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·12 mai 2026
EXCLU - Odsonne Édouard : « Je savais que j’allais marquer des buts en Ligue 1 »

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·12 mai 2026

Huit ans après un exil en Grande-Bretagne, Odsonne Édouard a choisi le retour en France pour relancer une carrière à l’arrêt la saison dernière. Et quoi de mieux que le RC Lens et son fervent public pour redémarrer la machine ? À 28 ans, l’ancien international espoirs français s’éclate et brille sous les couleurs sang et or. Interview.
Voici quelques extraits de notre interview de Odsonne Édouard. L’intégralité de cet interview de 6 pages est à retrouver dans le magazine n°380 de Onze Mondial disponible en kiosque et sur notre eshop depuis le 3 avril 2026.
Après avoir passé en revue l’effectif, parlons désormais de toi, Odsonne. Comment te sens-tu dans cette équipe ?
Je me sens très bien, je suis dans un groupe sain, un groupe de supers mecs. Je m'entends bien avec tout le monde. J'ai beaucoup de temps de jeu. Je suis venu ici en grande partie pour ça, pour enchaîner les matchs et me relancer. J’ai réussi à marquer des buts et faire quelques passes décisives. Collectivement, on réalise une super saison, je suis très heureux d’être un joueur du RC Lens.
Quel est ton rôle dans le vestiaire ?
C'est d'apporter mon expérience. Je suis passé par de grands clubs, de grands championnats, j’ai joué de grandes compétitions. Je suis venu ici pour amener toute mon expérience et mon leadership sur le terrain. Je prends la parole quand c’est nécessaire, je ne suis pas un joueur très expressif qui aime les longs discours. Quand je parle, j’aime être simple et efficace, je veux être impactant, quand ça va ou quand ça ne va pas.
Tu es arrivé en fin de mercato, ta saison a démarré mi-septembre, et tu affiches malgré tout des standards très élevés en termes de statistiques. Quelle est la recette de cette adaptation éclair ?
La recette, c'était de revenir au point physiquement, assez rapidement. Je savais que ça allait être ça le plus grand défi. Au niveau de mes qualités de footballeur, je n'avais aucun doute. Je suis toujours confiant sur mes qualités. Je savais que ça allait marcher, que j'allais marquer des buts. Il fallait juste que je revienne bien physiquement. Ce que j'ai fait, même si ça a pris un peu de temps. Une fois au point physiquement, j’ai enchaîné les matchs et marqué des buts.
Pendant ta période creuse, tu pensais revenir à un tel niveau ?
Bien sûr, même si j’ai, évidemment, connu des moments de doute. Je ne jouais plus du tout pendant un moment, je ne faisais même plus de groupes, je n’existais plus dans l’esprit des gens. Mais dans ma tête, je savais que j'allais rebondir. C'est pour ça que je m'entraînais encore plus dur. Je m'entraînais deux à trois fois par jour. J'attendais ce moment et dès que j'ai eu l'opportunité de rejouer, il fallait que je montre à tout le monde que je suis là, que je suis toujours capable de marquer des buts et de réaliser de bonnes performances.
Durant cette saison blanche, il se passait quoi dans ta tête ?
Je me suis posé des questions comme tout être humain. Des interrogations « normales » pour un sportif comme : « Est-ce que je vais retrouver un projet qui va me plaire ? » « Est-ce que je vais reprendre du plaisir à jouer au football ? ». Je me suis entraîné durant tout l’été, en attendant la bonne opportunité et avec l'esprit de quitter l'Angleterre. Je sortais d’une mauvaise expérience, il fallait que je vois autre chose. Le fait de rentrer en France, dans mon pays d'origine, je savais que ça allait me faciliter pour revenir à mon meilleur niveau. Aujourd’hui, tout se passe bien, je suis content.
Tu fais partie des meilleurs buteurs du championnat. Comment expliques-tu cette réussite ?
Je l'explique tout d'abord par la réussite collective, l'équipe tourne très bien cette saison. Le coach aussi a su me mettre en confiance dès le début, il m'a lancé dès mon arrivée, même si je n'étais pas prêt physiquement. Contre le PSG. Il m'a mis d'entrée et m'a expliqué les choses. Il m’a dit : « Soit je t’intègre petit à petit et ça va prendre du temps, soit je t’intègre de suite. Et on voit directement ce qui te manque pour être au point physiquement afin de performer ». Ce choix est un petit détail dans une saison. Mais ce petit détail m’a permis de me rendre compte de mes manques pour me remettre encore plus vite en jambes. Et grâce à ça, j’ai pu être performant plus rapidement.
En plus de marquer, tu es aussi impliqué dans le jeu de ton équipe. Tu es impliqué sur plus de 30% des buts du RC Lens, est-ce important pour toi de participer à la construction des offensives ?
Bien sûr. Au-delà des buts, je suis un joueur qui aime jouer au ballon. Je fais partie des attaquants capables de décrocher comme de prendre la profondeur. J'aime participer aux actions collectives, toucher des ballons, créer des actions et les terminer.
Que recherches-tu lorsque tu entres sur un terrain ?
Avant toute chose, je veux gagner. Ensuite, je cherche à prendre du plaisir et marquer des buts, tout simplement.
Quand tu n'as pas la possibilité d'être décisif ou de ne pas gagner, comment te sens-tu après un match ?
Je me sens frustré. Après, je relativise. Je regarde souvent mes matchs dans la soirée ou le lendemain. Je regarde d'un point de vue personnel ce qui m’a manqué pour aider l'équipe à gagner. Ensuite, je regarde le match de manière globale, d’un point de vue collectif.
Qu’aimes-tu faire sur le terrain ?
J'aime bien jouer au foot (sourire), combiner avec les gens autour de moi, dédoubler les passes, faire des actions collectives. Par exemple, le kif, c’est d’être à la conclusion d’une action que j’ai moi-même lancée. Être au départ et à l’arrivée d’une attaque, je trouve ça très beau pour un attaquant.
As-tu des joueurs références à ton poste ?
J’aime bien de nombreux attaquants, je regarde un peu tout le monde, ce qui se fait de mieux dans le monde. J’apprécie particulièrement Karim Benzema, autant pour son jeu que pour son importance au sein du collectif. Je peux aussi te citer Harry Kane, il est tellement fort et important dans la construction que le coach l’a déjà aligné au milieu de terrain (sourire). Tu sais, ce genre d’attaquants, il y en a de moins en moins. Aujourd’hui, les attaquants à la mode, ce sont les « attaquants presseurs ». Il n’y a plus trop de joueurs comme Benzema ou Kane…
Que penses-tu justement des « attaquants presseurs » ?
Je ne suis pas trop fan. C'est le football actuel, il faut s'adapter. Je ne suis pas un adepte de ce genre de joueurs. Je préfère les attaquants qui savent jouer au ballon, qui savent décrocher, qui savent orienter le jeu plutôt que les attaquants qui pressent constamment et prennent la profondeur.
Comment gères-tu ce nouveau statut de « joueur attendu » chaque week-end ?
Dès mon arrivée, au bout de mon troisième match, les adversaires faisaient déjà plus attention à moi. Quand tu dis « nouveau statut », non, je ne suis pas d’accord, je sors quand même de Premier League, le meilleur championnat du monde. Je ne suis pas du tout arrivé sur la pointe des pieds dans le championnat de Ligue 1. Par contre, je suis arrivé en toute humilité. Il ne faut pas oublier qu’Odsonne Édouard est un joueur expérimenté, un joueur qui a marqué des buts partout où il est passé. Je savais que j’allais marquer des buts en Ligue 1.
Tu as donc été touché par le fait que les gens se questionnent sur ton niveau lors de signature ?
(Sourire) Pour être honnête avec toi, touché, non, mais ça m'a un peu énervé. Quand on voit les gens dire ou écrire : « Le pari Odsonne Édouard », j'aimerais bien prendre un pari qui a joué la Ligue des Champions, l'Europa League, qui a marqué des buts en Premier League et plus globalement partout où il est passé. Prendre le pari sur un joueur de 27 ans qui a marqué plus de 100 buts en carrière, j'aimerais bien le prendre. Voilà ce qui m'a un peu énervé. On m’a, entre guillemets, sous-côté, peut-être même sous-estimé. Je suis arrivé et je savais que j'allais prouver le contraire à tout le monde et que j'allais me faire respecter en très peu de temps.
Est-ce une revanche ?
(Direct) Bien sûr. C'est une revanche personnelle pour moi, pour ma famille, pour mes amis. C'est une saison revancharde, on va dire.
Qu’est-ce qu’un grand attaquant selon toi ?
Un grand attaquant se doit d’être parfait dans tous les domaines. Je dirais que c'est un joueur très, très complet, qui est bon dans tous les compartiments du jeu. Évidemment, ce grand attaquant doit marquer énormément de buts, aider son club, faire gagner son équipe quand elle est en difficulté, être ultra-efficace mais aussi très altruiste. La liste est longue…
Peux-tu décrire l’attaquant de rêve ?
Pour avoir l’attaquant ultime, mais il n’existera probablement jamais, il faudrait que tu prennes et rassembles toutes les qualités de R9, CR7, Karim Benzema et Lionel Messi. Et là, tu auras le meilleur 9 possible qui n’existera jamais (rires).
Terminer meilleur buteur du championnat est un objectif caché dans un coin de ta tête ?
C’est un objectif, évidemment. En tant qu'attaquant, je veux terminer meilleur buteur du championnat. Je vais me donner les moyens pour y arriver. Je suis à 9 buts actuellement, je ne suis pas très loin du premier. Je vais tout donner, on fera les comptes en fin de saison.
Durant ta jeunesse, tu étais considéré comme un crack mondial, est-ce que ce statut a eu un impact sur ta carrière ?
(Direct) Non, pas du tout.
Par exemple, tu pouvais avoir la grosse tête ou te laisser aller ?
Je ne pense pas que c’était le cas. Aujourd’hui, je n’ai pas assez de recul pour te répondre profondément, je suis encore dans ma carrière, dans le feu de l’action. Quand on vit ces moments-là, tout va tellement vite qu’on n’a pas le temps de réfléchir à tout ça, de se poser les bonnes questions, surtout quand on est jeune. Tout s'est enchaîné très vite. Tout ce qui peut se dire sur nous, quand on est jeune, ça amène seulement de la pression, rien d’autre. Il y a un monde d’écart entre le niveau jeune et le niveau professionnel. Quand on passe dans le monde professionnel, c'est une carrière qui repart à zéro, une nouvelle carrière qui démarre. Il faut, à nouveau, faire ses preuves, c’est un autre football. J’ai pris un peu de temps pour confirmer mon potentiel chez les professionnels, mais avec le temps, j’ai pu faire les choses. Pour le reste, je n’ai pas le recul nécessaire pour répondre précisément à ta question.
Comment ça se passe avec les autres joueurs offensifs du club ?
J'ai la chance de jouer avec des joueurs qui sont très intelligents et qui sentent le football, que ce soit Wes (Wesley Saïd), Flo (Florian Thauvin), Allan (Allan Saint-Maximin), Abdallah (Sima), Rayan (Fofana) ou Flo Sotoca. Ils comprennent le football, du coup, en une ou deux discussions, on arrive à se comprendre et on arrive à jouer ensemble. On n'a pas besoin de passer des heures en vidéo. On recherche tous les mêmes choses, on a les mêmes objectifs et les mêmes volontés : gagner et se mettre au service du collectif.
Ton trio avec Florian Thauvin et Wesley Saïd fonctionne à merveille…
On a tous le même objectif, on pense d’abord au collectif avant de penser à sa situation personnelle. Personne ne tire la couverture à lui, on veut que tout le monde marque, peu importe le buteur, tant que l'équipe gagne, c'est le plus important.
Pour conclure, peux-tu nous parler de l’ambiance du Stade Bollaert-Delelis ?
Ma relation avec les supporters est top. On a des supporters incroyables, une ambiance au stade magnifique. Avec des supporters comme ça, tu as juste envie de te surpasser sur le terrain, de les rendre fiers, de gagner le match, de courir pour le maillot. C'est toujours un avantage d'avoir de beaux supporters comme ça. On en profite à fond. Ce n’est que du kif. Oui, je connais quelques chants, dont Les Corons (rires). Par contre, je ne peux pas chanter seul, ça se chante avec tout le monde, en choeur (sourire).
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