OnzeMondial
·10 août 2026
FIFA : « quand la confiance est brisée par la tromperie »… la charge inédite de trois confédérations !

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·10 août 2026

Le football mondial vit un moment rare. Trois de ses plus puissantes confédérations ont décidé d'unir leurs voix dans une lettre ouverte adressée à toute la « famille du football », au ton d'une gravité inhabituelle. Sans jamais le nommer, elles y dénoncent une dérive du pouvoir au sommet de la FIFA. Et exigent des comptes.
Le vent est en train de tourner pour le patron de la FIFA. Ce lundi, l'UEFA (Europe), la Concacaf (Amérique du Nord) et l'AFC (Asie) ont publié une lettre ouverte « à la famille du football », désavouant un peu plus encore Gianni Infantino après le retrait de son projet d'ouverture de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Le football, y écrivent les trois confédérations, « n'appartient à aucun individu ». Diriger, poursuivent-elles, « n'est pas une possession » mais un devoir de service, un devoir « abandonné » selon elles « lorsque la confiance est rompue par la tromperie » et qu'un homme se place au-dessus du collectif. Le mot est lâché, et la cible, cette fois, ne fait plus aucun doute.
Les confédérations frondeuses n'ont pas été convaincues par la contre-attaque de la FIFA, qui avait présenté mercredi dernier ses « excuses » pour la polémique, tout en réaffirmant son « plein soutien » à Infantino au terme d'une réunion de crise à Rabat. Pour l'UEFA, la Concacaf et l'AFC, l'instance mondiale traite l'affaire comme un simple défaut de communication, là où elles dénoncent, « un défaut de jugement » et une rupture profonde de confiance envers les institutions que la FIFA est censée servir. Une passe d'armes qui masque mal l'enjeu réel : le maintien, ou non, d'Infantino à la tête du football mondial.
Derrière les mots, il y a une stratégie. Cette lettre serait aussi l'un des leviers imaginés par les trois confédérations pour pousser Gianni Infantino vers la sortie, en lui laissant la possibilité d'annoncer son départ dans les prochaines semaines, sans même se représenter à l'élection présidentielle de mars. Et les moyens de pression envisagés vont bien plus loin : en interne, les frondeurs discuteraient d'un possible boycott de la Coupe du monde 2030 et de ses qualifications, alors que l'UEFA a déjà annoncé maintenir le sien. Elles pourraient même organiser leurs propres tournois entre les sélections des trois continents si Infantino venait à se maintenir. Une menace de scission qui, si elle se concrétisait, ébranlerait l'architecture même du football international.
Reste que le président de la FIFA est loin d'être isolé. Infantino peut encore compter sur des appuis de poids, à commencer par la Confédération africaine (CAF), qui lui a réaffirmé son soutien, et la Confédération sud-américaine, dont le président s'est affiché tout sourire à ses côtés ce week-end en Colombie. Le football mondial se retrouve ainsi coupé en deux : d'un côté trois confédérations en rupture ouverte, de l'autre des soutiens qui font bloc. Entre les deux, un homme sous pression, sommé de choisir entre le combat et le retrait. La suite s'annonce décisive, et potentiellement explosive.
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