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·20 mai 2026
EXCLU - Luca Zidane : « Je ne suis pas encore arrivé à mon top niveau »

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·20 mai 2026

En amoureux de football, Luca Zidane a choisi le Nuevo Estadio de Los Cármenes, l’antre dans lequel il évolue sous les couleurs de Granada, pour nous accorder l’un de ses rares entretiens. Sous un soleil rasant, le gardien formé au Real Madrid a pris le temps de développer ses idées. Parcours, poids du patronyme, relation familiale, nouvelle vie en sélection algérienne, LZ en a surtout profité pour parler des valeurs qui lui tiennent à coeur : respect et humilité.
Voici quelques extraits de notre interview de Luca Zidane. L’intégralité de cet interview de 8 pages est à retrouver dans le magazine n°380 de Onze Mondial disponible en kiosque et sur notre eshop depuis le 3 avril 2026.
Lucas, tu as été formé au Real Madrid, un club où ton père est une légende. Quand on arrive enfant à Valdebebas, qu'est-ce qui marque le plus ?
En fait, quand je suis arrivé là-bas, j’avais 8 ou 9 ans, mais c'est comme si tu jouais en pro. Les installations, le staff, les équipes, c'était un truc de fou. Et surtout, ce qui m'a impressionné, c'est que même à cet âge-là, quand on allait jouer des tournois, c'était toujours la gagne. Quoi qu'il arrive, il fallait gagner. Et ça, c'est ce qui m'a impressionné le plus, avec bien sûr les installations du club.
Est-ce que le nom Zidane a été un moteur ou un frein dans ta formation ?
Le nom Zidane, déjà, je le porte avec fierté. C'est le nom de mes grands-parents. Et moi, j'essaie de bien le porter, d’abord en dehors du foot. En dehors du foot, c'est les valeurs que mon grand-père a transmise à mon père et à mes oncles et que mon père nous a transmis. C'est des valeurs qu'on essaie d'avoir, notamment de bien représenter le nom Zidane. Après, dans le foot, tu as demandé si c'était un frein ou pas, c’est sûr qu'il y a des moments où tu es plus exposé à la critique que d'autres joueurs. Surtout dans les moments un peu compliqués, ça peut être un frein.
Te sentais-tu jugé différemment des autres joueurs au centre de formation ?
Dans mon équipe, non. Même vis à vis du staff, j'étais un joueur en plus. Par contre, quand on allait jouer des tournois, j'étais le gardien, on parlait plus de moi parce que j'étais le fils DE. Il y avait un peu plus de pression et surtout, j’étais plus exposé médiatiquement que les autres.
Qu'est-ce que le Real Madrid t'a transmis en priorité ? L'exigence, la mentalité, la gestion de la pression ?
Normalement, quand tu es petit, tu joues pour t'amuser. Là-bas, il fallait être sérieux dès le plus jeune âge. Il y avait même un mec qui nous disait comment manger, comment dormir. Donc c'était comme si tu étais dans un club en pro. Et moi, comme je t'ai dit, ce qui m'a impressionné, c'est qu'il fallait toujours gagner, même quand on allait jouer des tournois, il y avait cette rivalité, par exemple Madrid-Barcelone. On a fait beaucoup de finales contre eux et il y avait cette pression que tu ressens dans le monde professionnel. Cette pression, elle était déjà là à 8 ou 9 ans. Donc, savoir gérer cette pression si jeune, ça t'aide pour plus tard être prêt.
Est-ce que tu as un souvenir précis au Real qui a profondément marqué le gardien que tu es aujourd'hui ?
Un souvenir précis ? Moi, ce que j'adorais quand j'étais petit, c'était quand on partait en tournoi. Quand on jouait, par exemple, contre Barcelone, on a disputé plusieurs finales. Et c'est des moments où tu te sens vraiment footballeur et tu te sens vraiment dans la peau d'un pro à 14-15 ans. Ces moments-là qui t'aident plus tard à gérer cette pression et à savoir jouer avec cette pression.
On va passer maintenant à ton poste de gardien de but, qui est quand même une fonction à part sur le terrain. Pourquoi tu as choisi le poste de gardien alors que tu grandissais entouré de joueurs très techniques ?
Franchement, je ne sais pas. On m'a posé plein de fois cette question. Bon, moi, j'ai toujours dit, c'est à cause... Je ne vais pas dire à cause ou grâce à mon grand frère Enzo, mais quand on était petits, c'était lui le grand, donc il me mettait dans les cages, il me disait : « Va dans les cages, moi, je frappe ». Donc, je me mettais dans les cages et après, je suis resté gardien. Mais j'ai toujours aimé, par exemple, en été ou même à l'entraînement en club, jouer dans le champ. Donc, c'est quelque chose que j'aime bien et cela fait partie de mes gènes. On est des joueurs techniques dans la famille et j'ai toujours eu ce côté joueur. D'ailleurs, je continue, même en tant que gardien. Pour moi, c'est important de créer la supériorité numérique depuis l’arrière et j’accorde beaucoup d'importance à ça.
En quoi être gardien de but aujourd'hui est plus complexe qu'avant selon toi ?
Maintenant, on demande plus de choses au gardien. Avant, le gardien, c'était juste essayer d'arrêter le plus de ballons possible. Maintenant, il y a la gestion de la profondeur, il y a aussi le jeu au pied qui est important, la communication avec tes défenseurs. Il y a beaucoup plus de choses qui entrent en jeu aujourd’hui qu'avant et qu’on ne demandait pas trop à un gardien.
Pour toi, dans le football moderne, quelle est la qualité la plus importante chez un gardien de but ?
La lecture du jeu (direct). Que ça soit offensivement ou défensivement.
Défensivement, par exemple, la gestion de la profondeur, la distance que t'as avec ta défense. Si t'es dans une équipe qui presse haut, et que donc ta ligne défensive est haute, le gardien doit jouer haut pour gérer cette profondeur. Après, il y a le jeu au pied qui est très important aujourd'hui : de nos jours, c'est de plus en plus important. Maintenant, on cherche des gardiens qui sont bons avec les pieds. Donc c'est ces deux ou trois choses qui sont pour moi très importantes pour le gardien aujourd'hui.
Comment tu travailles ton mental, surtout après un match difficile ?
J’ai un coach mental depuis trois ou quatre ans maintenant. Je pense que c'est très important d’en avoir, surtout aujourd'hui dans le monde dans lequel on vit. Dans le foot, pour moi, c'est aussi important de travailler le mental que le physique. Parce que, souvent, les performance sont meilleures ou moins bonnes selon ton mental, plus que ton physique. Parce que physiquement, tu travailles toute l'année, donc, tu ne peux être que bien. Après, techniquement, tu peux t'améliorer comme tout le monde, mais c'est surtout travailler ce mental qui est important. Et après les matchs, que ce soit un bon match ou un mauvais match, je pense qu'il faut toujours avoir une stabilité émotionnelle, pas être trop dans l'excès, ni trop bas. Donc, je travaille ça.
Est-ce que tu penses que tu as un style de gardien à l'espagnol ?
Ben moi, ça fait vingt-cinq ans que je suis en Espagne (rires), donc je suis obligé d'avoir le style un peu espagnol. Mais oui, comme j'ai été formé ici, en Espagne, les entraîneurs des gardiens, par exemple, ils ont une façon de travailler différente par rapport à la France ou à l'étranger. Et oui, je me sens quand même Espagnol dans ma manière de jouer.
On va parler de la fratrie. Grandir ensemble, se construire soi-même. Tu as grandi avec des frères et il a fallu que tu fasses ta place au milieu de cette fratrie. Vous êtes quatre frères, tous footballeurs. En quoi cette fratrie t'a-t-elle façonné ?
Moi, en fait, ce qui me façonne, c'est cette passion qu'on a tous en commun. Et c'est ça qui fait qu'on est aussi unis dans la famille, c'est cette passion commune. Et, on est tous fous de foot. Tellement qu’à la la maison, ma mère en a marre qu'on parle de foot toute la journée (sourire) .
Il y avait de la concurrence entre vous ou surtout de la solidarité ?
Il y a toujours de la concurrence, ça, c'est sûr, surtout quand on était petits. Mais aussi toujours de la solidarité : on est là, on regarde tous nos matchs. Quand on fait des bons matchs, quand on fait des mauvais matchs… Moi, par exemple, je regarde les matchs de mes frères, je suis là pour eux, ils sont là pour moi, pareil pour mes parents… Ma mère, elle, regarde tous nos matchs. Donc il y a cette solidarité, par contre, entre nous, entre frères, quand on joue l'un contre l'autre, il n'y a pas de frères. Là, c'est chacun pour soi et on est des compétiteurs. Et depuis petit, c'est comme ça. Que ça soit dans le foot ou autre chose, on est des compétiteurs, on veut toujours gagner.
Tu as parlé de la solidarité avec tes frères. Est-ce qu'aujourd'hui encore vos échanges sont une source d'équilibre pour toi ?
Oui, pour moi, c'est important. Après les matchs, savoir ce que pensent mon frère, mon père et ma mère de mon match, c'est important et c'est quelque chose qui... Pour t'améliorer, c'est important d'avoir leur avis.
Est-ce que c'est plus difficile de s'émanciper quand on partage le même nom et la même passion que ses frères ?
Non, non, au contraire. Moi, je pense que justement, avoir cette passion commune fait que depuis petits, on baigne dans le foot, on partage des choses ensemble. Mes parents n’ont jamais voulu qu'on devienne footballeurs. C'est nous, de nous-mêmes, quand on était petits, on voulait toujours... On n'avait besoin que d'un ballon. Même à la maison, je me rappelle, ma mère, elle en avait marre tellement on jouait le soir. Elle nous douchait, on allait jouer après la douche et tellement on transpirait, on devait se re-doucher encore. C'est des moments que tu passes avec tes frères, des moments que je ne vais jamais oublier.
Tu as grandi en Espagne plus qu'en France. Tu as un petit peu répondu avant, mais dans ton jeu, tu te sens beaucoup plus Espagnol que Français ?
Oui, dans mon jeu, je me sens plus Espagnol parce que je me suis formé avec des entraîneurs espagnols, donc ouais, je me sens plus Espagnol.
Quelles différences tu pourrais nous donner entre les formations espagnole et française, notamment pour les gardiens ?
Ici, en fait, on travaille plus au niveau de la coordination des mouvements. En France, tu travailles plus les tirs directement dans les cages. Ici, c'est plus la coordination avec différents exercices pour trouver cette coordination quand tu es dans les cages. Et le jeu au pied aussi, je pense qu’en Espagne, ils y accordent plus d'importance, même si de nos jours, c'est important partout.
Tu as fait une super transition. Le jeu au pied et la relance courte, c'est devenu pour toi une seconde nature ?
Oui, j'ai toujours aimé ça, pouvoir être le onzième joueur, essayer de trouver ce joueur libre pour essayer de repartir de derrière, parce que maintenant, il y a beaucoup d'équipes qui pressent haut. Et si tu es un bon gardien au pied, ça fait la différence.
As-tu parfois le sentiment d'avoir une identité football hybride ?
Oui, j'ai cette sensation. Notamment avec le jeu au pied…mais surtout parce que moi, je suis un gardien qui joue très haut. Cette année, je suis dans une équipe de Grenade, qui presse haut. Donc la ligne défensive est haute aussi. On me demande d'être haut. Et c'est plus dans ce sens-là que je me sens hybride, même goal volant.
On va parler de ta carrière professionnelle et le fait de devoir te faire un prénom dans cette famille Zidane. À quel moment tu t'es dit : « Ça y est, là, maintenant, je suis vraiment lancé » ?
Je ne sais pas encore si je suis lancé. Je ne sais pas encore si je suis lancé. (Il se répète). Pour moi, je ne suis pas encore lancé. Parce que moi, j'ai beaucoup d'ambition. Je sais où je veux aller. Bon, j'ai 27 ans, mais pour un gardien, 27 ans, c'est jeune. J'arrive, je vais peut-être arriver... Je ne suis pas encore arrivé à mon top niveau, donc moi, j'ai mes ambitions et par rapport à mes ambitions, je n'ai pas encore réussi.
Donc, j'espère que ça va arriver bientôt.
Est-ce que tu as eu des périodes de doute dans ta carrière ?
Toujours. Il y a toujours quelques périodes où tu es moins bien, où tu peux douter. Par contre douter de mes qualités, jamais. Tu as des moments peut-être moins bien ou des moments où tu te blesses. Par exemple, l'année dernière, c'était une saison un peu compliquée parce que je me suis beaucoup blessé. Et là, c'est des moments euh... pour un footballeur, c'est compliqué. C'est des moments de doute.
J'allais te demander si à 27 ans, tu estimes être arrivé à maturité...
Non, pour moi, non. Pas encore. J'espère que ça va arriver bientôt, inshAllah.
La Liga 2 est souvent décrite comme un championnat difficile. Qu'est-ce qu'elle t'apporte, toi, aujourd'hui ?
Franchement, je sais pas quoi répondre. Moi, j'ai toujours joué en Espagne et... je me sens bien ici. Par contre, pourquoi pas un jour pouvoir goûter un autre championnat, que ça soit en France, en Italie ou n'importe où, mais goûter à un autre football.
Pour t'aider, par rapport à la question, qu'est-ce que tu as appris dans cette adversité en deuxième division espagnole que tu n'aurais peut-être pas appris ailleurs ?
Ici, c'est très serré. C'est très serré parce que même le premier peut perdre contre le dernier. Par exemple, tu peux être relégable et gagner quatre, cinq matchs d'affilée et te retrouver en play-off pour la montée. Donc c'est un championnat compliqué et très long surtout. On est vingt-deux équipes, donc il y a quarante-deux matchs, plus les play-offs. C'est surtout ça, être constant, ne pas négliger certains matchs, voilà ce qui est difficile : tous les matchs sont importants et compliqués.
On passe à la partie transmission. Quand ton père te parle de football, quel est son rôle ? Il est conseiller ? Père avant tout ? Ou c'est un ancien joueur qui te parle ?
Non, il est père. Que père. Quand il parle avec nous, il n’est que père.
Quel conseil de Zinedine Zidane t'a le plus marqué ?
C’est les valeurs qu'il nous a transmises, mes frères et moi. Les valeurs de respect, travail, sérieux, et après, être ambitieux aussi.
Est-ce que tu as dû apprendre à faire abstraction des comparaisons permanentes avec ton papa ?
Oui, après, nous, entre frères, on est habitués depuis petits aux comparaisons avec notre père. C'est normal, ça fait partie du jeu. Nous, ça ne nous dérange pas du tout, au contraire. Bon, c'est sûr que... on veut avoir notre carrière de notre côté. Lui, il a eu sa carrière. On sait tous la carrière qu'il a faite. Nous, on est fiers d'avoir un père comme ça. On est fiers d'avoir comme père ce joueur avec cette carrière. Mais on est plus fiers de la personne qu'il est et des valeurs qu'il nous transmet.
Aujourd'hui, tu te sens enfin reconnu pour ce que tu fais sur le terrain ?
Oui, de plus en plus. Parce que bon, avant, on me voyait plus comme le fils DE. Maintenant, de moins en moins. J'essaie de me faire mon propre chemin et je pense que je suis sur la bonne voie.
Est-ce que tu penses qu'on a déjà été injuste avec toi par rapport au jugement, purement footballistique ?
Peut-être parce qu’étant le fils DE, les attentes sont peut-être un peu plus hautes, mais c'est surtout au début de ta carrière, tu es plus exposé à la critique. Et moi, je pense qu'au début de ta carrière, ce n’est pas bon d'être autant exposé, ça peut être un frein. On fait avec, c'est comme ça. Que ça soit en bien ou en mal, on parle plus de nous. Et nous, on ne doit pas faire attention à ça, on doit suivre notre propre chemin et c'est tout.
Evoquons la sélection algérienne. Quelles sont tes attaches personnelles et familiales avec l'Algérie, au-delà du football ?
Ben, je vais encore parler de mes grands-parents (rires). C’est l'attachement qu'on a, notre famille, et l'amour qu'on a pour l'Algérie. Il est… (Il réfléchit). Il ne peut pas s'expliquer. Les gens de l'extérieur, ils peuvent penser que bon, on a vécu en France toute notre vie, ma famille surtout, moi, j'ai vécu en Espagne… mais l'attachement qu'on a envers l'Algérie, il ne peut pas se décrire. Moi, c'est mes grands-parents qui... On a une culture algérienne depuis petits et c'est mes grands-parents qui nous transmettent cet amour et cet attachement pour l'Algérie. Quand je mets le maillot en sélection, quand j’entends l'hymne national, ce sont des émotions incroyables. Donc, c'est quelque chose qu'on a à l'intérieur de nous. C’est un attachement et un amour incroyables pour ce pays.
Comment s'est construit ton choix de représenter l'Algérie ?
Moi, j'y ai pensé tôt. Mais il faut savoir qu'ici, en Espagne, dans cette catégorie, il n'y a pas de trêve. Donc, avec les clubs, c'était compliqué.
Avant de venir en sélection, j'ai eu deux, trois échanges, que ça soit avec le coach ou avec la fédération. Ça m'a toujours intéressé d'aller en sélection d'Algérie. C’est une fierté de pouvoir jouer et défendre son pays. Même si, ici, les clubs n’étaient pas trop d'accord pour que j'aille en sélection.
Quelles ont été tes impressions en rejoignant le groupe pour la première fois ?
Mes impressions ? (hésitation) Déjà, j'étais content. J'ai vu un groupe vraiment soudé, un groupe de jeunes joueurs avec beaucoup de qualité. Je pense que dans les années à venir, on va beaucoup parler de l'Algérie parce qu’on a vraiment un très bon groupe de jeunes avec beaucoup de qualité. On se connaît de plus en plus. Ça fait un bon moment là qu'on joue ensemble et je pense que ça va aller crescendo.
Est-ce qu'il y a des joueurs que tu connaissais déjà et avec lesquels tu as tout de suite accroché, humainement ou sur le terrain ?
Ouais, des joueurs que je connaissais, il y avait Yassine Benzia et Ilan Kebbal . Yassine Benzia, il m'a beaucoup aidé pour l'intégration avec le groupe. Donc je suis vraiment très reconnaissant de ce qu'il a fait pour moi. Et Ilan Kebbal, je le connais de Marseille.Tous les étés, on joue ensemble au Z5 à Marseille, je le connais bien et je suis vraiment proche de lui en sélection. Ça fait plaisir d'avoir un mec comme ça avec moi en sélection. Sur le terrain, de par le jeu, je m'entends très bien avec Ramy Bensebaini ou Ismaël Bennacer. C'est des joueurs que j'adore, très bons techniquement. Et quand tu leur donnes un ballon, tu sais qu'il vont te remettre un bon ballon. Donc, j'ai cette liaison avec eux sur le terrain.
Est-ce que certains joueurs ont pu t’impressionner ?
Il y a beaucoup de jeunes joueurs, beaucoup de qualité. Bon, il y a Mahrez. Riyad, tout le monde le connaît, tout le monde sait la carrière qu'il a faite. C'est un joueur incroyable, un des meilleurs joueurs de l'histoire de l'Algérie. Riyad, il a un pied, c'est un gant. Après, il y a, Ramy (Bensebaini) et Aïssa (Mandi), deux centraux très costauds. Tu te sens quand même en sécurité quand tu joues avec eux. Au milieu, il y a Ismaël Bennacer, tu sais que si tu lui donnes un ballon, tu ne vas pas avoir de problème, il ne perd quasiment jamais le ballon, il a une vision du jeu de fou. Après, il y a Hadj Moussa et Maza, deux jeunes dont on va beaucoup parler parce que c'est des très, très bons joueurs.
Les supporters algériens sont connus pour être fanatiques et pour se déplacer en masse. Après quelques mois avec l'Algérie, quel regard tu portes sur cette relation très forte entre l'équipe nationale et ses supporters ?
Moi, j'ai toujours dit : les supporteurs de l'Algérie, c'est les meilleurs. Les meilleurs. Ils sont toujours derrière nous. Quand on les voit dans le stade, c’est dingue. C’est des fous de foot. En Algérie, ils vivent le foot comme ça. C’est leur vie. Quand on les voit derrière nous comme ça, on a envie de tout donner sur le terrain. Ça fait plaisir d'avoir ce public.
A priori, tu seras le gardien numéro un de l'Algérie au Mondial. Est-ce que tu mesures le poids de cette responsabilité ?
Je ne vais pas pouvoir te répondre... parce que je ne sais pas encore si je serai numéro un ou pas.
On peut imaginer que tu le seras puisque tu l'as été pendant la CAN…
Ouais, ouais. En fait, j'essaie de ne pas trop réfléchir à ça. Moi, je ne me mets pas de pression. D'ailleurs, la pression, c'est ce que j'aime dans le foot. Ressentir cette bonne pression. C'est l'adrénaline que je cherche dans le foot. Avoir cette responsabilité, aussi. Mon choix de devenir gardien, c'est justement aussi par rapport à ça. Le gardien, il a beaucoup de responsabilités. Moi, j'aime bien ça, j'ai cette personnalité sur le terrain pour prendre ces responsabilités. Et pour moi, c'est une fierté de pouvoir défendre mon pays pour une Coupe du Monde ou pour une Coupe d'Afrique. Pour un joueur, c'est ce qu'il y a de plus grand, disputer une Coupe du Monde. J'ai hâte d'être là-bas.
Est-ce une pression supplémentaire ? Ou, au contraire, une source de motivation et de fierté ?
C'est une fierté de pouvoir défendre son pays pour une Coupe du Monde, pour un joueur de foot, c'est ce qu'il y a de plus grand. Il n'y a pas plus haut, c’est une fierté. C'est un rêve pour moi, parce que quand j'étais petit, mon rêve, c'était d'être footballeur, comme mes frères. Et pouvoir jouer une Coupe du Monde, c'est comme.. accomplir un de mes rêves. En plus de ça, pouvoir défendre ton pays, c'est un truc de fou.
Qu'est-ce que ça représente pour toi de porter le maillot avec toute l'exigence et les attentes populaires qui l'accompagnent ?
Comme je l'ai dit, quand je mets le maillot de l'Algérie, c'est des émotions... Des émotions que je ne vais pas trouver autre part, que ce soit en club ou n'importe où. Avoir ce public derrière nous, c’est une bonne pression. C’est des émotions que tu as envie de vivre tous les jours. Et tu ne les vis pas tous les jours.
Tu as parlé de l'hymne national. Quand tu l'entends pour la première fois en sélection, tu penses à qui ou à quoi ?
Je pense à ma famille, à mon grand-père surtout. Mon grand-père qui lui, me répète tous les jours qu'il est très content que je sois allé jouer en sélection algérienne. Donc, pouvoir le rendre fier, pour moi, j’ai gagné.
Quels sont tes objectifs personnels et collectifs avec les Fennecs ?
Ça va être une année très importante. Il y a eu la Coupe d'Afrique et bientôt la Coupe du Monde. Personnellement, ça va être une année décisive pour faire un grand pas vers mes objectifs et mes ambitions.
Et après, collectivement, en sélection, on a fait une bonne compétition en Coupe d'Afrique, même si on aurait aimé faire mieux. L’objectif maintenant est de faire une bonne Coupe du Monde. Je pense qu'on va en surprendre plus d’un parce que, comme je l'ai dit, on a un groupe très uni, un groupe de jeunes avec beaucoup de qualité.
Tu disais que 27 ans, pour un gardien, c'est relativement jeune. Quel est ton objectif principal ?
Ici, en Espagne, je suis en train de faire une bonne saison, donc je suis content. J'ai fait une bonne Coupe d'Afrique. Je suis quelqu'un de très ambitieux. Je travaille tous les jours pour m'améliorer, parce que le plus important, c'est de s'améliorer de jour en jour. Et je pense que je suis prêt aujourd'hui à faire ce grand pas au plus haut niveau.
Dans l'idéal, tu te vois rester en Espagne pour viser la Liga ou t'ouvrir à un autre championnat ?
Ça dépend du projet du club. L’étranger, c'est quelque chose qui peut m'intéresser, mais, si par exemple, on monte avec Grenade en Liga ou qu'il y a un club de Liga intéressé avec un bon projet et un bon entraineur qui me veut vraiment, je suis content en Espagne.
Dans 10 ans, comment tu aimerais qu'on parle de Luca Zidane ?
Dans 10 ans, j'aurais quoi, 37 ans. J’espère continuer à jouer un peu, deux, trois ans. Je veux jouer jusqu'à 40 ans.
Et après ta carrière ?
Qu'on me voit comme une bonne personne, que j'ai bien représenté le nom Zidane, mais pas par rapport au footballeur, par rapport aux valeurs qu'on a dans la famille. Et dans le foot, qu'on se rappelle de moi pour ce que j'ai fait. Et même si le nom Luca sera toujours associé au nom Zidane, j’aimerais être fier de ma carrière et qu'on puisse parler de mes performances en tant que Luca et pas en tant que fils DE.
Propos recueillis par Adlane Messelem
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