Le Journal du Real
·9 mars 2026
Ferland Mendy, de l’ombre à la lumière en quelques jours

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·9 mars 2026

Ferland Mendy vient de réaliser un parcours aussi spectaculaire qu’imprévu au cœur de la tempête qui secoue le Real Madrid. Relégué dans l’ombre pendant des mois par une série de blessures musculaires récurrentes et l’émergence d’Alvaro Carreras comme concurrent désigné, le latéral gauche français semblait appartenir au passé du projet merengue.
À 30 ans, sous contrat jusqu’en 2027, il n’avait accumulé que quelques minutes sporadiques cette saison avant la victoire cruciale contre le Celta Vigo en Liga. Pourtant, titulaire pour la première fois depuis le 26 novembre face à l’Olympiakos, Mendy a tenu les 90 minutes sur le flanc gauche, offrant une prestation solide qui a scellé un succès arraché dans la douleur.
Ce retour express, en pleine crise sportive sous Álvaro Arbeloa, le propulse directement comme option sérieuse pour le choc européen contre Manchester City en huitièmes de finale de Ligue des champions, alors que le Bernabéu espère une nuit magique pour relancer la saison.
Ce basculement brutal de l’infortune à la reconquête illustre parfaitement le football madrilène dans ce qu’il a de plus imprévisible. Revenu d’une grave blessure au biceps fémoral qui l’avait cloué au sec pendant sept mois, Mendy a saisi l’opportunité née des absences en cascade, blessures et suspensions pour rappeler sa valeur intrinsèque.
Sa présence intacte face au Celta Vigo, malgré les risques évidents d’une telle exposition après une si longue pause, a apporté une stabilité immédiate à une défense souvent fébrile. Les rumeurs de transfert vers l’AC Milan ou des clubs saoudiens, qui bruissaient encore la semaine dernière, paraissent désormais lointaines.
Prêt à démarrer contre City, l’international français (récemment rappelé en Bleus) incarne cette capacité à transformer le doute en arme collective, dans un Real Madrid qui plus que jamais a besoin de repères avant les grandes batailles continentales.
Álvaro Arbeloa, aux commandes depuis janvier 2026 dans un contexte de limogeage d’Xabi Alonso, n’a pas tari d’éloges sur son latéral après le match contre le Celta. « Il a prouvé qu’à chaque fois qu’il est sur le terrain, la victoire du Real Madrid devient plus facile, et cela signifie beaucoup », a lancé l’entraîneur intérimaire, saluant au passage le professionnalisme exemplaire de Mendy.
Conscient des dangers – « Nous savions que c’était risqué de le faire jouer 90 minutes après une si longue absence. Je ne voulais pas qu’il joue autant, mais le match l’exigeait » –, Arbeloa s’est réjoui de cette prise de risque payante : « Je suis très heureux pour lui, pour la manière dont il s’entraîne, joue, toujours avec le sourire. » Ces déclarations, venues d’un coach connu pour sa rigueur, valident un retour en grâce foudroyant et positionnent Mendy comme un atout maître dans le 4-3-3 défensif pensé pour contrer l’armada de Manchester City.
Ce qu’Arbeloa valorise avant tout, c’est l’impact direct de Mendy sur l’équilibre collectif. Intraitable dans les duels un contr un, précieux en couverture et fiable dans les relances courtes, le Français a sécurisé son couloir face au Celta sans jamais fléchir, même quand la fatigue aurait pu le trahir.
Cette performance, dans un match où le Real Madrid a dû se battre jusqu’au bout malgré dix absents, renforce ses chances de tenir le flanc gauche lors de l’échéance européenne. Alors que Carreras, longtemps favori pour ce poste face à City, voit sa position fragilisée par ces dernières sorties, Mendy émerge comme le choix pragmatique d’Arbeloa.
Longtemps perçu comme un « dossier sensible » – salaire de cadre, temps de jeu famélique, concurrence jeune –, Mendy a renversé la hiérarchie en un clin d’œil. Arrivé en 2019 pour succéder à Marcelo, il avait connu des hauts et des bas, mais cette résurrection printanière dépasse tout ce qu’il avait accompli jusqu’ici. Sa patience stoïque, alliée à une hargne intacte, en fait un symbole parfait pour un Real Madrid en pleine quête d’unité.
Contre City, il pourrait non seulement verrouiller le côté gauche face aux assauts de Doku ou Grealish, mais aussi offrir cette sérénité qui manque au vestiaire. Arbeloa l’a martelé : quand Mendy est présent, les choses s’alignent. À quelques jours du choc, ce passage de l’ombre à la lumière n’est plus une anecdote : c’est une lueur d’espoir pour une saison chaotique.
Ce retournement interroge aussi l’avenir tactique du club. Avec Carreras promis à un rôle dominant à moyen terme, Mendy apporte une expérience irremplaçable dans l’immédiat, surtout face à un adversaire comme City qui excelle dans les transitions fulgurantes. Sa solidité physique, sa lecture du jeu et son engagement total – 90 minutes sans trembler malgré les alertes – rappellent pourquoi le Real avait investi 48 millions pour le recruter de Lyon.
Les échos récents des médias espagnols, qui le voyaient partir librement l’été dernier, contrastent violemment avec sa forme actuelle. Dans un Bernabéu sommé de redevenir volcan, Mendy n’est plus un joker : il est le rempart que Chamartín attend. Mercredi, face aux Citizens.









































