Calciomio
·6 juin 2026
« Gattuso lui-même avait récemment évoqué la disparition de cette culture comme l’un des maux du football italien »

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·6 juin 2026

Comme le raconte La Stampa, la Nazionale des vingt ans réunie par Silvio Baldini offre un paradoxe au football italien. Alors que la crise actuelle est souvent attribuée à la disparition du football de rue et des oratoires, les parcours des jeunes internationaux racontent une réalité bien différente. Sur les 19 nouveaux visages appelés en sélection, au moins onze ont commencé à jouer précisément dans ces terrains paroissiaux, sur les places de village ou dans les petits clubs de quartier qui sont régulièrement présentés comme appartenant au passé.
Depuis l’échec de la qualification au Mondial 2018, une forme de nostalgie s’est installée autour de l’idée d’un âge d’or où les futurs champions se formaient librement dans les rues et les oratoires. Gennaro Gattuso lui-même avait récemment évoqué la disparition de cette culture comme l’un des maux du football italien. Pourtant, les itinéraires de la nouvelle génération rappellent ceux de leurs glorieux prédécesseurs.
Niccolò Pisilli a débuté à l’oratoire Don Bosco de Cinecittà, à Rome, tout comme Francesco Totti avait commencé dans un environnement similaire. Matteo Dagasso a appris à maîtriser le ballon dans les rues avant d’être repéré par les structures professionnelles. Giacomo Faticanti, aujourd’hui à la Juventus Next Gen, a grandi sur les terrains de sa ville de Sora, dans la province de Frosinone.
Même constat pour plusieurs joueurs expatriés en Allemagne. Filippo Mané a fait ses premiers pas dans les structures paroissiales de Mesero, près de Milan. Luca Reggiani a grandi sur les terrains de Castelvetro, dans la région de Modène, suivant un parcours qui rappelle celui de Luca Toni quelques décennies plus tôt. À Gênes, l’oratoire Don Bosco de Sampierdarena a vu émerger Seydou Fini et Jeff Ekhator. Cher Ndour est passé par le San Giacomo de Brescia avant de rejoindre le PSG puis la Fiorentina. Francesco Camarda, enfin, a commencé dans une structure paroissiale du quartier d’Affori avant de devenir l’un des plus grands espoirs du Milan.
La passion du football naît donc toujours dans les mêmes endroits. Ce qui a changé, ce n’est pas la manière dont les enfants découvrent le jeu, mais la façon dont ils sont accompagnés ensuite. Les talents continuent d’émerger des villages, des quartiers et des terrains paroissiaux. Le véritable défi du football italien n’est plus de retrouver ses racines : elles sont toujours là. Il est désormais de construire un système capable de transformer durablement ce potentiel en réussite au plus haut niveau.







































