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·11 juin 2026
Frédéric Garny : “Si aujourd’hui vous me dites que le Montpellier Hérault c’est une famille, ce n’est pas vrai”

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Frédéric Garny, dans Montpellier Sport Club avec Bertrand Queneutte, a livré ses vérités sur le MHSC alors qu’il va quitter le club après vingt ans de service. S’il ne souhaite garder que les bons souvenirs, il n’a pas mâché ses mots sur sa mise à l’écart sans reconnaissance, et sur l’esprit du club qui, selon lui, a bien changé.
« C’est pas facile car on n’enlève pas vingt ans comme ça du jour au lendemain. Quand cela s’arrête, il y a tous les souvenirs qui reviennent. Il n’y a que de bons souvenirs , le cerveau est bien fait. Il y a eu beaucoup d’émotions la semaine dernière lorsque j’ai dû débarraser mon bureau, mon vestiaire. Et dans un vestiaire de dix huit ans, il y a du bordel. Il y a de belles médailles, beaucoup de séances, des gri-gri qu’ont m’a offert et beaucoup de choses qui ne servent à rien. (…) J’avais tendance à tout donner à mes dirigeants en fin de saison.donc pas grand chose en vestimentaire. Les maillots des anciens joueurs qui sont passés pros sont bien rangés à la maison. J’en ai eu de très beaux dernièrement, cela fait toujours plaisir. Les deux derniers que j’ai eu, ce sont ceux d’Othmane Maama et Abdoulaye Camara. Ce qui fait plaisir, c’est que je ne demande jamais. Yanis Issoufou est venu aussi sur le parking, il avait fini la saison et ça lui tenait à coeur. Ce sont ces gestes qu’on retient quand on est formateur.

Dans la vraie histoire , le sentiment que j’ai, c’est que j’arrivais à une période clé. J’avais dit à Monsieur Nicollin que lorsque Bertrand Reuzau partirait à la retraite, j’aimerais lui proposer mon projet. C’est un projet qui me tenait à coeur, il ne date pas d’hier, il date de 2017. Je l’ai présenté à Laurent et notamment sur les joueurs régionaux. Les chiffres parlent : récemment, il y a eu beaucoup de joueurs de PACA, d’Occitanie. La tombée de Nimes a renforcé mon bilan. J’avais à coeur de développer ce projet-là. On m’a expliqué que son choix était déjà fait avant. Je n’espère pas car c’est quand même un travail de dix ans, j’espère qu’il ne m’a pas reçu et que c’était déjà décidé car humainement c’est dur. J’étais fier de présenter cela à Laurent. Ce que je ne maîtrisais pas, c’est que notre recruteur, Bernard Maraval a fait avec d’autres idées et je n’ai pas à les juger. (…) Avec la conjoncture actuelle du club, cela aurait pu être une force. Je pensais être légitime mais on se rend compte que dans le football, les trophées, former de bons et très bons joueurs ne suffit plus. Il faut être là au bon moment. J’ai peut-être raté le tremplin quand il le fallait. J’ai tellement envie de remercier la famille Nicollin parce qu’après vingt ans, l’entraîneur que je suis, l’homme que je suis, cela fait partie de ma vie. (…) Si on ne regarde que les buteurs et les bons joueurs de la Gambardella, vous regardez d’où ils viennent, ce n’est pas Fred Garny qui le dit, c’est comme ça. C’est un label qu’on a depuis des années et au lieu de le renforcer, on est en train de le perdre. (…) J’ai dit des choses que je n’aurais pas dit il y a trois ou quatre ans mais je n’avais plus envie de faire semblant. J’ai du mal avec Adam El-Boughlamy qui n’a pas de contrat alors qu’il est avec nous depuis les U12, il n’y a pas de contrat pour Alexandre Ebener et je vois des contrats passer. Je n’ai plus la patience de ne pas le dire. Quand j’ai des garçons comme cela et qu’ils me regardent dans les yeux, humainement c’est dur car je suis leur formateur, leur entraîneur et leur père de famille.
Je n’ai vu personne. Personne ne m’a annoncé que je ne suis plus au club. Quand j’en parle à ma famille ou des amis extérieurs au football, ils me disent que ce n’est pas possible, une entreprise ce n’est pas cela. J’ai vu une personne que j’apprécie, c’est Fabien Lefèvre qui m’a dit qu’il allait être directeur du centre et que Bernard Maraval ne voulait pas travailler avec moi. C’est la seule certitude que j’ai. Ce qui fait mal, c’est que j’aurais aimé qu’on me dise ‘merci Fred pour ton travail’, on se prend dans les bras et on s’embrasse. On me parle de famille, cela fait vingt ans que je suis au club, je sais ce que c’était le club famille. Si aujourd’hui vous me dites que le Montpellier Hérault c’est une famille, ce n’est pas vrai. En vingt ans, je sais ce que c’est l’entraide. Je sais ce que c’était d’aller boire un coup avec tous les éducateurs. Je sais ce que c’est que de rigoler, faire la différence entre le football, l’homme. Les amitiés, je sais ce que c’est. (…) Le Montpellier Hérault c’est de l’entraide, tout seul on n’y arrivera jamais. C’est le football. (…) On a perdu cette âme et c’est peut-être le danger. C’était notre force. Avant, on ne rentrait pas comme ça dans Montpellier. »







































