'est pour ça que les Girondins ont un championnat plus compliqué que les autres. Toutes les équipes sont motivées contre eux, et personne n’a envie de rater ce match. On en parle plus, il y a de la communication autour de ces matchs qui sont plus scrutés. Ce sont des matchs à ne pas rater pour des joueurs qui visent à jouer au plus haut niveau. C’est plus dur de faire une causerie contre le quinzième que contre Bordeaux.
Comment percevez-vous cette équipe des Girondins, que vous connaissez peut-être un peu mieux que les autres ?
L’équipe de l’an dernier s’appuyait beaucoup sur Andy Carroll. Elle reposait sur lui, donc son animation offensive. Quand ils rentraient dans la surface avec un point d’ancrage comme Carroll, il ne fallait pas jouer bas. Cette année, c’est l’équipe la plus mature du championnat. Elle peut accepter des temps très faibles et le fait bien. Surtout, on reconnaît une bonne équipe. Je trouve qu’il y a des joueurs de qualité dans les transitions rapides (Openda, Etonde, Villette, Shamal), elle est capable d’avoir un bloc structuré, d’être patiente, mais de te piquer quand il le faut. Elle ne donne pas de leçon dans la possession, contrairement à La Roche, mais elle fait mal en transition. Chaque ballon perdu peut faire mal.
Vous êtes performants à domicile et l'une des plus mauvaises équipe à l'extérieur, comment l'expliquez-vous ?
Il y a deux choses : quand on veut jouer le haut de tableau, on a le droit à un trou d’air dans la saison. On a pris trois points sur douze dans les quatre premières journées. On avait été performant dans les contenus. Depuis, La Roche et Bordeaux perdent très peu de points. Sur les dix dernières journées, je crois qu’on est troisième. Pour rattraper le retard, il faut que ces équipes aient un trou d’air, et elles n'en ont pas. Cette saison, La Roche à une moyenne de 2,33 points par match.
L’année dernière, nous étions invaincus jusqu'à Noël et on tournait à 2,27. Je ne sais pas si on imagine où ils mettent le curseur, mais c'est très haut. Je ne pense pas qu’on sous-performe. On doit rattraper le retard, mais on ne peut pas. On essaye de trouver la solution à l’extérieur, mais je ne pense pas que ce soit impossible de performer là-bas. Il faut être capable de concrétiser sur les moments où on a des occasions et on a souvent été maladroits. Les quelques temps faibles que l’on a, on prend souvent des buts en fin de match. Ça nous a coûté beaucoup, c’est notre marge de progression.
Vous pensez que le championnat est meilleur que l’année dernière ? Nous avons l’impression que les équipes sont plus fortes.
On met des ambitions à tout le monde en début de saison en N2. Mais ça ne se passe pas comme ça, car il n’y a qu'une montée. Pourtant, tous les ans, il y a des équipes très performantes. Ça se joue à la régularité. Il y a de bons joueurs partout, tout le monde peut faire de bons matchs. Les plus réguliers sont ceux qui montent en général. Un championnat plus relevé que l’année dernière ? Je ne sais pas. Il y avait aussi d’excellentes équipes l’an passé. Mais le niveau a augmenté et a évolué. C’est sûr que pour Bordeaux, on ne voit pas Gourcuff jouer tous les week-ends sur un terrain de N2. Avec la réforme des championnats (passage à 18 équipes), les joueurs qui ont joué à ces niveaux redescendent en N2, car il se professionnalise.
Comment passe-t-on d’une saison où l’on est favori à la montée à une saison où l’on est une équipe du milieu/haut de championnat ?
Il faut accepter la réalité. La saison dernière, on est un peu dans le même parcours que la Roche. On finit deuxième du championnat, je garde la majorité de l’effectif et c’était notre saison : on aurait dû monter. On ne pouvait pas s’attendre à ce que Saint-Brieuc fasse 11 victoires sur 12 matchs. C’est quasiment du jamais vu. Je pense qu’on était arrivé à maturité. Maintenant, soit on passe, soit on ne passe pas, et ça peut marquer une fin de cycle. On a eu des départs, notamment en National 1, donc on a changé pas mal de choses. On nous met sur un piédestal. On est passé d’un 3-5-2 à un 4-2-3-1, avec de nouveaux joueurs qui nécessitent de s’adapter. Ça demande du temps, il faut travailler, mais je crois beaucoup en ça. On l’a fait lors du premier cycle.
Quelle est l'ambition du club ?
Cela fait 15 ans que Saint-Malo est en N2 et a toujours été ambitieux. Il y a de bons entraîneurs, de bons joueurs, mais ce n’est plus facile. Il n’y a plus de place, et quand on finit deuxième, Boulogne est devant nous, et ils sont encore montés après. Je reste persuadé qu’on sera meilleur demain.
Il y a beaucoup de similitudes entre Saint-Malo et Bordeaux, notamment le pressing haut. Est-ce que gérer ce pressing sera une des clés du match pour les deux équipes ?
Ce sont deux équipes capables de faire mal dans les transitions rapides. On a marqué deux fois sur cette phase de jeu au match aller. Pour avoir des transitions rapides, il faut récupérer des ballons. Je dis souvent aux joueurs de ne jamais minimiser l'impact du pressing dans le foot. L’attaque placée, c’est bien, mais dans le foot moderne, ce n’est pas là où on marque le plus de buts. Les joueurs prennent du plaisir et c’est très important si on le fait bien, mais ce sera un élément important. Je vois un Bordeaux un peu attentiste parfois, mais très fort dans le bloc pour récupérer et piquer. Nous, on presse et on récupère le ballon un peu plus haut. Ce sont deux versions différentes. Le principal, c’est de récupérer le ballon et de plier les matchs.
Comment s’est passé votre mercato d’hiver ?
On a récupéré trois joueurs début janvier et on en avait perdu trois joueurs depuis le début de saison : Bissourou Touré parti dans le Sud, Thibaut Cillard (croisés) et on a libéré Nathanael Bai, qui souhaite du temps de jeu. Sur les joueurs recrutés, j’en connaissais deux qui étaient passés au club. Le mercato de janvier, c’est beaucoup d’ajustement. On prend des joueurs, mais ils sont prêts en mai, donc ça ne sert pas à grand-chose. On voulait des joueurs déjà opérationnels, et ils nous font du bien.
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