Entretien - Léa Wioland (équipe de France futsal féminine) : "Il y a l'excitation de marquer l'histoire" | OneFootball

Entretien - Léa Wioland (équipe de France futsal féminine) : "Il y a l'excitation de marquer l'histoire" | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: Foot National

Foot National

·16 mars 2026

Entretien - Léa Wioland (équipe de France futsal féminine) : "Il y a l'excitation de marquer l'histoire"

Image de l'article :Entretien - Léa Wioland (équipe de France futsal féminine) : "Il y a l'excitation de marquer l'histoire"

Un tournant historique. L’Équipe de France de Futsal Féminine va disputer le premier tour des éliminatoires à l’Euro 2027 en Slovénie. Léa Wioland, meneuse de jeu et psychologue de métier, confie à Foot-National.com les ambitions d’un groupe prêt à bousculer la hiérarchie européenne. Interview d’une cadre au service du collectif.

Léa, lors du premier rassemblement de l'année 2026, la France a affronté l’Ukraine, vice-championne d’Europe, à deux reprises. Les deux matchs se sont joués à guichet fermé avec deux victoires pour les Bleues (4-2 et 4-1). Est-ce une fierté ?


Vidéos OneFootball


Nous avions déjà connu une forte affluence lors du Tour Élite des éliminatoires à la Coupe du Monde à Besançon. Apprendre que les salles étaient combles une semaine avant les matchs, c’est super motivant pour nous, ça fait plaisir. On sent que le public est derrière nous, qu'il nous suit. Forcément, quand on ressent cet engouement, cela donne une énergie supplémentaire. Comme je travaille à côté — et nous sommes presque toutes dans cette configuration avec un métier en parallèle du futsal — voir ce public, c’est aussi une reconnaissance du travail fourni. C’est génial et cela nous donne beaucoup de force pour continuer à nous donner au maximum.

L’équipe de France va disputer ses premiers éliminatoires de l’Euro. Quel sentiment domine dans le vestiaire : l’excitation de marquer l’histoire ou la pression du résultat ?

Je dirais plutôt l'excitation de marquer l'histoire. On veut réitérer la même performance que lors des éliminatoires à la Coupe du Monde, où nous avons réussi à passer le tour principal de manière un peu inattendue. L'idée est d'aller encore plus loin en se qualifiant pour un Championnat d'Europe qui se jouera, pour la première fois, à huit équipes. C'est une formule qui donne un peu plus de chances d'y participer.

Comment se déroule la préparation spécifique pour une compétition aussi courte et intense ?

Nous sommes réunies depuis le mercredi 11 mars au CNF Clairefontaine pour la première phase de notre préparation. Il y a plusieurs séances d'entraînement, à la fois au gymnase et en salle de musculation. Il y a aussi des temps de cohésion pour souder le groupe. La seconde phase se déroulera en Slovénie (pays hôte du Tour 1) et démarrera ce lundi avec la compétition à proprement parler.

À quel type d'adversité le groupe s'attend-il lors de ces trois rencontres ?

On s'attend à des adversaires d'un niveau peut-être plus abordable que ceux affrontés au Tour Élite de la Coupe du Monde, mais ils auront des qualités. Ce seront trois matchs difficiles que l'on va devoir aborder de la meilleure manière possible pour gagner. Ce sont trois adversaires dont on se méfie et que l'on respecte.

Le groupe est encore jeune en termes de vécu commun. Comment sens-tu la cohésion évoluer à l'approche de cette échéance ?

La Fédération a officiellement lancé cette équipe de France lors de la saison 2023-2024. Depuis, il y a eu pas mal de changements, mais nous formons tout de même un noyau présent depuis le début. Chaque fille qui a intégré l'équipe, de manière récurrente ou ponctuelle, apporte quelque chose. La cohésion est vraiment très bonne. On est toutes au service du collectif. C'est d'ailleurs ce que le staff met souvent en avant : nous apportons nos qualités sur le terrain mais aussi nos qualités humaines pour que ce groupe dispose de toutes les cartes afin de répondre aux attentes du haut niveau.

"Les garçons sont vraiment des modèles pour nous"

Le futsal féminin français est en pleine structuration. Quel regard portes-tu sur l'accompagnement de la FFF ?

Je suis extrêmement reconnaissante. On ne s'attendait pas forcément à ce qu'une équipe de France féminine voie le jour si vite et qu'elle soit mise dans d'aussi bonnes conditions. À chaque stage, tout est idéal pour performer. En parallèle, la FFF travaille au développement de la discipline avec la création de la D1 l'année prochaine. C'est un levier essentiel pour que notre niveau se renforce. Je vois cela d'un très bon œil, avec beaucoup de plaisir et d'enthousiasme. Les générations qui arrivent pourront vraiment s'exprimer.

L'équipe de France masculine de futsal a récemment brillé sur la scène mondiale et européenne. Est-ce que leurs performances servent de modèle ?

Complètement, les garçons sont vraiment des modèles pour nous. D'autant plus que nous avons le même projet de jeu qu'eux. Regarder leurs matchs et leurs performances est très inspirant pour voir ce que l'on aimerait atteindre. Ils font rayonner la discipline et représentent parfaitement notre pays.

Qu'est-ce qu'il manque encore aujourd'hui pour que le futsal féminin franchisse un nouveau palier en France ?

Je pense que la participation à une grande compétition aidera, mais cela viendra surtout quand notre pratique se renforcera. C’est le décalage que l’on a avec l’Espagne, le Portugal ou l’Italie : ces nations ont 20 ou 30 ans d’avance. On ne peut pas rattraper cela instantanément, mais avec ce que la FFF met en place, ça va venir vite. Ce qu'il manque, c'est simplement que les meilleures joueuses s'affrontent le plus souvent possible, ce qui sera le cas avec la future D1.

Au quotidien, tu es psychologue. Comment parviens-tu à jongler entre tes consultations et l'exigence physique du haut niveau ?

Il faut une organisation rigoureuse. J'ai la chance d'avoir mon cabinet libéral, ce qui m'offre une grande flexibilité. C’est moi qui organise mon emploi du temps. J'ouvre des créneaux de sorte à pouvoir, par exemple, aller à la salle de musculation le matin, travailler l'après-midi et enchaîner avec l'entraînement le soir. Mon statut me permet de le faire assez facilement, même si cela implique parfois de travailler tard le soir car les patients ont besoin de ces créneaux. Ce sont des journées longues et denses, mais c'est le prix de la passion.

Retrouvez l'actualité du monde du football en France et dans le monde sur notre site avec nos reporters au coeur des clubs.

À propos de Publisher