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·8 février 2026

Ettori pointe les manques de l’AS Monaco !

Image de l'article :Ettori pointe les manques de l’AS Monaco !

Jean-Luc Ettori, monument de l’AS Monaco avec 755 matchs au compteur, était l’invité de Monaco TV hier. Extraits.

Ettori : « vous perdez cette âme qui nous permettait de renverser des montagnes »

Invité de la télé monégasque, l’indéboulonnable gardien a raconté une partie son enthousiasmante carrière et son projet de s’installer définitivement en Principauté, lui qui vit actuellement à Tours. Actuellement président d’un club de foot à Tours, et surtout heureux propriétaire d’un restaurant à Cap d’Ail, « Chez Tonton », il a livré à la fin, sur les 18 minutes d’interview, son sentiment sur le Monaco actuel.


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Je l’ai retranscrit pour vous à compter de la 11e minutes :

Journaliste : « On a parlé de vos records, de votre longévité exceptionnelle… Mais aujourd’hui, le paysage a changé. On voit passer énormément de jeunes talents au centre de formation, mais beaucoup repartent très vite, parfois après seulement quelques entrées en jeu. Jean-Luc, est-ce qu’on n’a pas perdu, au fil des années, ce qui faisait « l’esprit Monaco », ce sentiment d’appartenir à une identité vraiment différente des autres clubs français ? »

Jean-Luc Ettori : « C’est une question complexe, mais vous touchez un point sensible. Ce qui me chagrine un peu pour les jeunes qui arrivent aujourd’hui, c’est qu’il manque peut-être cette transmission de l’identité. À notre époque, on savait qu’en portant ce maillot, on représentait quelque chose de spécial, de singulier. »

Jean-Luc Ettori : « On avait cette mentalité de « seul contre tous ». On arrivait sur les terrains de France, on n’était pas forcément les bienvenus. On représentait le Rocher, le luxe, l’argent… On était « les riches » pour les autres, même si ce n’était pas forcément notre réalité sur le terrain. Alors, par la force des choses, on se serrait les coudes. C’était nous contre le reste du monde. »

Jean-Luc Ettori : « Aujourd’hui, avec la rotation des effectifs, avec ces transferts incessants dès le plus jeune âge, j’ai peur que les jeunes ne perçoivent plus cette force du club. Monaco, ce n’est pas un club comme les autres, c’est un bastion. Si vous n’inculquez pas dès le centre de formation que Monaco doit se battre contre le reste du monde, vous perdez cette âme qui nous permettait de renverser des montagnes. Il faut que les gamins comprennent que l’identité du club, c’est justement ce côté « à part ». »

Jean-Luc Ettori : « On ne peut pas demander à un gamin de 17 ans de comprendre toute l’histoire du club en deux jours, c’est impossible. Mais on doit lui faire comprendre que s’il est ici, il est une cible. À notre époque, on s’en servait comme d’un moteur, d’une motivation supplémentaire. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on essaie de trop les protéger, de les mettre dans un cocon doré. Mais le football de haut niveau, ce n’est pas un cocon, c’est un combat permanent contre ceux qui veulent vous faire tomber de votre rocher. »

Journaliste : « est-ce que c’est aussi lié au cadre de vie ? On dit souvent qu’il est difficile de garder « la dalle » quand on s’entraîne dans un environnement aussi idyllique que la Principauté. »

Jean-Luc Ettori : « C’est le piège ! Le cadre est magnifique, le confort est total. Si vous n’avez pas un staff ou des anciens pour vous rappeler chaque matin que sur le terrain, personne ne vous fera de cadeau parce que vous venez de Monaco, alors vous vous endormez. Il faut cultiver cette agressivité positive. »

Journaliste : « Justement, quand on voit le football aujourd’hui, est-ce que vous vous reconnaissez dans le rôle des gardiens modernes, qui sont presque devenus des premiers relanceurs, des joueurs de champ supplémentaires ? »

Jean-Luc Ettori : (Sourire) » Écoutez, le foot a changé, c’est indéniable. Aujourd’hui, si un gardien n’est pas bon au pied, il ne joue pas dans un grand club. À mon époque, on nous demandait d’abord d’arrêter les ballons, c’était la priorité absolue. Maintenant, on demande de la relance propre, de la prise de risque. C’est spectaculaire, mais parfois je me dis qu’on oublie l’essentiel : l’art de boucher l’angle, le face-à-face pur. Mais c’est l’évolution, il faut vivre avec son temps. »

Journaliste : « Vous avez le record de matchs joués sous le maillot rouge et blanc (755 matchs). Est-ce qu’un jour ce record sera battu ? Dans le foot business actuel, ça semble impossible, non ? »

Jean-Luc Ettori : « Impossible, je ne sais pas, mais c’est vrai que c’est devenu rare. Aujourd’hui, les carrières sont fragmentées. Un jeune fait deux bonnes saisons et il est sollicité par l’Angleterre ou l’Espagne. Moi, j’ai eu cette chance, et je dis bien cette « chance », de faire toute ma carrière ici. Monaco, c’est ma famille, c’est ma vie. Ce record, il représente surtout une fidélité mutuelle. Le club m’a fait confiance, et je n’ai jamais eu envie d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte. »

Journaliste : « Quel regard portez-vous sur l’AS Monaco actuelle ? On sent que vous restez un observateur très attentif, parfois exigeant. »

Jean-Luc Ettori : « Toujours attentif ! Vous savez, on ne guérit pas de Monaco. Je regarde tous les matchs. Il y a de la qualité, beaucoup de talent. Ce qu’il manque parfois, c’est cette régularité qui faisait notre force. Mais le club est structurellement très fort maintenant, avec le nouveau centre de performance. Ils ont les outils pour rester au sommet. »

Journaliste : « Pour finir, si vous deviez retenir une seule image de toutes ces années, une seule ? »

Jean-Luc Ettori : (Temps de réflexion) « C’est difficile… Mais je dirais peut-être le titre de 1982. On avait une équipe de copains, une ambiance incroyable. Ou alors, plus personnellement, la première fois que je suis entré sur la pelouse du Stade Louis-II. Cette odeur, cette lumière… ça ne vous quitte jamais. »

Journaliste : « Jean-Luc Ettori, merci beaucoup d’avoir été avec nous dans « Le Match dans le Match ». On rappelle que vous restez la légende absolue de ce club. »

Jean-Luc Ettori : « Merci à vous, c’était un plaisir. »

On peut retenir au final que M. Ettori aime toujours autant l’AS Monaco comme beaucoup d’anciens, et qu’il regrette, comme beaucoup de supporters actuels, le manque de transmission des valeurs monégasques. Un cadre de vie idéal impose aussi une pression et un grand encadrement par un bon staff mais aussi des anciens, qui ont déjà vécu les difficultés inhérentes au Rocher.

Source : TV Monaco

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