Peuple-Vert.fr
·30 juin 2026
Herbin, les montées... : un homme de l'ombre raconte 33 ans de vestiaire

In partnership with
Yahoo sportsPeuple-Vert.fr
·30 juin 2026

Pendant trente-trois ans, Gérard Forissier a accompagné les joueurs de l'ASSE dans l'ombre. Arrivé presque par hasard en 1973, l'ancien kinésithérapeute des Verts a connu dix-neuf entraîneurs, trois descentes, trois remontées et les plus grandes heures du club. Dans un entretien accordé au Progrès, il revient sur une carrière marquée par Robert Herbin, Glasgow et une certaine idée du football.
Peu de personnes peuvent raconter l'histoire récente de l'AS Saint-Étienne comme Gérard Forissier. De 1973 à 2006, le kinésithérapeute a traversé toutes les époques du club, des Verts de Robert Herbin aux remontées en Ligue 1 du début des années 2000. Une longévité exceptionnelle, née d'un simple remplacement estival qui s'est finalement transformé en trente-trois années de fidélité.
Au fil des décennies, Gérard Forissier a travaillé avec dix-neuf entraîneurs. Pourtant, un nom reste au-dessus des autres : Robert Herbin. L'ancien kiné évoque un entraîneur calme, exigeant et profondément attaché à ses principes. Avant chaque rencontre, les deux hommes partageaient même une partie de tennis. Sur le banc, Herbin refusait tout débordement émotionnel et répétait inlassablement une consigne : "Pas un mot à l'arbitre."
Forissier garde également un souvenir fort de la finale de la Coupe d'Europe de 1976. Dominique Rocheteau, blessé avant Glasgow, semblait condamné au forfait. C'est après un ultime test physique réalisé près de son domicile que le kiné convainc le staff de l'emmener en Écosse. L'histoire retiendra que "l'Ange Vert" disputera bien les dernières minutes de la finale.
Fait surprenant, lorsque Gérard Forissier évoque ses plus beaux souvenirs, il ne cite pas immédiatement l'épopée européenne. "Les meilleures années ? Celles des montées."
Il explique avoir davantage apprécié les aventures humaines vécues sous les ordres de Henryk Kasperczak, Frédéric Antonetti ou encore Robert Nouzaret. Trois saisons où Geoffroy-Guichard retrouvait son enthousiasme et où le club renouait avec l'élite.
Au-delà des résultats, Forissier insiste surtout sur l'évolution de son métier. Il raconte avoir très tôt observé les méthodes américaines, notamment chez les New York Jets et les Los Angeles Lakers de Magic Johnson, afin d'importer de nouvelles techniques de prévention et de rééducation dans le football français. Il défend également une vision très claire de la relation avec les joueurs. Pour lui, un membre du staff médical ne doit jamais devenir un supporter, ni trahir la confiance de son vestiaire.
"Si les joueurs partaient prendre un avion pour faire la fête à Londres, je n'allais pas le dire." Une philosophie qui lui aura permis de rester plus de trois décennies auprès des Verts et de devenir l'un des témoins privilégiés de l'histoire moderne de l'ASSE.







































