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·4 juillet 2026
EXCLU - Charaf Freestyle : « C’est grâce à Ronaldinho que j’ai commencé le freestyle »

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·4 juillet 2026

Installé comme l’un des meilleurs dans la discipline du football freestyle en France, Charaf Aballagh a pris un virage important dans sa carrière. Début 2025, l’ancien latéral déménage au Maroc pour poursuivre son chemin et créer du contenu autour de sa terre d’origine. Habitué des terrains de proximité instauré par le Roi Mohammed VI et le président de la fédération Fouzi Lekjaa, « Charaf Freestyle » explique les raisons de son choix de vie et décrypte sa vision du football local.
Quel est ton rapport au foot ?
De base, je faisais du football freestyle. J'ai commencé à 10 ans quand j'habitais à Paris. Je regardais des vidéos de Soufiane Touzani, un pionnier du freestyle, Séan Garnier et Ronaldinho évidemment. Même si je jouais en club, j'ai toujours été attiré par le côté technique. J’essayais de reproduire les gestes que je voyais à la télé de grands joueurs ou de grands freestylers. J'essayais de faire ça dans mon jardin, au parc à proximité de chez moi, et petit à petit, je commençais à prendre du niveau. J’ai vu que Soufiane Touzani et des freestylers comme Séan Garnier et son équipe étaient souvent présents à des événements sur Paris, près de la maison. Je me suis dit : « Pourquoi ne pas aller regarder ce qu’ils font ». J’ai été à un événement, Séan était là, il y avait du monde dans le public, j’ai sympathisé avec le groupe de Séan, j’ai donc commencé à m’entraîner avec eux dans une salle à Paris. Et c'est devenu une passion. Je continuais le foot en club en parallèle, mais je faisais de plus en plus de freestyle. Le football freestyle est entré dans mon quotidien, dans mon mode de vie. J’ai gravi les échelons. J’ai participé au championnat de France, au championnat du monde à Prague. Lors du championnat de France, j’ai fini dans le top 8, en 2016, à seulement 16 ans. À partir de là, j’ai commencé à vivre du freestyle, je faisais des prestations de plusieurs événements sportifs. J’ai même collaboré avec certaines marques de sports. C’es devenu, petit à petit, un métier pour moi. Et je me suis ensuite lancé sur les réseaux.
Comment es-tu tombé dans le foot ?
J'ai commencé le foot à 4-5 ans. Depuis petit, j’aime le ballon, je me suis naturellement inscrit dans un club. Mon père m’a aussi poussé à faire du foot. Tous les maghrébins sont attirés par le foot. Depuis petit, je joue en bas de la maison avec les copains. Mes parents m’ont ensuite pris une licence dans un club. J'ai joué à Stains, Saint-Denis, Pierrefitte et Épinay-sur-Seine.
Quel était ton niveau ?
J’ai commencé défenseur central, ensuite, je suis passé attaquant de pointe, avant de me décaler en tant qu’ailier et de finir latéral droit, mon vrai poste. Mon plus haut niveau, c’est R3. À cause des réseaux sociaux qui me prenaient du temps et mon déménagement au Maroc, je ne pouvais pas rester stable dans un club. Je n’ai donc pas été plus haut que R3. Ma qualité première, c’était ma rapidité. J'ai toujours été rapide. Donc j'en jouais beaucoup.
Quels joueurs te faisaient kiffer ?
Forcément c'était Ronaldinho. Moi, c'était Ronaldinho et personne d'autre. Quand j'étais petit, je ne voyais que lui. C'est grâce à lui que j'ai commencé le freestyle. Je regardais tout le temps ses vidéos. Ronaldinho, c'est quelqu'un de très important pour moi.
Tu avais une équipe préférée ?
Le Barça. Et par la suite le PSG. Paris, c’est venu après, mais moi, c'est le Barça, par rapport à Ronaldinho justement. Ensuite, Messi est arrivé…
As-tu une anecdote marquante ?
J’ai évolué avec un joueur qui a percé par la suite, il s’appelle Yassine Fortune. Nous étions ensemble à Stains. J'étais au collège avec lui à Stains. Il était vraiment au-dessus du lot. On faisait plein de détections pour aller au Paris FC, au Red Star. Moi j'avais raté ces détections et lui avait réussi. C'était vraiment le crack de la ville. Voir qu’il a réussi dans le football, ça fait plaisir.
Et en tant que spectateur ?
Ce qui m’a marqué, c’est le Maroc ! Le Maroc à la Coupe du Monde. Le parcours du Maroc au Mondial a marqué les esprits et a fait rêver de nombreuses personnes. On est arrivé dans l’anonymat, comme une équipe lambda, personne ne nous attendait, personne ne pensait qu’on allait réaliser un tel parcours. Le Maroc a proposé du beau football et a marqué les esprits. C’est une fierté. Je pense aussi à la CAN au Maroc qu’on a remportée. Voilà deux moments marquants.
Tu as décidé de t’installer au Maroc, quelles sont les raisons ?
Sur mes réseaux sociaux, je parlais souvent du Maroc, car c’est mon pays d’origine, je suis Marocain, et mes vidéos étaient souvent reprises et tournaient beaucoup. Au début, c'était un peu vu comme un drama car les gens ne me croyaient pas. Moi, je ne faisais pas attention aux commentaires ou aux critiques. Ce que les gens pouvaient dire sur moi, j’en jouais entre guillemets. Du coup, mon contenu était vraiment basé sur le Maroc. Que ce soit niveau football et même sur la culture marocaine. J’ai commencé à évoluer sur les réseaux, mes vidéos ont pris de l’ampleur, je faisais régulièrement des aller-retours au Maroc. Dans ce processus, je suis obligé de parler de Mehdi Amri, un freestyler et créateur de contenus reconnu dans le monde. On se connait depuis très longtemps, on a souvent fait du freestyle ensemble. On s'est perdus de vue un moment et on s'est retrouvés justement quand j’ai commencé à grossir sur les réseaux. Je parlais du Maroc et lui aussi. En fait, nos contenus avaient des similitudes. On faisait pratiquement la même chose. Enfin lui avait son truc, sa touche à lui, et moi la mienne. On s'est revus plusieurs fois, il était déjà installé au Maroc. J’en ai discuté avec lui, il m’a conseillé, il m’a aidé à franchir le cap. J’ai réfléchi un peu, j’en ai parlé à mes parents et je me suis dit : « Pourquoi ne pas m’installer provisoirement dans un premier temps et faire des aller-retours ». J’ai commencé comme ça et au bout d’un moment, j’ai dit : « Je dois continuer ma vie ici ».
Comment se passe ta vie au Maroc ?
Je suis créateur de contenus, mes contenus tournent autour du football et du freestyle. Je me suis développé sur plusieurs axes comme la mode, la culture marocaine et l’actualité au Maroc. J’ai réalisé beaucoup de contenus avec le peuple, en immersion avec les Marocains dans différentes villes. J’ai aussi fait du contenu avec les joueurs du championnat local, la Botola. Je fais du contenu autour du football, car le Maroc est un pays de football. Les gens aiment ce que je propose, ils aiment mon quotidien, ils ont pu voir les différentes étapes de mon installation au Maroc. Je reçois plein de messages positifs, ça m’encourage à faire encore plus de contenus. Je leur montre qu’on vit bien au Maroc, que le peuple marocain est ouvert et accueillant. Et surtout le Maroc est un beau pays rempli de richesses.
Tu es en contact avec des joueurs ?
Bien sûr, avec des joueurs qui évoluent ici, en Botola, surtout au Wydad. C'est un club que j'ai toujours supporté. Je ne l’ai pas forcément montré, mais j’ai toujours supporté ce club depuis petit, toute ma famille supporte le Wydad. Ils m’ont inculqué ça. Je suis en contact avec Walid Nassi, Hakim Ziyech et Hamza Sakhi au Wydad. Concernant les joueurs qui évoluent en Europe, je suis connecté avec Gessime Yassine (RC Strasbourg), Othmane Maamma (Watford) et Bilal Nadir (Olympique de Marseille). Je peux aussi te citer des joueurs de l’équipe nationale, comme Bilal El Khannouss, je le connais par le biais de Mehdi Amri, ils ont grandi ensemble. Je parle aussi avec Eliesse Ben Serghir ou encore Amine Adli. Je connais aussi Manu Koné car il vient de Villeneuve-la-Garenne, on a des gens en commun. Je connais essentiellement des joueurs marocains. J’ai pu participer à une campagne Nike avec Hakim Ziyech, c’est vraiment une belle rencontre.
Comment sens-tu le Maroc pour la prochaine Coupe du Monde ?
Franchement, je la sens bien. On est vu comme favoris, ça fait plaisir déjà. Je la sens bien, il faut garder la tête sur les épaules, on sait très bien qu'il y aura du niveau et que tout est possible. J’espère la victoire finale !
Comment as-tu vécu la finale de la CAN face au Sénégal ? Et les polémiques qui ont suivi ?
Franchement, je n’ai pas compris les critiques qui ont été faites à l’égard du Maroc. Le Maroc a très bien respecté ses engagements tout au long de la CAN, que ce soit au niveau de l’organisation, de l’accueil, du respect, tout était parfait. Je ne veux citer personne, mais je trouve que beaucoup de personnes n’ont pas été reconnaissantes et n’ont pas su reconnaître l’excellent travail réalisé par le Maroc. Cette situation m’a attristé, car j’ai vu tous les efforts des Marocains pour répondre aux attentes et surtout, j’ai vu le travail à la hauteur des attentes, même mieux. Après concernant l’attribution de la CAN au Maroc, ce sont les règles. Les règles ont été purement et simplement appliquées. Cette attribution a entraîné des critiques, certains n’ont pas compris, mais en fait, c’est juste l’application des règles. C’est normal de suivre les règles. L’attribution de la CAN au Maroc est juste logique. Il n’y a rien de choquant. Je ne comprends pas les réactions négatives.
Comment as-tu vécu cette CAN de l’intérieur puisque tu étais au Maroc durant toute la compétition ?
De l'intérieur, je l'ai vraiment bien vécue ! Surtout que j’ai vu les stades se construire, j’ai vu l’évolution, j’ai vu les gens travailler. J’ai suivi toute la construction du Stade Moulay Abdallah, une enceinte magnifique. J’ai même pu rencontrer les gens qui ont contribué à l’aboutissement de ce projet. On ne le remarque pas forcément, mais il y a eu énormément de monde mobilisé pour la réussite de cette CAN et le développement du pays. Il faut remercier toutes ces personnes de l’ombre qui ont participé à cette réussite. C’est incroyable que le Maroc propose un événement d’une telle qualité, une première en Afrique. Le monde entier a pu se rendre compte de la qualité du travail au Maroc. C’est une fierté.
La Fédération Royale Marocaine investit sur les terrains de proximité, tu y passes beaucoup de temps. Quelle est ta vision sur le sujet ?
Pour commencer, on remercie Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, et le Président Faouzi Lekjaa pour ce qu'ils font pour le pays, notamment la mise à disposition de terrains de proximité pour la jeunesse. Il faut aussi ajouter l’Académie, les stades, toutes les infrastructures dans leur globalité. Le Maroc est un pays de foot. Et tous ces investissement contribuent au développement des jeunes et leur réussite. Et pas simplement au niveau football, même pour la santé et le quotidien des gens, ça les pousse à faire du sport, c’est important. Je remarque que les jeunes sont très heureux, je bouge beaucoup dans le pays pour faire du contenu avec le peuple sur ces terrains-là, et tout le monde est ravi d’avoir ces installations. En plus, ils sont faciles d’accès et bien placés géographiquement. Je parle des jeunes, mais c’est aussi bénéfique pour les moins jeunes, pour tout le monde.
Que penses-tu des binationaux ? Lamine Yamal a préféré l’Espagne, Rayane Bounida a choisi le Maroc, Ayyoub Bouaddi ne s’est pas encore prononcé.
Le choix doit être naturel. Je respecte tous les choix, chacun a ses raisons. La décision doit être instinctive, il ne doit y avoir aucune hésitation on va dire. Il faut que ça vienne du coeur. Je ne connais pas ces joueurs personnellement, je ne peux pas me prononcer à leur place, et je pense qu’il y a beaucoup d’enjeu, plein de choses se passent autour d’eux. Je ne suis pas de ce milieu, donc je n’ai pas tous les paramètres. En tout cas, voir Rayane Bounida avec le maillot du Maroc, ça fait plaisir, c’est une fierté.
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