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·2 juillet 2026
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Pur produit du centre de formation de l’Olympique Lyonnais, Khalis Merah est la nouvelle pépite « made in 69 ». Né à Meyzieu, le milieu de terrain a grandi avec un rêve en tête : porter le maillot de l’OL. Étape après étape, « KM » se fait une place. Sans bruit mais avec détermination. Aujourd’hui, Merah s’impose dans le groupe professionnel de Paulo Fonseca. Déjà adopté par les fans au Groupama Stadium, Khalis revient sur son parcours avec calme et maturité. Portrait d’un talent qui avance, sans se presser, mais sans s’arrêter.
Voici quelques extraits de notre interview de Khalis Merah. L’intégralité de cet interview de 6 pages est à retrouver dans le magazine n°381 de Onze Mondial disponible en kiosque et sur notre eshop depuis le 22 mai 2026.
Enfance
Comment s’est déroulée ton enfance ?
J'ai grandi à Meyzieu, avec toute ma famille, tous mes amis. J'ai commencé le foot à l'US Meyzieu, à l’âge de 4 ans. Au début, je jouais uniquement pour le plaisir, c’est encore le cas aujourd’hui, mais ça l’était encore plus au début. J'ai pris beaucoup de plaisir à jouer au foot en bas de la maison, au city stade avec mes amis. C’est ce qui m’a aidé à devenir comme ça. On a toujours vécu au même endroit, une petite maison de rez-de-chaussée. J'ai deux grandes sœurs. Mon père jouait au foot à l’époque, c’est grâce à lui que je me suis mis au foot.
Petit, tu étais quel type de garçon ?
J'étais discret, en vrai, je ne me montrais pas trop. Je sortais dehors pour jouer au foot toute la journée et quand je rentrais, il était tard, je me douchais, je dormais. À l’école, pareil, j’ai toujours très bien travaillé. Mes parents voulaient vraiment que je travaille bien à l’école, donc j’ai toujours été respectueux et j’ai toujours bien travaillé. J’ai eu un bac général. Je ne l'ai pas eu facilement, mais je l'ai eu, c'est l'essentiel.
As-tu une histoire marquante concernant ton enfance ?
Quand j'étais petit, j'aimais tellement le foot... je l’aime toujours d’ailleurs (sourire), je voulais tout le temps jouer au foot. J’étais déjà un joueur de l’OL, et lors d’un week-end, on n’avait pas de match. Et ce week-end là, il y avait le tournoi de Meyzieu U11 avec toutes les équipes de Lyon et sa région. À Meyzieu, il y avait l’équipe 7, c’est-à-dire l’équipe loisir, tranquille. Cette équipe a participé au tournoi et mon oncle était l’entraîneur. J'étais à l’OL, mais à chaque fois que j’allais au club voir mes anciens potes, je prenais toujours des crampons sur moi. Je me disais : « On ne sait jamais si on a besoin de moi ». Du coup, j’ai participé au tournoi avec eux, et comme j’étais à l’OL et que je n’avais pas le droit de jouer, je faisais exprès de jouer avec le pied gauche pendant tout le tournoi (rires) En plus, il y avait un recruteur de l'OL durant le tournoi qui regardait les matchs. Ça m’a fait bosser mon pied faible et ma technique. Les coachs de l’OL n’ont jamais su que j’avais fait ce tournoi.
Comment le foot est venu à toi ?
Par mon père. Il était gardien de but donc il m'a inculqué ça. Dès le plus jeune âge, il m'emmenait jouer au stade le matin tôt, travailler la technique, les coups francs, les tirs, les penalties et tout. C'est ça qui m'a donné envie de faire du foot. Je ne connais pas le niveau de mon père, je n’étais pas né quand il jouait. Mais vu le niveau auquel il a évolué, je pense qu'il devait être pas trop mal. Il a joué en CFA ici, en région lyonnaise.
Formation
Comment as-tu été recruté par l’OL ?
Petit déjà, l’OL voulait me recruter. À 7 ans, j’avais fait les tests à Gerland, à l'époque c'était à Gerland. Mais mes parents ne voulaient pas que j'y aille, c'était un peu trop loin pour faire les déplacements à chaque fois. Deux ans après, l'académie s’est installée à Meyzieu juste à côté de chez moi, c'est là que les coachs m’ont recruté. En attendant de rejoindre l’OL, pendant deux ans, je faisais les tournois avec eux que ce soit en Allemagne, dans le sud, partout, mais les entraînements je n’y allais pas, c'était trop loin. J’ai toujours été externe, je n’ai jamais vécu au centre de préformation ou centre de formation, j’habitais vraiment à côté.
Comment vivais-tu le fait d’être externe ?
Il y a deux visions des choses. Pour certaines personnes, c'est difficile d'être interne, de ne pas voir sa famille par exemple. Moi j'ai eu cette chance-là donc je ne m'en plains pas. Après, quand on est interne, on a tout pour réussir parce qu'on ne peut que manger bien, se coucher à la bonne heure, on n'a pas nos téléphones le soir... ce sont de bonnes conditions pour réussir. Même si moi, à la maison, j'étais bien dans ma tête.
As-tu une anecdote forte sur ta formation à l’OL ?
J'ai vécu plusieurs moments. J'ai d'abord connu une grosse blessure. Je me suis cassé la jambe à 11 ans. C'était ma première grosse blessure, la plus grosse de ma carrière. Une fracture du tibia lors d’un tournoi en Suisse, celui de Montreux. Je l'avais fait avec les plus grands une semaine avant et je l’ai fait une semaine après avec les joueurs de mon âge. Un joueur a voulu tirer, j'ai enlevé le ballon et il a tiré dans mon tibia. Et ça s'est cassé. Ça m'a éloigné des terrains durant huit mois. J'ai mis du temps à m'en remettre parce qu'à chaque contact, j’avais un peu peur d'y aller, mon tibia était encore fragile. C'était un moment fort. Et sinon, le coup franc contre Saint-Étienne, c'est un beau moment parce qu'il y avait les supporters, il y avait le président, il y avait beaucoup du monde dans les tribunes, un super souvenir.
Des personnes ont marqué ta formation ?
Je dirais tous les coachs que j'ai eus. On ne s'en rend peut-être pas compte sur le moment, mais en vrai, ils nous aident énormément avec tous leurs conseils. Parfois, on ne les écoute pas forcément, mais on finit toujours par les écouter sans pour autant le dire. Par exemple, ce qui a renforcé ma qualité technique, même si je ne m'en suis peut-être pas rendu compte tout de suite, c'est les séances de futsal avec le coach Amaury Barlet. On faisais des matchs de futsal contre le Pôle Espoirs de France, c'étaient de très bons matchs. Ça a vraiment renforcé notre qualité technique. C'était important pour être capable de se sortir de la pression dans des petits espaces. On m’a beaucoup conseillé sur ces aspects car je n’ai jamais été le plus grand ou le plus gros, j'étais vraiment plus petit que les autres. J'ai donc appris à jouer avec mon corps, à éviter les duels, à éviter les contacts, ma formation m'a beaucoup aidé à ce niveau.
Comment décris-tu le centre de formation de l’OL ?
C'est un très bon centre de formation en France. À l’OL, les jeunes ont la possibilité de continuer avec l'équipe professionnelle, on nous donne la chance de nous exprimer. C'est un centre de formation où toutes les équipes jouent de manière identique, il y a vraiment une identité de jeu lyonnaise, avec des petits espaces, du jeu combiné. Comme on peut le voir dans les classements des centres de formation, il est très très bien placé en Europe. Ça se voit notamment cette année, beaucoup de jeunes ont pu jouer avec l’équipe première.
Comment faire pour sortir du lot et atteindre l’équipe professionnelle lorsqu’on est dans l’un des meilleurs centres de formation d’Europe ? Tous les jeunes ont le même objectif…
J'ai toujours eu la chance d'être surclassé, j’ai toujours joué avec les plus grands dès le plus jeune âge, depuis mon arrivée au club à 9 ans. Donc ça m'a aidé à être en avance sur les joueurs de mon âge. Ça m'a aussi aidé mentalement parce que je me suis dit : « Si je suis avec les plus grands, c'est que je le mérite ». Quand on entre sur un terrain, il faut se dire qu’on n'a rien à envier à qui que ce soit. Il ne faut pas se mettre de pression, c'est aussi ça qui m'a aidé, je n’ai jamais eu de pression, que ce soit avec les pros ou les jeunes, lors des gros matchs, des derbys. J’ai toujours été le même. Tout ça vient aussi du fait de jouer avec ses potes toute la journée au city, sans se prendre la tête, je suis resté pareil. Il faut aborder les matchs comme si on était au city car si on se met trop de pression, on peut perdre ses moyens.
Tu ne te disais pas : « Il faut absolument que j’aille avec les pros et que je réussisse » ?
Bah si quand même, si on fait du foot, c'est pour ça. On a un but final même si c'est un jeu, c'est un sport, et qu’on prend du plaisir avant tout. Mais quand on voit la vie ou même la chance que les joueurs pros ont, ça donne envie.
OL
Te souviens-tu de tes premiers entraînements à l’OL ?
C’était enfin de saison dernière. J'ai commencé à effectuer mes premiers entraînements en mai. C’était vraiment très bien. Mais je savais que ce n’était que le début et que le plus dur allait commencer. Quand on m’a annoncé que je rejoignais les pros, je n’avais aucune pression. Certaines personnes peuvent perdre leurs moyens avec la pression, donc moi, je n’ai jamais eu de pression. J’ai ensuite pu faire ma première reprise avec les pros, l’été dernier. J’étais content d’être avec les pros. Et quand on voit tout ce qu'on a fait pour y être et qu'on y est, on est fier. Le plus dur restait à faire, une préparation avec les pros, avec des grands joueurs, ça ne peut que nous aider à nous développer.
Comment imaginais-tu ton premier match officiel en professionnel ?
Comme tout footballeur, on a déjà rêvé de ça, de se retrouver sur un terrain de Ligue 1. Et s'y retrouver vraiment, bah... (il coupe). C’est un rêve qui s'accomplit même si encore une fois, le plus dur commence. Et on ne se rend pas vraiment compte des choses quand on a joué en Ligue 1. Oui, c’était un rêve, mais finalement, ça devient un objectif, ça devient un métier, donc on oublie qu’initialement, c’était un rêve, tout va tellement vite…
Tu avais un scénario en tête ?
Non, je ne me suis jamais fait de film. Je m'étais déjà imaginé entrer, jouer avec les pros, mais quand tu le vis vraiment, tu ne te poses pas trop de questions. Tu n'as pas le temps de te poser, de te dire : « Ah je suis rentré en Ligue 1 », tu vis le moment et voilà.
Comment as-tu vécu la signature de ton premier contrat professionnel ?
J’ai signé professionnel en 2025. C’est l'aboutissement de toute ma formation à l'OL. Et j'étais vraiment très, très content de signer, mais encore une fois, j'ai gardé la tête sur les épaules. Je savais que c'était le début.
Tu as grandi à côté du stade, tu es 100% Lyonnais, cette signature procure-t-elle quelque chose de différent ?
C'est forcément différent. Quand tu joues à Lyon, alors que tu as toujours été au stade pour supporter l’équipe, c’est spécial. Quand l'équipe perdait, je n’étais pas bien, je voulais qu’elle aille loin dans les compétitions. Et là, vivre les choses de l’intérieur, c’est encore mieux parce que je sais ce que les supporters ressentent, j’étais à leur place. Donc tu les comprends parfois et tu es encore plus content quand tu gagnes un match parce que tu te dis : « J’ai participé à cette victoire de mon club de coeur », c'est incroyable à vivre.
Dans le vestiaire, cherches-tu à transmettre ce côté supporter, ce côté passionnel aux autres joueurs ?
Je n’essaie pas forcément de le montrer parce que je suis jeune, j'ai le temps de m'affirmer dans le vestiaire, Coco (Corentin Tolisso) le fait très bien, en plus, c'est le capitaine, c'est un Lyonnais, donc lui fait très bien passer les messages.
Quels sont les joueurs de l’OL qui te faisaient kiffer ?
Je n’avais pas forcément de maillots de joueurs à la maison, vu que je jouais à l’OL, le club nous donnait des maillots sans nom, ni numéro. Mais j’ai kiffé beaucoup de joueurs : Benzema, Aouar, Fekir, Coco (Corentin Tolisso), tous les joueurs de ce calibre-là.
Comment s’est passée ton adaptation dans le vestiaire avec des adultes ?
Au début, forcément, tu appréhendes, tu te demandes comment ça va être, comment ils vont t’accueillir et franchement, ils m'ont tous très bien accueilli. Mon intégration a été facilitée par les autres. J'écoutais les conseils et je me taisais. Juste je regardais. C'est la meilleure des choses à faire.
Comment ça se passe avec les pros ?
Ça se passe très bien avec un coach incroyable. En toute honnêteté, peu de monde nous attendait ici. Aujourd’hui, ce qu’on fait, c’est en grande partie grâce au coach. Il a su nous donner un vrai plan de jeu, tout le monde connaît son rôle. C’est un coach que je n’oublierai jamais, c’est lui qui m'a lancé. Je serai toujours reconnaissant envers lui. Il m'a fait confiance et je ne peux que lui dire merci.
Quelles sont les différences entre les matchs des jeunes et les matchs en pro ?
Il y a beaucoup de différences : l’intensité déjà et surtout les conséquences de tes actions. C'est-à-dire que si tu perds un ballon chez les jeunes, il y a peu de chance que le ballon finisse en occasion, on n'est pas tous au point techniquement, physiquement, tactiquement. En pro, c’est direct, tu perds un ballon, ça peut directement faire but. Les joueurs sont tous forts, ils ont tous une grande qualité et ce n’est pas pour rien qu'ils sont pros. Tu as donc moins le droit à l'erreur.
Ce changement a eu un impact sur ton jeu ?
Oui, forcément, au début en tout cas. Quand tu es jeune, tu n'as pas envie de mal faire même si tu as cette insouciance et que tu te dis : « Joue comme tu faisais avec les jeunes ». Mais forcément, ça a un impact car ta carrière peut changer en une action, positivement ou négativement, ta carrière peut changer sur un geste. Il faut donc vraiment être concentré tout le temps et s’appliquer, surtout quand tu débutes. Si tu te loupes, tu peux retourner en réserve. Tu peux être le héros d'un match et trois jours après, tu peux être tout l'inverse et redescendre aussi vite. Il faut avoir cette régularité et être meilleur que la veille.
Tu vis ta première saison avec les professionnels, tu as connu différentes phases : des moments où tu as enchaîné les matchs, d’autres où tu t’es assis sur le banc. Comment gères-tu ces périodes ?
Il ne faut pas trop se prendre la tête quand on est jeune, il faut juste prendre ce qu'il y a à prendre. Ce que le coach m'a donné en temps de jeu, je ne l’aurais jamais imaginé, il y a un an. Donc je prends vraiment ce qu'il y a à prendre. Si je suis sur le terrain, tant mieux, je donne le meilleur, si je ne suis pas sur le terrain, je me tiens prêt au cas où le coach fait appel à moi, tout simplement. Je me tiens toujours prêt à répondre présent. Après, bien sûr, comme tout joueur, on a envie de jouer tous les matchs. Sinon c'est qu'on n'aime pas le foot. Je n'ai pas de problème avec ça. On a toujours envie de jouer, on a envie d'être sur le terrain, on a envie de se montrer, on a envie d'aider l'équipe. Mais il ne faut pas se prendre la tête si on est sur le banc quelques matchs. Quand le coach te met, il faut te montrer et lui montrer que tu mérites d’être sur le terrain plus souvent. C’est tout.
Tu ne tergiverses pas ?
Bien sûr qu’il faut se poser des questions et comprendre pourquoi j’ai moins de temps de jeu, pourquoi je suis sur le banc, mais il faut aussi se rappeler qu’on est de jeunes joueurs. On a le temps d'évoluer même si le foot va vite. Encore une fois, il ne faut pas se prendre la tête parce qu’on peut dénaturer son jeu quand on revient dans l’équipe. Donc faut juste rester patient et attendre le moment où le coach fera appel à toi.
C’est ta première saison, dans plusieurs années, tu ne parleras plus comme ça.
(Rires) Oui c’est sûr ! Mais déjà, j’ai joué énormément et je ne m’attendais pas à ça donc je n’ai rien à dire sur ce sujet-là.
Personnalité
Qui est Khalis dans la vie de tous les jours ?
Je suis quelqu'un de joyeux. J'aime bien rigoler, j'aime bien mettre la bonne humeur. Je suis discret aussi. Quand je ne connais pas les personnes, vous n'allez pas m'entendre. Je vais rester dans mon coin tranquille J'aime bien sortir avec mes potes, ma copine, ma famille. J’aime jouer à la play, je suis simple quoi.
Ça fait quoi d'être considéré comme un joueur très prometteur ?
Ça fait plaisir, quand on voit les supporters, ils sont toujours bienveillants envers nous, donc ça fait plaisir. Rien n’a vraiment changé pour moi, car je suis toujours resté le même.
Tu n’as pas peur de ne pas répondre aux attentes ?
Non, je n’ai pas cette peur-là, le foot, ce n’est qu’un sport. Ce n’est pas une fin en soi. Évidemment, on veut toujours être le meilleur. Je sais qu’il y a beaucoup d’attente autour de moi, je ne me prends pas la tête avec ça. Je n’ai pas envie de me mettre de pression, j’ai envie de jouer, d’être relâché, c'est là où je vais être le meilleur. Donc je sais que je suis très attendu mais je vais faire du mieux possible, je vais donner le meilleur de moi. Et je vais bosser tous les jours, je travaille déjà beaucoup. Je sais que je peux faire plus et que je peux travailler plus. C'est comme ça que je répondrai aux attentes.
En dehors du foot, as-tu des passions ?
Je n’ai pas forcément de passion. Je suis quelqu'un de très simple. Je vis comme la plupart des personnes. J'aime bien m'amuser mais sans plus.
Tu vis encore chez tes parents ?
Oui, je n’ai pas changé, j’ai toujours la même chambre depuis petit. Je ne me préoccupe pas trop de ça, je ne me projette pas encore. Je ne me demande pas si je dois partir ou non. C’est vrai, parfois c’est bien d’être seul, ça fait du bien. Je n’aurais pas cru, mais quand tu as tout ça à gérer, c’est différent. Quand tu rentre chez toi, tu as envie d’être tranquille, dans ta chambre, posé. Et dans le même temps, c’est bien d’être chez les parents, car ça me retire plein de tâches comme la cuisine, le ménage, l’entretien, tout ça. En vrai, je ne m’en rends pas compte encore (sourire).
Comment gères-tu les sollicitations avec les supporters, les médias, tout ce genre de choses qui touchent à ton quotidien ?
Je gère tout ça comme une personne normale. Ça fait plaisir de voir les supporters, donc quand ils nous arrêtent dans la rue, je prends toujours un moment avec eux pour parler, sachant que ça ne change rien à mon quotidien. Il est vrai que quoi qu’on fasse, on sera toujours jugé. Il faut donc faire attention à ce qu’on fait pour garder une bonne image.
Tu regardes ce qui se dit de toi sur les réseaux ?
Au début, oui, comme tout le monde, tout jeune regarde ce qui se dit. Après, au bout d'un moment, on va à l’essentiel. Les réseaux, ce n’est pas forcément la réalité. La réalité, c’est le terrain. Au bout d'un moment, il faut se concentrer sur le terrain et décrocher petit à petit. Ce n’est pas plus mal. Au début, je regardais tout ce qui se disait sur moi, je lisais les commentaires sur moi, sur l’équipe, je faisais attention à tout. Il faut vraiment prendre de la hauteur, car ça peut t’enlever de la confiance ou au contraire, te donner un surplus de confiance, et dans les deux cas, ce n’est pas forcément bon.
Comment gères-tu les tentations ?
Dieu merci j'ai une copine avant tout ça. Ça me permet aussi de me retirer toutes les tentations de ma tête. Je ne sors pas beaucoup, concernant la nourriture, il faut être professionnel. Au début, tu vas essayer de faire comme avant, mais sur le terrain, tu vas vite te rendre compte que ce n’est pas possible. Tu reviens donc rapidement à la simplicité : bien manger, bien dormir, c’est très très important. On a l'impression que ça n'a pas d'impact mais en réalité, si. C’est ce qui fait la différence. Je pense aussi à la récupération, aux soins. J'ai commencé à acheter plusieurs machines pour bien récupérer après les matchs ou quand j'ai une petite douleur. Quand tu deviens professionnel, beaucoup de choses changent, mais moi, je ne sors pas, je ne fais pas la fête, je suis tranquille, chez moi.
Style de jeu
Comment définirais-tu ton style de jeu ?
Je suis un joueur… (il coupe). Je ne suis pas très grand, pas très gros, donc je dois m’améliorer à ce niveau. Avec le ballon, j’essaie toujours de faire jouer mes coéquipiers. Je suis un joueur d’équipe, j’aime bien quand l’équipe joue bien, j’aime faire du beau jeu. Et j'aime surtout faire marquer mes partenaires, mais là, je suis en train de comprendre qu’il faut aussi marquer soi-même. J’ai une bonne qualité technique, sous pression, je sais que je pourrai toujours m'en sortir car j’ai bien travaillé quand j’étais petit. J’ai plein de choses à travailler encore, je bosse au quotidien pour ça et je le ferai jusqu'à la fin de ma carrière.
Qu’est-ce que le beau jeu pour toi ?
Prendre du plaisir sur le terrain, c’est très important. On a plus de chance de gagner un match en jouant bien plutôt qu’en jouant mal. Même si, bien sûr, chaque équipe est différente. On peut aussi gagner des matchs en se ratant et marquer un but sur une seule action. Moi, j’aime regarder les équipes qui jouent bien. Donc quand j’arrive sur le terrain, j’ai envie de reproduire ça, j’ai envie de prendre du plaisir avec mes partenaires, c’est plus facile pour gagner les matchs tous ensemble.
Qu’aimerais-tu améliorer dans ton jeu ?
Il faut que je devienne plus fort physiquement, il faut aussi que j’arrive à avoir de meilleures stats. Je suis jeune, je suis en train de comprendre qu’il faut se mettre à marquer, à faire des passes décisives. Malheureusement, la plupart des personnes ne vont retenir que ça. Même si à mes yeux, le football, ce n’est pas ça. Ça se joue sur le terrain. Ne pas marquer ou ne pas faire de passes décisives ne veut pas dire qu’on ne peut pas être important pour l’équipe. Mais aujourd’hui, quand un coach a le choix entre deux joueurs, il va forcément regarder le plus décisif des deux. Je suis en train de comprendre les choses. Je travaille donc sur ce point et physiquement. J’ai un programme spécial ici, donc je le suis pour me développer.
Quels sont les joueurs que tu aimes bien ?
Dans mon style de jeu, j'aime beaucoup Pedri. J’aime bien les beaux joueurs de ballon, comme Arda Güler. Avant, il y avait Modrić, Kroos, j'aime beaucoup le Real Madrid donc je regardais beaucoup ces ces joueurs. Bernardo Silva aussi. J’aime ce style de joueurs : pas très grands, pas très gros mais qui jouent comme s'ils étaient les plus grands et les plus gros. Sur le terrain, on ne voit pas la différence physique avec les autres. Je pense aussi à Xavi, Iniesta, tous ces joueurs. Ce sont mes inspirations.
Sur le terrain, tu sens la différence physique avec certains joueurs ?
Oui, c'est sûr. Dans un duel, on va sentir l’impact avec certains joueurs. C’est pour ça qu’il faut travailler le gainage et la musculation. Ça va m’aider à tous les niveaux, pour mieux tenir sur mes jambes, pour résister aux chocs. Là, je suis plus dans un jeu d’évitement, je mets mon corps avant l’adversaire, je passe bien la jambe, c’est la chose la plus important pour un joueur de mon profil. Savoir bien jouer avec son corps, mettre le pied avant le joueur pour obtenir une faute, mettre sa jambe en opposition pour passer le corps devant, c'est très important. C’est important de jouer avec son cerveau et d’anticiper les choses. Pour répondre au défis physique, il faut aussi être plus malin. C’est ce que j’ai appris depuis depuis petit : être intelligent, avoir cette intelligence de jeu et cette malice.
Conclusion
Quels sont tes rêves ?
Je ne me fixe pas forcément d’objectif, je ne me fixe pas de limite, je veux aller le plus loin possible. J’aimerais jouer la Ligue des Champions avec mon club de coeur, l’OL. J’en ai vraiment envie, il n’y a pas si longtemps, je regardais les matchs à la télé quand l’OL jouait contre contre Manchester City, le Bayern, la Juve... et ça faisait rêver, donc j'ai envie de faire la même chose.
Et si tu n'avais pas été footballeur, qu'est-ce que tu aurais fait ?
Ah, je n’avais pas d'autre issue. Je n’ai aucune idée, vraiment.
Si tu pouvais bénéficier d'un super-pouvoir, tu choisirais lequel ?
Voler, comme ça, j’évite les bouchons (sourire).
Si tu étais journaliste, tu poserais quelle question à Khalis Merah ?
Je ne sais pas, c'est pour ça que je ne suis pas journaliste (sourire). Par contre, je peux te livrer un secret, ce n’est rien de fou, mais c’est quelque chose que je n’ai jamais dit, c’est mon secret. Avant chaque match, pendant le repas, je bois deux ou trois smoothies fraise - pomme - banane. Mais vraiment, minimum deux ou trois. J’aime trop ça. Il y a des petites bouteilles déjà prêtes et je les bois. C’est mon kif d’avant match.
Si tu devais terminer l’interview par une phrase qui te représente, que dirais-tu ?
On m’a souvent répété une phrase, c’est ce qui m’a changé depuis que je suis avec les pros : « Il faut toujours être meilleur qu’hier ». On peut être le meilleur dans un match, mais si la semaine suivante, on fait un mauvais match, tout le monde aura oublié ce qu'on a fait de bien le week-end précédent. Donc voilà, c’est ultra important d’être meilleur que la veille.
Si tu devais te noter pour cet entretien, tu te mettrais quelle note ?
7,5 sur 10 (sourire).
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