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·4 février 2026
EXCLU - Prosper Peter : « Je chercher toujours à surprendre mon adversaire »

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·4 février 2026

Enfance Garçon de principe, Prosper Peter se présente à l’heure, un large sourire au visage et un petit sac flanqué sur son dos. Pour la première interview de sa jeune carrière, la pépite de l’Angers SCO affiche sérénité et curiosité. Guidé par le désir de rendre fière sa mère, « PP35 » avance avec une seule idée en tête : aller au bout de son rêve. Interview d’un jeune homme déterminé à atteindre les sommets.
Voici quelques extraits de notre interview de Prosper Peter. L’intégralité de cet interview de 6 pages est à retrouver dans le magazine n°378 de Onze Mondial disponible en kiosque et sur notre eshop depuis le 2 janvier 2026.
Enfance
Comment s’est déroulée ton enfance ?
Je suis né à Paris, dans le 18ème arrondissement. J'ai passé six ans à Paris. Ensuite, on a déménagé à Nantes avec ma mère et mon petit frère, à cause de quelques histoires de famille, comme ça se passait mal, on a décidé de repartir de zéro. Ma mère travaillait et travaille toujours dans la propreté. On vivait dans un quartier dans le nord de Nantes.
Tu étais quel type de garçon ?
J'étais réservé, je ne sortais pas beaucoup. Je restais à la maison, je passais du temps avec mon petit frère, on jouait ensemble. J’aimais trop être à la maison. C’est ma nature. Et puis, je voulais être présent pour ma mère, rester près d’elle et l’aider surtout. Car elle était toute seule pour supporter la maison, parfois elle était au travail, je voulais vraiment lui faciliter la tâche en m’occupant de mon petit frère par exemple.
Comment étais-tu à l’école ?
J'ai eu mon brevet déjà. Ensuite, j’ai fait un bac pro logistique, mais comme je n’aimais pas du tout, je me suis ré-orienté. J’ai fait deux ans de CAP commerce, et j’ai eu mon diplôme. J’étais un élève sérieux et réservé.
As-tu une anecdote de jeunesse à raconter ?
Je n'ai pas vraiment d’anecdote en tête. Mais ce que je garde en tête, ce sont les moments vécus avec mon petit frère. On passait notre temps à jouer ensemble, à s’affronter, à se lancer des défis. On créait des petites cages dans la maison et on se faisait des matchs de foot, des 1 vs 1. On trouvait toujours des solutions pour s’affronter. Comme c’est moi le plus grand, je gagnais tout le temps évidemment (sourire).
Comment es-tu tombé dans le foot ?
J’ai commencé à être fan de foot à partir de mes 6 ans quand je suis arrivé à Nantes. J’ai mis un an à m’adapter à ma nouvelle ville, et ensuite, je me suis inscrit dans un club de foot à 7 ans. Je n’ai pas pratiqué d’autre sport, rien ne m’intéressait à part le foot. J’ai commencé à l’Étoile de Cens, j’y suis resté sept années, et quand j’ai intégré le pôle espoirs, j’ai rejoint le JSC Bellevue Nantes.
Formation
Comment as-tu fait pour intégrer le pôle espoirs ?
Pour intégrer le pôle espoirs, il y a des essais à faire, ça se passe sur cinq tours. Mais comme c’était l’année du Covid, on n’a pu faire qu’un seul rassemblement. Tous les recruteurs étaient présents ce jour-là, et j’ai été bon. Du coup, on m’a directement convié au dernier tour, ensuite j’ai fait l’entretien avec les coachs et j’ai été accepté.
Tu évoluais quel poste à cette époque ?
J’étais déjà attaquant, j’ai toujours voulu marquer des buts (sourire). Mais je vais te faire une confidence, quand j’étais tout petit, j’ai commencé gardien de but (rires).
Comment se déroulent tes deux ans au pôle espoirs ?
Une première année compliquée, j’ai du mal à m’adapter, et surtout, il y a cette séparation entre ma mère et moi. On ne se voyait plus trop, j’étais un peu affecté par la situation. En plus de ça, à l’école, ça ne se passait pas très bien. Ensuite, je me suis rattrapé, j’ai su relever la tête, et c’est comme ça que j’ai signé à Angers SCO.
D’autres clubs te voulaient ?
Nantes et Lorient aussi souhaitaient me signer, mais j'ai préféré le SCO. Le projet présenté me convenait mieux, il me suivait depuis très longtemps. Même avant de me recruter, j’ai senti la confiance qu’il me donnait, c’était normal pour moi de signer au SCO.
Comment était la vie au pôle espoirs ?
J'ai aimé mes deux années au pôle, je connaissais déjà certains joueurs, l’ambiance était bonne. On passait cinq jours à l’internat, puis on rentrait le week-end. Après des débuts difficiles, je me suis adapté.
Et ensuite, tu bascules au centre de formation à Angers ?
Exactement. J'ai passé trois belles années. J’étais habitué au fonctionnement car c’est un peu le même qu’au pôle. Niveau football, quand je suis arrivé, je ne pensais pas intégrer directement le groupe U17 nationaux. Finalement si, on m’a surclassé avec les 2006. Je me suis mis au niveau, j’ai montré ce que je savais faire et ce que je pouvais faire.
Comment as-tu géré la concurrence ?
Tout le monde a le même objectif : devenir footballeur professionnel. Mais franchement, je ne pensais pas a ce que les autres avaient en tête ou à ce que les autres faisaient. Je pensais juste à moi, à ce que je voulais faire, à ce que je pouvais faire. C’est tout. Je ne m’éparpillais pas. Je ne me polluais pas l’esprit inutilement. J'ai eu le déclic et c’est parti. Et puis au centre, je marquais beaucoup de buts. Les coachs m'ont bien intégré dans les groupes à chaque fois. J’étais mis dans les bonnes dispositions, j’étais à a l’aise, j’étais en confiance. Et surtout, je n’avais peur de rien. Je ne me posais pas de question, je ne pensais pas à la concurrence.
Comment était la vie au centre de formation ?
Comme tu as pu le voir, je suis très sociable. Je suis ouvert, posé. Je me suis facile à intégrer, je parle avec tout le monde. Je m'entendais bien avec tout le monde. J'ai passé trois bonnes années au centre, franchement.
Des personnes ont marqué ta formation ?
Oui, le coach Andreu, il est directeur du centre de formation maintenant. Le déclic a eu lieu lors d’un match amical contre Le Mans où j'ai mis un triplé. J'avais fait un gros match. C’était en U17 nationaux, avec les 2006, et j’ai gagné ma place à ce moment-là. À partir de là, j’étais lancé…
Tu évoluais donc avec les plus âgés ?
Oui, mais j’en connaissais certains, donc ils m'ont mis à l'aise. Tout s’est fait naturellement avec le temps, et je n’étais pas le seul 2007 dans le groupe.
Comment s’est opérée la bascule vers le monde adulte ?
La réserve, c'est un gros changement, car tu n’affrontes pas des joueurs de ta catégorie, tu te retrouves face à des papas, des pères de famille, des gens qui ont de l’expérience. Ça m’a aussi aidé lors de la bascule avec les pros, j’ai poursuivi sur ma lancée. Après, chez les adultes, les adversaires aussi avaient un certain gabarit. C’était à moi d’être malin, de voir ce qu’ils étaient capables de faire, d’analyser les situations et de m’adapter en fonction.
Tu as rapidement marqué en réserve ?
Lors de mon tout premier match en réserve, on a perdu 2-0. Et lors de mon deuxième match, on a gagné, c’était la première victoire depuis six mois ! J’avais mis un doublé contre Paris 13, c’était le premier du classement en plus. Ce doublé m’a procuré un truc spécial. C’était un petit événement au club, car en réserve, on ne gagnait pas… Et ensuite, j’ai commencé à faire quelques entraînements avec les pros.
Angers
Te souviens-tu de tes premiers entraînements avec les pros ?
Mon premier entraînement, c'était des jeux réduits, avec des buts rapprochés. On devait se dribbler, frapper lors de petites oppositions. Je m’étais bien montré, j’avais mis trois buts. Je n’étais pas impressionné, je n’avais pas peur, je voulais simplement montrer mes qualités. La veille, quand on m’a annoncé que j’allais en pro, j’avais une petite pression. C’est normal, c’était ma première fois. Une fois sur le terrain, on m’a mis à l’aise, je n’avais plus aucune pression. Et plus tard, j’ai signé mon premier contra professionnel.
Comment s’est passé ton premier match en professionel ?
J’avais beaucoup de pression, c’était mon premier match, j’étais sur le banc. Je ne savais pas si j’allais m’asseoir sur le banc ou si j’allais démarrer titulaire, j’ai un peu cogité. Finalement, j’étais sur le banc, je suis entré en jeu contre Lille, à la maison. J’étais trop content, c’était un rêve de gosse qui se réalisait.
Et avant de jouer ce premier match, commet l’imaginais-tu ?
Je m’étais fait un petit film dans ma tête. Je me suis dit : « Je vais entrer en jeu, je vais marquer et faire gagner mon équipe ». Ce film ne s’est pas passé, mais j’étais content de mon entrée quand même. Suite à ça, le club m’a fait confiance et je lui ai rendu sur le terrain.
Tu avais préparé ta célébration au cas où ?
Non, j'étais vraiment focus sur le match. Je voulais me concentrer sur le jeu, je n’avais pas envie de penser à autre chose.
Comment vis-tu ton début de saison ?
C’est ma première véritable saison avec le groupe. Je vis bien ces premiers mois. Les joueurs, le staff et le coach m’ont très bien intégré, je les remercie tous. Je suis en confiance, je m’exprime pleinement lors des séances et des matchs. Maintenant, il faut que je continue.
De nombreux clubs français se trouvent dans une situation délicate financièrement, Angers en fait partie. Le club s’adapte, donc il recrute moins et mise sur les jeunes. Cette situation est une aubaine pour toi, non ?
C'est une chance, je l'ai bien saisie. Il faut continuer ce que je fais, il faut progresser pour atteindre le plus haut niveau. Mais il est certain que cette situation « joue » en ma faveur. Après, une fois sur le terrain, je dois montrer que je suis capable de répondre présent.
Comment tu t’es adapté dans le vestiaire des pros composé d’adultes et de joueurs confirmés de Ligue 1 ?
Au début, j’ai pris mes repères, tranquillement, sans faire de bruit. C’était plus facile pour moi, car je n’étais pas le seul jeune, il y avait Marius Courcoul, que je connais depuis le pôle espoirs, et d’autres jeunes. On était souvent ensemble, et puis les anciens étaient cools. Il n’y a que des bons gars. J’arrivais à rigoler avec tout le monde, évidemment, ce n’est pas comme maintenant. Aujourd’hui, je suis vraiment à l’aise. Au début, je faisais forcément plus attention.
Aux entraînements, on fait doucement ou on se lâche ?
Non, sur le terrain, c'est différent (rires). J’étais relâché, je jouais mon football. C’est dans le vestiaire où j’ai mis un peu de temps avant de dévoiler ma personnalité. Au début, c’est toujours particulier.
Comment est ta relation avec le coach ?
Je m'entends très bien avec le coach. D'ailleurs, on peut le voir dans la confiance qu’il me donne, il n’hésite pas à me mettre titulaire. Je sens qu’il compte sur moi, qu’il me fait confiance, j’essaie lui rendre sur le terrain.
As-tu une anecdote depuis tes débuts avec les pros ?
Oui, je dirais mon premier but, c'était incroyable. Pour en revenir au sujet du manque de moyens au club et de la chance que j’ai saisie, cette semaine-là, Estéban Lepaul vient de quitter le club. Après son départ, le coach vient me voir dans la semaine et me dit : « Il y a moyen que tu sois titulaire ce week-end ». Ça me met directement une petite pression, j’essaie de gérer ça au mieux, je ne veux pas le faire ressentir. Le coach me met donc titulaire, je m’y attends, mais ça me met une vraie pression, plus forte que lors de mon premier match contre Lille, car là, je suis titulaire. En plus, c’est contre Rennes, une grosse équipe du championnat. Et je marque mon premier but contre eux. J’étais content, j’ai fêté ça avec ma famille et les coéquipiers. Le coach était fier de moi.
Estéban Lepaul a été transféré contre un joli montant, se dire qu’on est le remplaçant d’un joueur important de l’équipe, c’est une grosse responsabilité.
Franchement, j'ai su gérer cette situation grâce à mes coéquipiers et au coach. Ils m'ont enlevé toute cette pression-là. Ils m'ont dit : « La pression n’est pas sur toi, tu es jeune, fais ce que tu sais faire, la pression est sur les anciens. Donne-toi à fond et profite ». Leur discours m’a fait du bien.
L’attaquant est à la conclusion des actions. Si tu ne conclus pas, c’est quand même toi le responsable. Tu n’avais pas peur de rater ?
Non, je n’ai peur d'aucune critique. Critique ou pas, je suis concentré et j’avance, c’est tout.
Tu enchaînes désormais les matchs, comment gères-tu le rythme et la préparation des matchs ?
Au club, on analyse les joueurs, les adversaires. On fait des mises en place sur le terrain, on se met en situation lors des entraînements. Et on prépare bien les matchs collectivement. À titre personnel, je suis à l’écoute, je respecte les consignes et tout se passe bien. On fait de la vidéo aussi, donc je sais si je dois garder les ballons ou faire des appels dans la profondeur. Je fais en fonction des situations de jeu. Car tu sais, faire de la vidéo et la réalité, ce n’est pas la même chose, il y a des choses qu’on retrouve, mais pas tout. Je m’adapte.
Personnalité
Qui est Prosper Peter ?
Je suis très humble. Je suis tranquille, posé, sociable. Je rigole beaucoup et je suis quelqu'un de confiance. J'aime beaucoup les jeux vidéo. Je joue essentiellement à Rocket League. C’est un jeu de voiture avec un ballon, deux équipes de quatre voitures s’affrontent et tu dois marquer dans les buts. Je joue en ligne, en duo, avec des personnes que je ne connais pas forcément. Avant, je jouais avec mon frère, mais depuis qu'il est au Stade Rennais, on joue moins souvent.
Tu n’es plus au centre de formation ?
J’ai quitté le centre de formation. Je vis désormais seul, dans mon appartement près du centre d’entraînement, car je n’ai pas le permis (sourire). Je fais ma petite vie tranquille, je me débrouille bien, quand j’ai des questions, j’appelle ma maman. Mais très jeune, j'ai appris à cuisiner, j’ai rapidement été autonome. J’ai quitté ma famille très jeune, je n’avais d’autre choix que de me débrouiller seul et d’être responsable. Je cuisine, je fais attention à mon alimentation, je prends soin de mon appartement.
Comment résistes-tu aux tentations ?
C'est le fait d'être professionnel. Si tu veux performer le week-end, il y a des choses que tu dois arrêter, tu dois renoncer à plein de choses pour être bon sur le terrain. Par exemple, je vois moins mes amis, je sors moins, je me concentre sur mon temps de récupération à la maison. Je me concentre sur moi.
Ils peuvent dire : « Prosper a changé » ?
Non, je ne m’inquiète pas pour ça, et puis on voit qui sont les bons potes et qui sont les mauvais (sourire). Ils viennent me voir en match le week-end.
Tu es considéré comme un joueur très prometteur, ça fait quoi d’avoir ce statut ?
Je ne fais pas trop attention à ça. Je me concentre sur le jeu de l’équipe et mes performances. Avant de penser à moi, je remercie l’équipe. Sans l’équipe, il ne se passerait pas tout ça. Je ne fais vraiment pas attention à mon statut. Je me concentre sur moi, sur la saison, sur l’équipe, sur les matchs, je fais tout étape par étape.
Tu n’as pas la pression ? La peur de ne pas réussir ?
Non, pas du tout. Moi, je ne fais vraiment pas attention à tout ça. Si tu te mets cette pression-là, tu peux pas être toi-même. Tu ne peux pas jouer comme tu veux. Et moi, je ne veux pas déjouer.
Comment réagis-tu lorsque les supporters te reconnaissent dans la rue ? Quand ils te demandent des photos ?
Je réponds favorablement et avec plaisir. Quand même, tu ne peux pas refuser des photos. Et moi, ça ne me dérange pas. C’est vrai que parfois, quand on me reconnait, ça me fait bizarre. Je commence à m’habituer, mais on ne me reconnait pas toujours. Donc je peux encore me balader tranquillement, ça dépend des endroits.
Tu as grandi seulement avec ta maman, sans papa, tu ne l’as pas mal vécu ?
(Direct) Non, pas du tout. Le fait d’avoir grandi sans père, ça m’a donné une plus grosse détermination, une plus grosse envie de réussir pour rendre fière ma mère qui s’est battue pour ses enfants. Je veux toujours faire plus pour ma mère et toute ma famille.
Comment ta maman vit ton début de carrière ?
Elle veut juste que je me donne à 100% tout le temps. Elle ne connaît pas trop le foot. Elle sait me gérer, elle veut vraiment que je donne tout, même sur mon sommeil, sur mon alimentation, tout dans mon quotidien. Elle vient à tous mes matchs à domicile, elle fait la route Nantes-Angers. Elle veut que je marque tout le temps (rires). Elle veut célébrer dans les tribunes.
Et comment ça se passe pour ton frère au Stade Rennais ?
Plutôt bien. Lui est à Rennes depuis deux ans maintenant. Il joue en 19 nationaux et s'entraîne avec la réserve. Il est défenseur central, tout le contraire de moi. Le rêve, ce serait un duel en professionnel (rires). On en parle souvent, même quand on était jeunes, on se disait : « Un jour, on va se confronter chez les pros ». Franchement, c'est un rêve de gosse.
Ta maman va supporter qui ce jour-là ?
Ah, je ne sais pas. Les deux (rires).
Tu es régulièrement appelé en équipe de France de jeunes, maintenant que tu joues régulièrement en professionnel, vises-tu les Espoirs ?
Je n'ai pas vraiment d’objectif. Je veux juste performer dans ma catégorie pour viser plus haut par la suite. En ce moment, c'est très bien ce que je fais et maintenant, il faut que je continue. Les Espoirs, ce n'est pas vraiment l'objectif, mais pourquoi pas ?
As-tu un film, une série ou un personnage que tu apprécies particulièrement ?
Ma série préférée c’est « Flash », avec le personnage principal de Barry Allen. Lui, il ne lâche jamais. J’aime trop le fait qu'il qu'il n’abandonne jamais, qu'il soit là pour les gens, pour le monde… J’apprécie aussi Michael Scofield, il est trop malin. Il y a James St Patrick dans Power, j’aime son comportement.
Style de jeu
Comment définis-tu ton style de jeu ?
Je suis un attaquant de profondeur, j’embête les défenseurs, je les fatigue, je cale les ballons, je les garde. Et puis, je percute, je dribble, je suis rapide. Je suis un attaquant très athlétique.
Qu’aimerais-tu améliorer dans ton jeu ?
Je suis encore jeune, je ne peux pas te dire de manière spécifique : « Je dois améliorer cet aspect de mon jeu ». Je dois progresser partout, je dois renforcer mes qualités, m’améliorer à tous les niveaux. Pour le moment, je propose de bonnes choses, je suis bien, j’ai de bons appels, mais j’ai encore plein de choses à apprendre. Je n’ai que 18 ans, je ne suis pas un joueur fini.
Qui sont les joueurs que tu aimes regarder ?
Quand j'étais petit, j’aimais beaucoup Robert Lewandowski. C’est un attaquant qui m’a marqué, j’ai toujours été scotché par ce qu’il faisait sur le terrain. Et maintenant, je regarde beaucoup Erling Haaland. Sa qualité physique m’impressionne, il garde bien les ballons, il se déplace bien et surtout, il marque des buts spectaculaires. Il empile les buts.
Comment gères-tu les duels avec les défenseurs ?
Je tombe sur des défenseurs d’expérience, donc moi, j’essaie d’être le plus imprévisible possible. À tout moment, je peux faire quelque chose d’inattendu. Je cherche toujours à surprendre mon adversaire.
Tu es déjà tombé sur des défenseurs qui cherchaient à te déstabiliser ?
Oui, contre Strasbourg, Andrew Omobamidele. Il me parlait beaucoup, car j’étais agressif. Et tu sais, les défenseurs n’aiment pas ça. Il me disait : « Continue à faire ça, tu vas voir ce que je vais te faire », il voulait me sortir de mon match, mais moi, je restais concentré, je ne faisais pas attention à ce qu’il disait. Mon insouciance me fait du bien, je fais tout à fond et je me dis : « Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce que je fais, c’est normal ». Je regarde simplement devant, je ne regarde ni à gauche, ni à droite.
Qu’est-ce qu’un attaquant parfait ?
Un attaquant toujours bien placé dans la surface, qui marque, qui sait garder les ballons, qui sait vraiment tout faire. Cet attaquant fait de bons appels, il peut tirer de n’importe quel endroit de la surface, et de n’importe où, avec un bon jeu de tête. Tu sais, je suis bon de la tête moi (sourire).
En jeune, tu marquais à tous les matchs, maintenant, avec les professionnels, ce n’est plus le cas. N’est-ce pas difficile à accepter ?
Il y a un changement de niveau, le monde professionnel et le monde jeune, ça n’a rien à voir. Ce n’est pas facile. En plus, on tombe contre de grosses équipes. On joue le Paris Saint-Germain, Marseille, c’est compliqué. Je ne suis pas affecté par ça, mais l’objectif est, évidemment, de marquer à tous les matchs. Quand je ne marque pas, je ne suis pas frustré, j’ai simplement envie de faire mieux le match suivant pour marquer. Je regarde ce qui ne fonctionne pas et je m’adapte.
Conclusion
Tu as des rêves ?
Je veux jouer au plus haut niveau, dans les plus grands clubs, je rêve de marquer l’histoire du foot. Mon but actuel, c’est que ma maman arrête de travailler, qu’elle se repose, qu’elle n’ait plus rien à faire. Moi, ça me fait du mal de voir ma mère travailler, faire des ménages. Je veux qu’elle sorte de cette galère. Je ne veux pas qu’elle travaille toute sa vie dans ça. Je veux qu’elle puisse être tranquille et qu’elle profite.
Si tu n’avais pas été footballeur, tu aurais fait quoi ?
J’aurais été commerçant. J’aime bien le commerce, comme je suis sociable, j’aime discuter, j’aime le contact humain. Sinon, j'aurais dit streamer. Il y a plein de streamers que j’aime bien : Kaydop, il fait des streams sur Rocket League. Je peux te citer aussi Mawkzy, Zen, tous les grands joueurs de Rocket League. Je regarde leurs lives sur Twitch. Ils participent aux plus grandes compétitions, donc je m’imprègne de ce qu’ils font pour me motiver. J’espère faire des streams avec eux, un jour (rire). J’ai vu que Martin Terrier avait fait une vidéo avec un de ces streamers, donc pourquoi pas un jour ?
Si tu pouvais bénéficier d’un super pouvoir, tu choisirais lequel ?
La vitesse. Comme Flash (rires). J'aime bien courir vite.
Si tu étais journaliste, tu poserais quelle question à Prosper Peter ?
Tu m’as posé plein de questions, donc c’est dur de te dire, tu m’as tout posé. Laisse-moi réfléchir (il réfléchit). Allez, je lui demanderais : « Quel est plus beau but que tu as mis dans ta vie ? ». Je répondrais : « Un but contre Nantes, en U19. J'arrive au milieu de terrain, le joueur se fait contrer, le ballon se retrouve en l’air. Et moi, je le mets directement au sol avec un contrôle orienté, du coup, j’élimine mon adversaire sur le contrôle. Ensuite, je mets un grand pont au deuxième défenseur et je finis par un but. Ce but a marqué ma formation. Tout le stade était bluffé, car c’était un beau but. Voilà le plus beau but de ma carrière ».
Si tu devais terminer l’interview par une phrase qui te représente, que dirais-tu ?
Ma mère m’a toujours dit : « N’abandonne jamais ». Cette phrase me représente bien.
Quel note te mets-tu pour cet entretien ?
Pour une première interview, je me suis trouvé à l’aise, donc je dirais un bon 8 sur 10.
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