Tribune Nantaise
·9 mai 2026
FC Nantes, l’inévitable gueule de bois

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·9 mai 2026

Cuits, cuits les Canaris. Cette fois, ce n’est pas qu’un mauvais rêve : le FC Nantes évoluera en Ligue 2 la saison prochaine. Le réveil fait mal, ce samedi matin, très mal. À vrai dire, il est même encore plus douloureux lorsque l’on ose le comparer à celui qu’ont expérimenté les supporters du FCN, il y a quatre ans presque jour pour jour, au lendemain du sacre des hommes d’Antoine Kombouaré en Coupe de France. Les larmes de joie ont laissé place à celles du désespoir, à la détresse et aux regrets. La saison n’est pas encore terminée, mais l’ultime rendez-vous, dimanche prochain à la Beaujoire face à Toulouse, sera dénué d’intérêt et son enjeu sera dérisoire, pour la simple et bonne raison que les Nantais n’auront plus rien à y gagner… ils ont déjà tout perdu.
« Il y a un sentiment de honte » – Anthony Lopes réagit à la relégation du FC Nantes
La frustration est légitime, car le FC Nantes a tenu tête au RC Lens avant de sombrer, vendredi soir à Bollaert (1-0), moins d’une semaine après l’humiliation infligée à l’Olympique de Marseille (3-0). Des résultats qui n’ont rien de ceux d’une équipe relégable – et désormais reléguée – devant l’effectif le plus emballant du championnat et un OM, certes en crise mais nettement plus fringant sur le papier. Et pourtant, il est essentiel de rappeler que ce même groupe Jaune-et-Vert n’a su obtenir que cinq points sur les six matchs joués contre Metz, Auxerre et Nice, les trois autres mauvais élèves de cet exercice 2025-2026. Force est de constater qu’un tel bilan face à des concurrents directs s’est logiquement avéré largement insuffisant pour espérer conserver une place dans l’élite, et qu’il n’a rien pardonné aux joueurs de Vahid Halilhodžić aux prémices du mois de mai, au moment où le moindre faux pas devient proscrit.
Évidemment, les supporters des Canaris auront pour l’heure un certain mal à ne pas s’imaginer un autre scénario, celui dans lequel Matthis Abline décalait Ignatius Ganago pour ouvrir le score à Lens et accorder un ultime sursis au FCN. Mais le numéro 10 nantais a voulu briller, une dernière fois peut-être sous le maillot Jaune-et-Vert, et sa frappe s’est écrasée sur le montant de Robin Risser. Comme punition immédiate, c’est un gamin, Mezian Mesloub (16 ans), qui a donné une leçon d’efficacité à l’attaquant vedette des Canaris, en faisant preuve d’une précision chirurgicale, une poignée de secondes seulement après avoir effectué ses tout premiers pas sur les pelouses de Ligue 1, pour propulser Lens en Ligue des champions… et Nantes en deuxième division, par la même occasion.
Car oui, le football restera à jamais un jeu magnifiquement cruel. L’équipe de Vahid Halilhodžić l’a appris à ses dépens en cette fin de saison, en faisant malgré tout bonne figure dans les grosses affiches, mais en s’inclinant sur le fil dans le derby face à Rennes, enterrée par l’enfant de la Jonelière Valentin Rongier, ou encore en concédant l’égalisation au bout du temps additionnel contre Brest, après avoir été injustement réduite à dix. Autant de détails qui ont acté une relégation devenue inévitable, tant elle avait été systématiquement évitée in extremis ces dernières années.
Aussi symbolique soit-elle, il serait toutefois injuste d’attribuer l’entière responsabilité de la relégation actée vendredi soir à la seule opportunité vendangée par Matthis Abline à Bollaert. « Coach Vahid » l’avait assuré : l’issue aurait certainement été plus heureuse s’il avait disposé de quelques semaines supplémentaires pour redresser le vestiaire Jaune-et-Vert. L’histoire aurait peut-être été plus belle, aussi, si les dirigeants de la Maison Jaune avaient accordé davantage de temps à Luis Castro, au lieu de remercier le Portugais après seulement quinze journées, faute de résultats immédiats et malgré un plan de jeu clairement établi. Une décision d’autant plus intrigante que l’effectif avait été intégralement remanié à son arrivée, dans l’optique de d’entamer un nouveau cycle sur le long terme avec le technicien débarqué de Dunkerque.
« Un mois de plus et c’était réglé ! » – Vahid Halilhodžić sur ses résultats à Nantes
Ironie du sort, les Canaris vont désormais devoir réfléchir à (très) court terme, s’ils ne veulent pas s’éterniser dans l’antichambre du football professionnel français. Pour cela, l’inspiration idoine est toute trouvée : le RC Lens, pensionnaire de Ligue 2 entre 2015 et 2020, rêve aujourd’hui d’un doublé Ligue 1/Coupe de France et va goûter, pour la deuxième fois en quatre saisons, à la plus belle des compétitions européennes. Un véritable miracle pour le club artésien, dont le budget – 60 millions d’euros, selon L’Équipe – dépasse à peine celui du FC Nantes (50 M€). Ou la preuve que le foot n’est pas toujours qu’une question d’argent.
« De la profonde tristesse » : Vahid Halilhodzic abattu après la relégation du FC Nantes







































