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·1 mai 2026
Et maintenant on fait quoi ? (épisode 1)

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·1 mai 2026

Il était, parmi vous, de très nombreux sceptiques. Ceux là qui, par une belle soirée du 10 mai 2025, ne savouraient que mollement cette inespérée qualification directe pour la LDC, acquise au détriment de Lyon, une journée avant le terme de l’exercice. Ceux là avaient bien raison ! Bien raison de craindre, bien raison de ne pas croire et de légitiment douter. Bien raison surtout de voir en cette fin de saison 2024/2025 le dénouement heureux d’un parcours bancal qui ne devait, pour rien au monde, faire oublier les immenses défis que l’ASM se devait de relever l’été dernier….
« Le vrai philosophe n’est pas celui qui sait mais au contraire celui qui s’interroge sur son savoir, qui sait affronter l’incertitude là où l’esprit dogmatique croit détenir la vérité «
Socrate
Le doute n’est-il point le propre de l’Homme, s’interrogeait jadis notre maître à tous ? Et le propre du supporter monégasque qui, force est de le constater, avait bien raison de douter. Les défis n’ont pas été relevés ! Près d’un an nous sépare de cette belle soirée du 10 mai 2025, trois journées nous séparent du terme d’une nouvelle saison et l’amertume voire la chaude colère nous ont déjà gagnés. L’ASM, 7ème, pointe à 6 longueurs de la seule place acceptable pour qui la respecte à la hauteur de ce qu’elle prétend être. Et, sauf miracle majuscule, ne se qualifiera pas en LDC directement pas plus qu’elle n’a de chance de le faire par un barrage. L’Europa League tout au mieux voire rien si l’orgueil ne nous titille pas un brin ! Qu’à cela ne tienne, la saison 2025/2026 est celle d’un échec, pas une faillite ne charrions pas, mais une chute bien lourde, suffisamment bruyante pour devoir nous alerter tous. Rien d’alarmant à la condition d’impérieusement réagir cet été, de n’évidemment pas tout jeter par dessus bord au risque d’un péril plus grand. Il est venu le temps de la réforme. Analysons méticuleusement nos options à chaque échelle
Il faut commencer par la macro. Toujours. La saison 25/26 et pire encore, la prochaine, marquent une rupture sans précédent dans le paysage footballistique français. La chute massive des revenus tirés des droits télévisés a d’abord mis en exergue la gestion lamentable de ces droits propres par la LFP. Ceci autant que l’incurie de la majorité des dirigeants des clubs professionnels croyant en la croissance éternelle de ces droits, sourds et aveugles bien avant le crash aux alertes émises, développant une dépendance massive et corrosive à l’enveloppe télévisuelle nationale atteignant jusqu’au 2/3 des recettes totales des clubs de Ligue 1. Juin 2025 déversait des cendres dans la bouche des dirigeants et des oursins dans leurs portefeuilles. Rassurez-vous ce sera encore pire l’an prochain. Seuls les clubs se disputant les grandes oreilles de la LDC disposeront d’une enveloppe confortable leur permettant, au choix, de coffrer (cf Brest) ou d’investir. Excluons de ce confort le PSG, dans d’autres sphères et l’OL, toujours dans un rouge écarlate, massivement endetté pour qui la LDC ne sera qu’une petite bulle d’oxygène. Lens, Rennes ou Lille en bénéficieront clairement en revanche et tireront un avantage compétitif d’une qualification directe.
Vous l’avez déjà compris, la LDC pour Monaco ça sera sur Playstation, pour citer la belle punchline d’un sinistre individu. L’Europa League pourrait-elle garnir nos caisses ? Malheureusement très insuffisamment. La prime de participation est fixée à 4,1M€, un top 8 vous rapporte environ 2M, une place de barragiste 1,3M€ en moyenne, s’ensuivent d’autres primes à chaque tour du barrage ceci jusqu’à la finale. L’enveloppe télévisuelle ou pilier « valeur » est établi à 198 M d’euros à répartir sur tous les participants selon la part de marché qu’in fine chacun représentera à l’échelle de la compétition à cela s’ajoutant une prime indicielle basée sur le coefficient UEFA. Pour un exemple plus saillant, l’OL, quart de finaliste l’an dernier, a perçu au cumul un peu plus de 20M€. Ainsi la seule Europa League ne vous garantit pas assez pour investir en joueurs et devient financièrement intéressante à la condition d’atteindre les 8ème à minima, une anticipation que nos dirigeants ne feront pas cet été, largement trop risquée. « Spoiler alerte » si c’est à la Conférence League que nous sommes chargés de goûter, il nous en rapportera encore moins (pour les amoureux du détail : la dotation Conférence League au crible 2025/2026).
Marché condamné à l’austérité pure et absence de qualification en LDC cumulent-ils les facteurs de notre inexorable déclin ? Notre saison foirée va-t-elle salement nous repositionner en Ligue 1 l’an prochain, ventes massives d’un côté et recrutement mineur de l’autre ? La lecture des données économiques pures ne nous conduit pas nécessairement à la rigidité cadavérique, ceci à condition que le propriétaire (présent ou futur c’est à suivre) opte pour une stratégie qui empêche l’exode et recrute intelligent.
C’est d’usage la DNCG courant avril publie, pour chaque club professionnel un compte de résultat et bilan très simplifiés de la saison 2024/2025. Mais suffisamment clair pour photographier le club et le ramener aux photographies précédentes. Ainsi notre résultat 2024/2025 est bon, à l’image de ce qu’il est globalement depuis 10 années, le club parvient à s’équilibrer, ceci demeurant un vecteur de croissance. Il est toujours aussi triste de constater, années après années, que très rares sont les journalistes et chroniqueurs qui maîtrisent le B.A-ba de la finance d’entreprise et de l’économie des clubs. Le budget se confond avec le CA, l’EBE (excédent brut d’exploitation) avec l’actif, la notion de passif n’est pas comprise, les truismes et les inepties se conjuguent, se cumulent tant-il devient difficile d’y comprendre. Ainsi c’est l’équilibre lissé sur une longue période qui bien davantage compte que les saisons sporadiquement excédentaires. Pour un club comme l’ASM, ne pas intégrer la vente de joueurs dans le calcul pour exhiber un déficit en conséquence, est une absurdité. En comptabilité, l’actif désigne les ressources, le passif les charges (et pas je gagne / je dois), un contrat pro est une immobilisation incorporelle (telle un fonds de commerce) soit un investissement, la vente d’un joueur est considéré comme mutation qui produit des indemnités (soit la valeur du transfert hors bonus). C’est nous concernant, tant l’inscription d’un actif joueurs très important soutenu par la réalisation de sa valorisation en ventes régulières, en plus-values avérées qui garantit notre crédibilité auprès de la DNCG, des organismes financiers voire d’éventuels repreneurs. Un modèle, le nôtre, depuis 30 ans, qui demeure, tout particulièrement aujourd’hui, un gage de nette solidité.
Au bilan, l’exposition importante à notre dette financière (160 M) interroge nécessairement (le LOSC est à 6M, l’OL à plus de 500M), elle se résorbe de 10M par rapport à l’exercice précédent, a contextuellement explosé lors du COVID (passant de 37M en 2020 à 129 M en 2021). La hauteur de l’exposition n’est problématique que si l’endettement n’est pas ou peu soutenable, il faudrait effectivement avoir connaissance du détail mais ces créances ne semblent pas gagées, n’ont pas servies à couvrir d’autres dettes, à des modifications de la structure capitalistique ou à garantir un passage en DNCG (ami lyonnais si tu nous lis).
Concernant l’exploitation, la question de l’important résultat exceptionnel interroge aussi, non sur sa valeur propre mais son origine. La ligne comptable désigne une charge ou un produit (en l’occurence systématiquement un produit nous concernant) qui n’entre pas dans les opérations usuelles de recettes ou dépenses d’un club. Il peut alors s’agir de bonus sur transferts ou rétrocessions sur transferts futurs ou toute autre recette hors billetterie, transferts, sponsoring, droits audiovisuels. Alors se pose la question de l’intervention possible d’une main généreuse, celle d’un propriétaire par exemple qui s’en viendrait colmater saisons après saisons et communément « mettre au pot ». Ce que Romain Molina affirme par ailleurs (6’30 de la vidéo) et qui pourrait poser un problème si notre majoritaire se résolvait à couper nette la robinetterie. Mais l’intéressé lance une idée plus qu’il n’est en mesure d’affirmer et soutenir une information. Il est impossible de savoir si Rybo intervient chaque année, le compte courant d’associé (canal usuel d’un actionnaire vers le club pour injecter des liquidités, devenant dette de la société vers l’actionnaire) n’est débiteur que d’1,7M. Et il est par ailleurs sûr, années après années que l’ASM a perçu des dizaines de millions d’euros de bonus et rétrocessions sur transferts qui siègent aussi à cette ligne comptable. Il semble difficile aussi d’imaginer, pour un homme d’affaire du niveau du russe, que les sommes qu’on lui prête d’avoir investies circulent en fonds propres, soit de sa poche vers les caisses du club, et pas d’une structure (dont il est aussi propriétaire) vers l’ASM, constituant possiblement une dette. Ainsi la ligne « Autres dettes » inscrivant près de 110M au passif (vs 77M en 2022) pourrait renfermer les injections largement fantasmées d’un propriétaire loin d’être aussi prodigue qu’on s’en irait le croire. Une chose est sure : Rybo n’est pas Mc Court et tant mieux car si une structure dépend exclusivement du bon vouloir d’un propriétaire à colmater les trous, elle grève lourdement sa pérennité (ami marseillais si tu nous lis, attends toi à souffrir dès juin).
L’exercice comptable d’un club de football non côté, tel l’ASM, se clôturera au 30 juin, ainsi nous ne disposons pas des données. Il nous est pourtant possible d’envisager que cette année sera meilleure que la précédente. Du seul point de vue des données que nous maîtrisons. Ceci pour trois raisons principales.
En premier lieu la masse salariale n’explosera pas cette année. Les assurances couvrent les blessures de longue date (et il y en eut cette saison), le salaire de Fati n’est pas intégralement pris en charge par l’ASM, celui de Pogba est, fort heureusement, « raisonnable » (ramené à la minute jouée non en revanche :). Seules ombres au tableau, les costauds émoluments de l’inefable Dier et le changement d’entraîneur et staff technique en cours de saison qui se chiffreront en millions chargés. Pas de panic buy, pas de « buy » tout court au grand regret des supporters, ceci posera evidemment la question de l’incidence de telle stratégie sur nos résultats mais ne devrait pas donner de suées aux experts comptables ni faire tiquer la DNCG.
En second lieu les revenus tirés de droits télévisuels devraient se maintenir à un niveau acceptable, ceci exclusivement grâce à notre participation en LDC qui nous ayant sorti de la botte des 24 une fois encore, devrait nous rapporter entre 30 et 35M€ (pour les amoureux du détail, un descriptif de la dotation LDC ici), BEIN pour une dernière année donateur et la (très) maigre enveloppe de notre nouveau diffuseur complèteront le paquet. A moins d’une multiplication par 2 du nombre de ses abonnés cet été, Ligue 1+, seul diffuseur pour l’an prochain, devrait demeurer une ressource marginale contraignant la quasi intégralité des acteurs à se serrer sèchement la vis l’an prochain.
Enfin et c’est une claire et nette embellie à ce seul titre. L’ASM a drastiquement vendu lors de cette année. L’an dernier sur les deux derniers mercatos (été/hiver) et les options enclenchées la balance était déficitaire de 59,75 M€. Pour l’exercice en cours la musique est très largement différente avec un excédent de 136,57 M€. A l’exception de W.Singo, élément très manquant, tous les autres joueurs transférés avaient peu voire pas d’impact sur nos performances sportives la saison dernière. Un tour de force qui représente deux atouts maîtres ; une génération massive de revenus et une démonstration de viabilité financière pour qui voudrait investir.
Fumée blanche en conséquence pour l’ASM, le bilan passé et les prévisions quant à l’actuel laissent raisonnablement penser que notre fanion ne rejoindra pas le club des démunis l’an prochain et sera, si toutefois une direction le veut, en mesure de se réformer convenablement. L’OM en PLS annoncée, l’OL loin d’être tirée d’affaire, une large majorité de pensionnaires de L1 encore plus contrainte à la rigidité budgétaire et à la vente de ses meilleurs sont autant de facteurs desquelles nous tireront un avantage compétitif. Ne serait-ce que pour recruter chez eux.
Outre nos caisses, siègent d’autres avantages. L’Academy évidemment qui ne cesse et ne cessera de charrier, années après années, des talents toujours plus grands. La principauté évidemment, détentrice d’une minorité de blocage mais aussi de contrôle sur une acquisition future (aucun risque de voir arriver un John Textor à l’ASM). La fiscalité des revenus enfin qui offre un pouvoir d’attraction vers certains joueurs selon qu’il existe ou non une convention bilatérale entre la Principauté et le pays du joueur (à ce titre vous pouvez consulter l’intégralité des accords bilatéraux conclus par Monaco en matière fiscale en cliquant ici).
Encore faut-il un capitaine à bord et un clair plan de réforme (c’est à suivre)
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