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Jibril Diop·5 janvier 2026
🎙️ Exclusif - CAN : Ratifo, un binational pas comme les autres

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Jibril Diop·5 janvier 2026

Pour la première fois de son histoire, le Mozambique s’est hissé en phase à élimination directe de la CAN.
Partie en mission commando, cette escouade lusophone s'est extirpée du "groupe de la mort". Un exploit retentissant porté par un collectif soudé et par des individualités assumées, à l’image de Stanley Ratifo (31 ans).
Né en Allemagne mais leader offensif des Mambas, l’attaquant qui évolue au Chemie Leipzig (D4 allemande) aborde sans complexe le quart de finale face au Nigeria ce lundi soir. Entretien.

Tu es né en Allemagne mais tu as des origines mozambicaines. Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir de représenter ton pays d'origine [depuis 2017] ?
C’était une décision très forte. Le Mozambique, ce sont mes racines, ma famille, mon identité. Même si je suis né en Allemagne, mon cœur a toujours été lié au Mozambique. Représenter ce pays, c’est une question de fierté, de responsabilité et de reconnaissance. À chaque fois que je porte ce maillot, j’ai le sentiment de jouer pour quelque chose de bien plus grand que moi.

Le Mozambique a survécu au groupe le plus relevé du tournoi [Cameroun, Côte d'Ivoire et Gabon]. À quel point cette qualification en 8es de finale est-elle spéciale ? Quel est l’objectif de l’équipe pour la suite de la compétition ?
C’est très spécial. Peu de gens pensaient que c’était possible. On était face à des géants du football africain et cette qualification montre notre caractère, notre discipline et notre unité. Mais ce n’est qu’une étape. On n’est pas venus pour faire de la figuration. On veut rester compétitifs et repousser nos limites.
Le Mozambique s’est qualifié deux fois de suite pour la CAN (2023 et 2025). Comment juges-tu l’évolution de la sélection depuis ton arrivée en 2017 ?
Depuis 2017, le changement est évident. Aujourd’hui, on est mieux organisés, plus confiants et mentalement plus solides. On joue avec des idées claires et sans complexe. Se qualifier deux fois de suite pour la CAN, ce n’est pas un hasard.
Qui est le défenseur le plus difficile que tu aies affronté jusqu’ici lors de la CAN 2025 ?
Je dirais que les défenseurs camerounais ont été particulièrement impressionnants. Ils sont très physiques, expérimentés, savent gérer les attaquants, lire le jeu et ne laissent que très peu d’espaces.
Et plus généralement, quels sont les défenseurs les plus forts que tu aies affronté dans le football africain ?
De manière générale, les défenseurs d’Afrique du Nord et d’Afrique centrale sont souvent les plus compliqués à affronter. Ils allient puissance physique et rigueur tactique. Affronter des défenseurs centraux expérimentés de sélections comme le Cameroun ou la Côte d’Ivoire est toujours un vrai défi.
Ton coéquipier Geny Catamo est l’une des révélations du tournoi. Qu’est-ce qui le rend si spécial ?
Geny a énormément de talent, mais ce qui le distingue vraiment, c’est sa mentalité. Il n’a peur de rien, il travaille dur et il est très intelligent dans ses choix. Il écoute, il apprend et il cherche toujours à progresser. Il joue avec beaucoup de plaisir et de confiance, ce qui le rend dangereux face à n’importe quel adversaire.

En tant qu’attaquant, qui considères-tu comme le meilleur buteur africain de tous les temps ?
Pour moi, Didier Drogba se détache clairement. Pas seulement pour ses buts, mais aussi pour son leadership et son influence dans les grands matches. Il a porté le football africain au plus haut niveau et a inspiré toute une génération d’attaquants, dont moi.
Tu as évolué au sein de plusieurs clubs allemands. En quoi cette expérience t’aide-t-elle à performer en Afrique ?
Le football allemand m’a appris la discipline, l’intelligence tactique et le professionnalisme. Cela m’aide à m’adapter rapidement, à mieux gérer les matchs et à rester constant.
Quel est l’état d’esprit dans le vestiaire avant le match contre le Nigeria ?
Le vestiaire est serein et confiant. Nous respectons le Nigeria pour sa qualité, mais nous n’avons pas peur. Le groupe est concentré, uni et motivé. Nous savons que ce sera un match difficile, mais nous croyons en notre travail et en nos forces collectives.

Coup d'envoi de Nigeria – Mozambique ce lundi à 20h. Stanley Ratifo sera sur la feuille de match.
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