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·12 janvier 2026
EXCLU - "On a une chance sur 1 million, mais...", Éric Fouda, entraîneur du Bayeux FC, se confie avant d'affronter l'OM

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·12 janvier 2026

Retrouvez notre interview exclusive réalisée avec Éric Fouda, l'entraîneur du Bayeux FC, à un jour d'affronter l'Olympique de Marseille en 16ème de finale de la Coupe de France.
Éric Fouda, entraîneur du Bayeux FC, se prépare à un match historique face à son club de cœur, l’Olympique de Marseille, en Coupe de France. Dans un entretien exclusif accordé à MadeInFOOT.com, il revient sur sa première réaction au tirage, l’excitation des joueurs, la préparation physique et tactique de son équipe, ainsi que l’état de santé de son groupe pour cette affiche exceptionnelle.
MadeInFoot : Quand le tirage a désigné l’Olympique de Marseille, quelle a été votre première réaction ?
Éric Fouda : de la joie, du pur bonheur, des sauts, des cris comme un gamin. C’est le tirage que moi je souhaitais le plus parce que déjà l’OM, c’est mon club de cœur. Ça va être le plus beau moment de ma vie d’éducateur sportif. Jouer le club qu’on adore chez nous à Ornano devant 20 000 personnes, wow, c’est énorme. Ça va être mon plus grand moment d’éducateur.
Vous êtes supporter de l’OM ?
Depuis Waddle, Boli, Pelé, je suis un fan. Je suis allé voir des matchs à Marseille. C’est mon club. Je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui se fait, la façon de jouer certaines années en changeant des coachs, mais je reste un supporter dans l’âme de Marseille et ça sera à vie.
Qu’est-ce que représente, pour un club comme le Bayeux FC, le fait d’affronter un monument du football français ?
C’est une affiche de prestige. On peut même considérer l’OM parmi les plus grands clubs français historiquement. Marseille, ça reste un club référence en France et qu’est-ce qu’on pourrait avoir de mieux, franchement ? Il n’y a pas beaucoup de clubs qui font plus rêver en France que Marseille. C’est compliqué de trouver mieux. Tout le monde peut dire le PSG, mais moi je suis un fan de Marseille, donc je vais te dire que le mieux, c’est l’OM.
Pour le club, c’est énorme. Là, je vois mon adjoint et le Community manager qui sont supporters de Marseille. Ils ont au moins une dizaine de maillots de Marseille dans leur placard et dans mon équipe, il y a sept ou huit joueurs qui sont fans de Marseille, qui vont voir les matchs. Le tirage contre Marseille est énorme. Pour la ville, en plus, c’est une référence sportive. Mais pour nous, qui supportons Marseille, c’est encore plus particulier et pour le club, c’est un événement inestimable. Si le stade d’Ornano est rempli, c’est en grande partie parce que Marseille vient chez nous. On n’est pas sûr qu’on l’aurait rempli autrement. On n’aurait pu avoir 60 000 places pour ce match-là. Le stade a été blindé au bout de trois jours et avec plus de 40 000 connexions sur le site du SM Caen alors qu’ils avaient 10 000 places, c’est énorme. Nous, à Bayeux, on a dû refuser entre 10 000 et 15 000 personnes et le SM Caen pareil, on aurait pu remplir 60 000 places sur ce match, tellement il y a de l’engouement entre ceux qui aiment Bayeux, mais aussi ceux qui aiment Marseille, c’est évident.
Comment les joueurs ont-ils vécu l’annonce ?
On a sauté de partout, on était en direct. Il y avait une salle qui était louée. Pour le tirage au sort, il y avait 500 personnes, c’est énorme, à notre niveau en R1. 500 personnes dans une salle qui attendent un tirage au sort pour les 16e de finale, je ne sais même pas si c’est déjà du vu quelque part. J’ai l’impression que c’est du jamais vu. Toute la ville est décorée au nom de Bayeux. À la mairie, il y a des photos des joueurs, des affiches, des panneaux publicitaires : "Allez Bayeux le 13". Il y a des affiches partout… c’est un événement majeur.Après, on espère ne pas être la risée de la France en prenant un 12 ou 10-0. On va s’accrocher au maximum, mais on est heureux de vivre cet événement. Maintenant, on sait très bien que ça va être compliqué, c’est Marseille, c’est le favori, la Ligue des champions, le troisième du championnat, ce sont les stars, c’est énorme ce qui va se passer à Ornano.
Est-ce que vous croyez à l’exploit contre l’OM ?
Je suis un coach, un compétiteur, on a une chance sur 1 million, mais une chance reste une chance. S’il y a eu des exploits par le passé, des choses improbables… on a vu des R1 battre des Ligue 2. (Je coupe)
L’OM a un passif contre les clubs de division inférieure.
Il y a dix places réservées rien que pour les dirigeants de l’OM (président, manager général…). Dix places pour l’état-major de l’OM. Ça veut dire qu’ils accordent une grande importance à ce match car, pour déplacer l’état-major pour une Coupe de France, c’est que quelque part ils marquent les choses en disant : "attention les gars, on va être là, faites gaffe, ne faites pas n’importe quoi". Le message est clair.
Comment prépare-t-on un match contre l’OM quand on évolue en Régional 1 sachant que c’est votre premier match de l’année ?
On essaie de ne pas avoir de différence athlétique. Il y a des paramètres dans lesquels on ne sera jamais au-dessus de l’OM. Sur le plan technique, c’est impossible, ils sont plus forts que nous. Il y a un deuxième paramètre, c’est l’athlétique. Ils ont coupé une semaine comme nous parce qu’ils ont joué le 21, ils ont eu une semaine de vacances. Ils ont repris le 28 et nous, on a repris le 27. Donc, nous, l’intérêt de notre prépa, c’était d’être au même niveau physique. Nous, on a fait entre quatre et cinq séances, eux, ils en ont fait quatre, plus deux matchs. On a fait un match amical hier pour compenser et être au rythme du match.
Donc notre objectif, c’était que sur le plan athlétique, on ne soit pas dépassé par la dimension athlétique. Au moins sur une heure. Après, sur la dernière demi-heure, on espère que les 20 000 personnes te donnent cette force mentale pour puiser au fond de tes ressources et t’accrocher. Le troisième point est dans le mental. On sait très bien que dans la dimension mentale, l’amateur, quand il rentre sur le terrain, il a une motivation extrême. Ce n’est plus du 100 %, c’est du 300 %. Il n’a rien à perdre et la générosité sera au maximum, l’envie sera maximale. Là, on pense qu’on est au-dessus parce qu’un joueur de l’OM qui se perd à Nantes, qui va au Koweït et qui revient du Koweït et se dit : "putain, je dois aller en Normandie…", il ne vient pas non plus avec la plus grande envie possible, il faut le dire. Moi, je sais ce que c’est. Donc, je pense que de ce côté-là, on sera au-dessus.
Après, le dernier point, ce sera la tactique. C’est comment nous, on a préparé ce match par rapport à l’adversaire qui nous est supérieur : quels sont ses points faibles, quels sont ses points forts et comment on va être capables de résister à leurs impacts offensifs. Donc là, on a tout préparé. On a mis en place les moyens de ne pas vivre ces problèmes. Après, est-ce que ça marchera ? Ça, ce sont des réponses de terrain. On sait que Marseille est très fort sur coups de pied arrêtés, donc là, il va falloir être rusés, malins et forts dans les duels parce que c’est une question d’envie et de bien maîtriser leurs combinaisons.
Est-ce que vous pouvez me faire un point médical sur votre groupe ?
Parmi mes joueurs majeurs, cadres, je n’ai qu’un absent. Il n’est pas à 100 %, donc je ne dois pas prendre de risque, mais sinon on a un effectif au complet pour ce match-là. On a même récupéré deux ou trois joueurs qu’on n’avait pas au tour précédent, qui sont enfin revenus de blessure. Ça étoffe notre effectif.









































