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·26 septembre 2026
Exclu ASSE : « J’ai toujours peur de ces gens-là… », Larqué interpelle Kilmer

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Jean Michel Larqué, ancien capitaine de l'ASSE, s'est livré en exclusivité pour nos soins sur l'actualité stéphanois. Le cas Larsonneur, les résultats de ce début de saison, l'explosion de Kevin Pedro mais aussi le travail de Kilmer de façon plus global... Entretien.
Alors, que pensez-vous de ce début de saison de l'ASSE ? Cinq victoires pour commencer, puis une défaite et un nul sur les deux derniers matchs. Qu'est-ce que vous pensez de ce début de saison ?
"Il ressemble étrangement à celui de l'an passé. J'espère que ce ne sera pas la copie conforme jusqu'au bout. Il me semble que c'est un petit peu meilleur cette saison. Il me semble qu'il y a un petit peu plus de qualité dans l'équipe. Mais bon, on a été tellement échaudés la saison dernière qu'on va éviter de s'enflammer.
Même si l'équipe est en tête, elle a marqué beaucoup de buts. Elle en a pris aussi beaucoup et on sait quand même que, de temps en temps, quand on prend deux buts à l'extérieur, que ce soit à Dunkerque ou à Metz, et qu'il faille en marquer trois pour gagner, même si on est supérieur à l'adversaire, ça n'arrivera pas tous les jours qu'on en marque trois. Donc, il y a un petit souci de ce côté-là."
Vous pensez que l'entraîneur est quand même supérieur à ce que proposait Horneland, parce qu'on peut quand même, comme vous le dites, faire le comparatif avec l'année dernière ?
"Non, je ne vais pas porter de jugement. Je ne connaissais pas Horneland avant l'ASSE, je ne connais pas le nouvel entraîneur, Ian Cathro, donc je me contente de regarder l'équipe et le tableau d'affichage. Je m'aperçois qu'à date identique, les résultats sont à peu près les mêmes. Et donc, on est confiants, on est pleins d'espérance, mais on ne va pas non plus considérer que le championnat est terminé.
Il est clair qu'aujourd'hui, si on prend aussi peu de points à l'extérieur, ce sera plus difficile qu'on ne l'imagine. Parce qu'un championnat, ça se gagne à domicile, mais un maintien, ça se gagne à l'extérieur. Une montée, ça se gagne à l'extérieur."
Du coup, sans même parler de la qualité du coach, la direction a fait le choix, cet été, après Philippe Montanier, de repartir sur un coach étranger qui ne connaît pas forcément la Ligue 2 pour ne l'avoir jamais côtoyée. Est-ce que, pour vous, c'est un choix étrange après Horneland ou est-ce conforme à ce qu'ils font depuis leur arrivée et à ce qu'ils feront finalement probablement toujours ?
"Je pense que le mieux, ce serait de leur demander. Je constate que l'avant-dernier coach étranger, en l'occurrence celui dont vous me parlez, ça n'a pas été couronné de succès. C'est leur argent, c'est leur décision. Après, libre à eux de le faire.
Je pense que les spectateurs, les supporters des Verts, ils se moquent bien de savoir qui joue, qui entraîne. Ce qu'ils veulent, c'est que leur club, leur équipe, remonte en Ligue 1. Après, tout le reste, ce ne sont que des paroles, ce ne sont que des petites discussions de comptoir. Eux et nous, ce sont les résultats, et c'est surtout le retour en Ligue 1.
Parce qu'on y était quand les Canadiens sont arrivés, on n'y est plus et on a hâte d'y revenir."
Durant le mercato hivernal, le club a aussi fait le choix, je ne dirais pas de se débarrasser, mais plusieurs joueurs ont quitté le navire. Ce sont des joueurs qui sont un peu le visage des échecs de ces dernières années : Moueffek, Nadé, Appiah, Tardieu qui ont quand même fait plusieurs saisons au club. Est-ce que c'était nécessaire, pour vous, pour repartir sur un bon pied et peut-être aller décrocher une montée avec des joueurs plus "frais" mentalement ?
"Écoutez, moi, la seule chose que je vois, la seule chose que je constate… Après, je vous assure, je vous ai dit que je ne connaissais pas Cathro, le coach. Je pense que les supporters de l'ASSE connaissent très, très peu, ou pas du tout, les joueurs, beaucoup de joueurs qui sont arrivés, notamment les trois du milieu de terrain qui sont les titulaires aujourd'hui : Breum, Csongvai, Svetlin.
Je ne suis pas sûr, je ne suis pas sûr que, si vous interrogiez les supporters, ils connaissaient ces trois joueurs et savaient que ça allait apporter quelque chose, honnêtement.
Personne ne les connaissait. Moi, ce que je constate quand même, c'est que, parfois, le football est drôlement fait.
J'en avais discuté avec le petit Kevin Pedro à Saint-Joseph, lors du tournoi. Je me rends compte quand même que le football est étrange puisque, d'après ce que j'ai compris de la discussion que j'ai eue avec Kevin, quelques mois avant qu'il n'intègre l'équipe de Saint-Étienne, l'ASSE ne comptait pas tant que ça sur lui, ou en tout cas ne souhaitait pas lui faire signer un contrat pro. Il avait d'abord signé un contrat de stagiaire pro.
Et qu'aujourd'hui, s'il y a, dans l'effectif, un joueur qui est assez remarquable et qui est une grosse valeur marchande, parce qu'il n'y en a pas beaucoup en France, c'est le petit Kevin Pedro, alors que certains dirigeants ou certains techniciens ne croyaient pas en lui six mois avant.
Et donc, parfois, on est très curieux d'aller chercher des joueurs à droite et à gauche, et puis on se rend compte que celui qui est le plus satisfaisant, celui qui est le plus étonnant, celui qui a aujourd'hui le plus de valeur, c'est un petit dont on ne croyait pas qu'il pouvait réussir il y a deux ans ou deux ans et demi.
Comme quoi, il faut être extrêmement humble dans la vie."
En parlant de joueurs, un cas individuel, un cas qui fait quand même beaucoup parler en ce début de saison, c'est le cas Gautier Larsonneur. Mais est-ce que, selon vous, il fait partie de ces joueurs qui sont peut-être usés mentalement et qui ne peuvent plus donner la meilleure version d'eux-mêmes à l'ASSE ? Comment expliquer cette méforme, cette situation ?
"Je crois qu'effectivement, le constat, on l'a fait au début de cet entretien : c'est que le club ne pourra pas espérer avoir de très bons résultats et même préparer la saison suivante en espérant qu'elle soit en Ligue 1 en prenant autant de buts.
Alors, j'ai cru comprendre qu'ils avaient fait venir un très bon gardien africain, après des rebondissements, des histoires de visa, de ceci, de cela. Après, moi, je suis très mal placé pour savoir, à l'entraînement, qui est le meilleur.
Ça m'étonnerait que, si le petit Ndiaye — enfin, le grand, parce que je crois qu'il mesure près de deux mètres — si ce gardien-là est meilleur que Gautier, ce soit la dure loi du football, de la concurrence, et pas uniquement du football professionnel, dans tous les clubs, y compris dans les clubs amateurs : c'est le meilleur qui joue.
Alors après à l'ASSE, il y a l'entraîneur, il y a l'entraineur des gardiens, il y a le staff. Bon, s'ils considèrent que Gautier Larsonneur est supérieur à ce gardien-là, ils le laissent. S'ils considèrent qu'il est inférieur, ils font jouer le deuxième gardien. C'est aussi simple que ça.
Moi, ce n'est pas à moi de choisir et de vous dire aujourd'hui qu'il vaut mieux faire jouer ce gardien-là que Larsonneur. S'il est meilleur, oui ; s'il n'est pas meilleur, non. Mais je ne suis pas à l'entraînement, moi, je ne sais pas, je ne sais pas.
Ce qui est certain, c'est que cette équipe de l'ASSE prend beaucoup de buts. Est-ce que ce n'est que le gardien ? Après, on le voit, chacun se fait son opinion, chacun se fait son avis.
J'ai toujours beaucoup de difficultés à parler de ce poste-là, parce que, quand j'ai joué, avec trois gardiens, ils étaient tous les trois internationaux : que ce soit Pierre Bernard, au tout début, Georges Carnus et Ivan Curkovic. Et que, de ce côté-là, c'est vrai que je suis un petit peu exigeant. J'ai été gâté, on va dire.
Et effectivement, quand on avait ces gardiens dans les cages, c'est vrai qu'ils nous faisaient gagner, autant les uns que les autres. Ils nous faisaient gagner des points, ça, c'est sûr."
Il y a eu une interview cette semaine du président Ivan Gazidis, qui disait notamment que le club était en cours de modernisation, que plein de processus étaient en place, que c'était un travail de moyen et long terme, etc. Moi, la question que j'aimerais vous poser, c'est : est-ce que Kilmer ne nous parle que de moyen ou de long terme depuis son arrivée et oublie finalement le court terme et ce qui est l'essence même d'un club ?
"Évidemment, je pense que c'est très bien de vouloir s'inquiéter, de vendre des maillots, il n'y a pas de souci. Mais c'est un club béni de Dieu, ou béni des supporters, plus exactement. C'est un club qui n'a pas de problème de stade, parce que le stade Geoffroy-Guichard est un stade magnifique. Il n'y a pas de problème de supporters, parce que, quand on fait 39 000 personnes contre Pau, un mardi à 21 heures dans le froid, c'est qu'on a véritablement un… Plus qu'un réservoir, c'est extraordinaire.
Et moi, vous savez, je vous ai parlé au cours de cet entretien d'une chose : c'est le tableau d'affichage. Moi, je veux bien, mais l'an passé, quand on fait le bilan sportif, c'est-à-dire ce qui s'est passé sur le terrain, l'équipe première ne monte pas, l'équipe B se sauve à la dernière journée, autant que je me souvienne. Les petites féminines descendent en deuxième division et les jeunes n'ont pas eu de très bons résultats.
Donc, si vous voulez, moi, je veux bien qu'on s'occupe de tout, mais quand on s'occupe de tout, par définition, il y a des choses qui sont prioritaires, et la priorité des priorités, c'est le terrain.
Mais après, on s'occupera des petits fours dans les salons, on s'occupera de la vente des maillots, du design. Il n'y a qu'une chose qui compte, et pour les supporters, et je les comprends, il n'y a qu'une chose qui compte : le terrain. Je pense que les efforts qui devraient être faits à 200 %, c'est sur le terrain.
Et puis, honnêtement, quand on parle de modernisation, on a toujours l'impression que ceux qui étaient avant n'ont pas bien fait leur travail. J'ai toujours peur de ces gens-là qui considèrent que ce qu'ils vont faire est forcément mieux que ce qui a été fait. J'attends de voir et je crois que je ne suis pas le seul. Il y a 39 000 personnes qui seront là au prochain match et qui attendent de voir que ce qu'ils ont fait est mieux que ce qu'ils avaient avant."
Un grand merci à Jean-Michel Larqué pour sa disponiblité.







































